L'instant Manga #7 : One Punch Man

Publié le par Corbeau Moqueur

L'instant Manga #7 : One Punch Man

One Punch Man est initialement un webcomics écrit et dessiné par un certain ONE, qui est publié sur le site personnel de ce dernier depuis 2009. Sa popularité a grimpé en flèche rapidement avec plus de 20 000 visites par jour et une moyenne de 10 millions de vues depuis sa création. Un succès qui n'a pas laissé indifférent le mangaka Yusuke Murata, qui, après plusieurs échanges avec l'auteur, s'est associé à lui pour donner au manga (parce que s'en est un) des dessins digne de ce nom, ainsi qu'un véritable éditeur : Shueisha, qui conserve cependant le format de webcomics en le publiant dans son webmagazine Tonari no Young Jump. Un choix plutôt incongru, puisque One Punch Man est un shonen et que le webzine publie des seinen, mais on s'en fiche diront certains, l'essentiel étant qu'ONE s'est trouvé un éditeur, a un mangaka en esclavage et va pouvoir toucher du pognon.

Franchement qui n'a pas entendu parler de One Punch Man ? Son arrivée en France date de janvier 2016 et a été fracassante dans le monde du manga, de la culture Internet et plus généralement de la pop culture. Certains voient en One Punch Man le nouveau messie, le renouveau ultime du manga depuis Dragon Ball, du jamais vu... Mais on va se calmer tout de suite, le manga n'est pas révolutionnaire mais un véritbale OVNI du genre par bien des aspects, à commencer par celui qui transparaît le plus, son héros.

Dans One Punch Man, on suit la vie de merde de Saitama (le héros donc), un salarié japonais au bord de la dépression, excédé de la vie insipide qu'il mène, jusqu'au jour où (c'est à dire au bout de 3 cases) il rencontre un homme crabe qui veut tuer un gamin au menton atypique, parce qu'il lui a dessiné des tétons sur son torse caparaçonné. Sur un coup de bol (ou d'instinct), Saitama parvient à vaincre le crabe avec sa cravate et décide de devenir un vrai super-héros. Il suit donc un entraînement intense quotidien durant 3 ans, au terme duquel il se rend compte qu'il n'a plus un cheveu sur le caillou et qu'il est devenu excessivement fort. Une excessivité qu'il va payer par une vie chiante 2.0 en déglinguant chaque ennemi qu'il rencontre d'un coup de poing (One punch). Du coup, il cherche désespéremment un ennemi à sa mesure, tout en gravissant les échelons de la ligue des justicier héros, cet andouille ayant raté le test écrit d'admission.

One Punch Man en 3 images
One Punch Man en 3 images
One Punch Man en 3 images

One Punch Man en 3 images

OK, je sais déjà ce que vous allez dire si vous ne connaissiez pas le manga avant d'avoir lu mon résumé : Ouais, bé vas-y il est pareil que Superman le héros, chpfpft ch'ale copieureuh. Déjà "hein ?" Ensuite c'est vrai qu'il y a pas mal de similitude avec Superman : super force, cape au vent et sens de la justice. Mais les ressemblances s'arrêtent là, car One Punch Man est à DC Comics ce que Call of Duty est au point and click. 

One Punch Man est un manga atypique qui reprend ce qui fait le charme du nekketsu japonais et du comics de super-héros américain, tout en les parodiant à loisir. La tronche de Saitama aurait figuré en temps normal dans des arrières plans ou sur les PNJ sans personnalité de n'importe quel MMO : une tête de cul (sans la raie), une cape et... ben voilà, c'est tout. C'est d'ailleurs son nom de code parmi la ligue des super-héros : le chauve à la cape. Un mec sans charisme, qui n'attire guère la sympathie de son entourage (hormi celle de Genos et de Bang), sauf quand la baston arrive, où il se transforme en héros qui transpire la classe totale, mais comme il y a jamais personne pour le voir en action, il reste un parfait crétin aux yeux du public.

En plus de ça (et c'est là la mécanique, que dis-je, l'essence même du manga), le héros est totalement sur-cheaté de base, ce qui déjà nous épargne la traditionnelle montée en puissance du héros, ses histoires de coeur et de rivalité, pour se consacrer uniquement à son train-train quotidien. Saitama a obtenu une puissance surréaliste en seulement 3 ans à travers un entraînement d'une efficacité détonnante : 100 squat, 100 pompes, 100 abdos et 10 km de course chaque jour et c'est tout. Pas de vieux maître, ni de ceriser en fleur ou d'objet magique, à la place un disciple, Genos, qui lui a tout du héros classique : beau gosse, classe en toute circonstance, intelligent et en quête de puissance. En gros, One Punch Man a une manière moderne et originale d'aborder son propos.

L'instant Manga #7 : One Punch Man
L'instant Manga #7 : One Punch Man

Si on parlait du dessin maintenant, putain c'est beau. Yusuke Murata n'est pas n'importe qui à la base c'est certain, mais dans ce manga il a su exploiter les avantages du format webcomic, à savoir : pas de quota de pages prédéfinis à chaque chapitre, ni de mise en scène cloisonnée, ce qui fait que les déplacements de caméras de certaines scènes d'action le rapproche d'un animé (à l'instar du combat entre Genos et Saitama devenu rapidement célèbre, où un tir de laser prend un chapitre entier).

Dans les webcomics, il est important de prendre en compte le turbo media, c'est à dire la possibilité pour l'internaute ou le lecteur de contrôler la vitesse de lecture d'une bande-dessinée numérique (du streaming intéractif, donc le premier qui me sort que le streaming de livre ça n'existe pas, il prend ma main dans la gueule... à travers l'écran, parfaitement monsieur/madame). Dans la pratique ça ressemble souvent à une BD avec quelques frames d'animation. Pour l'info c'est le dessinateur français Balak, qui a inventé le concept (eh ouais). Bref, dans One Punch Man plusieurs séquences de combat tirent parti du turbo media et de ce fait disposent d'un découpage très serré (image par image, sur des doubles pages), rapprochant les-dites séquences d'une série animée. 

En plus de ça, la qualité du dessin de Murata atteint des sommets niveau beauté et coolitude. Le mangaka marie de manière orgasmico-violatoire le dessin burlesque et les séquences over-bad ass. Son coup de crayon tient presque du génie, le découpage est irréprochable et c'est super fluide. Bref, c'est une tuerie visuelle, qui a été cristallisée dans la série d'animation, créée en octobre 2015 au Japon. Un animé produit par le studio Madhouse qui a su retranscrire toute l'intensité du manga, son découpage parfait (à coup de 60 images par secondes qui déchire les mirettes), ses moments burlesques minimalistes, en gros c'est génial. Même si (et là je pinaille, parce qu'il le faut), comme ça va à 200 à l'heure pratiquement tout le temps, le dessin devient plus brouillon dans certains corps-à-corps, mais pas de quoi fouetter une truie. Pour l'animé j'ai vu les deux premiers épisodes et quelques bouts par ci, par là, il n'empêche que je tiens à souligner la qualité de sa bande-son et tout particulièrement son opening, qui a été repris à toute les sauces par moult personnes.

HEROOOO !

Que dire de plus, si ce n'est que si vous ne connaissez pas One Punch Man, déjà honte à vous, ensuite je vous invite vraiment à aller le lire, parce que même si c'est un effet de mode (comme Shingeki no Kyojin en son temps), le manga est génialissime et dresse une critique intelligente de la société japonaise dans son ensemble. Si j'ai bon souvenir, j'ai lu l'intégralité des scans en une journée, c'est dire à quel point ça vaut le coup d'oeil.

Pour clore un débat sans fin, il y a rien de mieux (pour info j'avais déjà glissé le lien dans le billet sur ERB)

Publié dans L'instant Manga

Commenter cet article

Vendunor 21/01/2017 11:43

Entièrement d'accord et je trouve effectivement la qualité de dessein incroyable pour un manga qui est très léger ( dans le bon sens du terme ). J'ai relu certain passage ou l'auteur mettait beaucoup de fois les même images ce qui me donnait souvent des impressions de longueurs. Mais cette fois je l'ai fait en cassant ma souris et effectivement cela rend mieux. Très bonne critique comme la plupart de celle que j'ai lu ici.

Thomas.M 06/10/2016 17:08

Super manga, j'ai pris beaucoup de plaisir à regarder la 1er saison, vivement la saison deux!