Compilation de l'année 2018

Publié le par Corbeau Moqueur

Compilation de l'année 2018

Comme tous les ans, on nous a bassiné sur les vertus supérieures de l'année en cours. Mouais, 2018 était d'une certaine manière assez cool, ou aussi triste que les autres années, selon l'endroit où on se situe sur le globe... Toujours utile que dans mon cas, j'ai vu passé un nombre incroyable de films plus ou moins bons. Films, séries et tout ce qui va avec, dont je n'ai fait aucun commentaire sur ce blog et l'heure est venue avant 2019 de faire une petite compil' de tout ce que j'ai "manqué".

Compilation de l'année 2018

Difficile d'ignorer ce film tant les B.A. pullulaient dès Janvier 2018, pour autant, qu'est ce qu'il était bien ce film... Franchement, je connaissais pas beaucoup Queen et encore moins Freddy Mercury et j'était aller surtout voir ce film surtout pour combler ce vide culturel. Mon avis en un mot : excellent. 

Beaucoup ont râlé quand au faciès de l'acteur principal (Rami Malek), chose complètement insensée face à la présence et au talent de celui-ci. Certes l'acteur, à tendance à éclipser ses compatriotes (mais pas autant qu'on pourrait le penser) à l'image finalement de son personnage et offre une vision que je devine assez romancé en comparaison de le vie tumultueuse que le personnage a véritablement vécue. Cela dit, à la différence de Philippe Manoeuvre, Freddy Mercury peut prétendre sans pression au slogan Ma vie est un roman.

Bande son, super clean (le live de fin donne envie de pousser les chœurs), réalisation au top et dialogues globalement bien sentis. Honnêtement un très bon film du dernier trimestre de l'année.

Compilation de l'année 2018

Dans le genre "ça fait un bail", Next Gen est dans le haut du panier question retard, pour autant je tenais à l'inclure dans le-dit panier. Production Américano-canado-chinoise, sortie en Séptembre 2018 et distribué par Netflix, ce film propulse la plateforme SVOD sur le marché des films d'animation 3D. Et pari réussi ? Franchement ouais.

Next Gen louche évidemment pas mal du côté de Big Hero 6 (ou Les nouveaux héros en céfran), mais possède sa propre identité visuelle... et scénaristique (quoiqu'on y retrouve aussi pas mal de I Robots). De très bonnes voix en V.O. (pas vu en VF), un humour globalement réussi mais un peu trop bon enfant, par opposition aux bastons, assez nombreuses, et plutôt vénères pour un film de ce genre (ce qui ne m'a pas déplu perso). 

D'aucuns ont dit que ça ne pouvait prétendre à se hisser au niveau d'un Pixar (c'est vrai, la double lecture est assez mince) ou d'un Disney (c'est faux) parce que c'est trop creux ou superficiel (c'est vrai que quand on voit La Reine des Neigesla première chose qui saute aux yeux c'est la profondeur de l'histoire), mais le vrai argument étant surtout que c'est proposé sur une plateforme SVOD et non au cinéma (et comme d'habitue ça en agace plus d'un). Pour un budget de 30 millions de dollars, le résultat est agréable à l'oeil et donne envie d'en voir plus. L'avenir nous dira ce qu'il en est, mais avec Black Mirror Bandersnatch, la relève est quasiment assurée.

Sur cette affiche, les personnages n'attendent qu'une chose : que quelqu'un leur explique le scénario !

Sur cette affiche, les personnages n'attendent qu'une chose : que quelqu'un leur explique le scénario !

Quand je suis sorti de la séance, j'ai pensé "Ouais c'était cool un peu confus, mais le virage vers le Dark est plutôt réussi". Comme c'est J.K. Rowling, les critiques allaient dans ce sens (3/5 étoiles sur Allociné) et les potterheads étaient aux anges devant tant de fan-service. Or, c'est là tout le problème du film : le fan service. On pourrait le comparer à Star Wars 7, mais le point de comparaison le plus exact serait Solo (ouais à ce point là), tant on veut trop nous montrer et tout justifier en beaucoup trop, en peu de temps (bien que le film dure 2h15 !).

Et vas-y que je te mets du Nagini, du Lestrange, du Nicolas Flamel, du Kowalski, du frère de Newt, de la baguette Sureau (qu'on admire sous tous les plans, dans la lignée du flingue de Han Solo), de la mystique lignée des Dumbledore... Du coup, c'est lourd, très peu utile car toutes les bonnes idées (le Freak Show, le ministère de la magie français, le passé des personnages) se retrouvent écraser par la masse d'info qu'on se prend à chaque minute. C'est confus, mais à un point ! Même moi et j'ai pourtant l'habitude des films qui multiplient les intrigues et/ou construits pour faire "auteur", mais là ! Là, on est à un tout autre niveau, car le problème n'est pas tant qu'il y est cinq ou six intrigues qui se superposent, le problème est que les 3/4 ne servent à rien

Tout le passage qui se déroule au cimetière du Père Lachaise est assez exceptionnel, puisque conscient du pandemonium scénaristique résultant, J.K. Rowling a choisi la concision : RDV à tous les personnages au cimetière. On va tous s'expliquer par ordre d'arrivée. Et toute la séquence qui en résulte c'est ça : 
- Attendez, laissez-moi vous expliquer le scénario...
[10 min plus tard] 
- Non, tu as tort, car voici ce qui s'est réellement passé...
10 minutes plus tard]
- Donc, si j'ai bien compris, toutes ces intrigues n'avaient rien à voir avec moi ? 
- Hum, oui.
- Mais... pourquoi les
- Ecoute, mec, les fans voulaient se masturber l'imagination donc on a pioché sur différents fils twitter et nous y voilà ! Alors maintenant, file par cette porte dérobée, Grindelwald t'attends.

Grindelwald brille par sa remarquable absence, pour un film appelé Les Crimes de Grindelwald, ses crimes sont miraculeusement passés sous silence, tandis qu'à part quelques apparitions et un discours façon Le Dictateur, le personnage est tellement sous-exploité que ça en devient presque de la publicité mensongère. Pire les bonnes idées qui l'entourent, comme la crainte d'une Seconde Guerre Mondiale pour amadouer ses ouailles est ultra-mal exploité, si bien que sa fuite (non sensique, vu l'écrasante puissance du personnage) de Paris et sa tentative de destruction de celle-ci (Finalement je n'aime pas Paris, adieu) achèvent le tableau.

Voilà à peu près ce que je tente de dire.

Autre défaut et non des moindres : les personnages. Les anciens sont totalement éclipsés par le rythme épileptique de la narration et semblent courir après l'intrigue durant près de 2h. D'ailleurs, leur développement souffre de gros problème : Newt Scavander devient littéralement autiste (il n'y a pas d'autre mot, il y a des passages très gênants tant pour les acteurs que les spectateurs où le personnage résume tout par ces animaux et tente de draguer avec des métaphores douteuses), Kowalski ayant étonnamment plu au public (en grande partie grâce au talent de son acteur) fait son retour dans la magie avec un simple Oui, mais le sort n'a pas marché car je n'ai aucun mauvais souvenir (RIP la fin du premier et la cohérence de l'univers) et Lestrange étant le nom qui fait chavirer l'âme et les coeurs de tous les fans, on a droit à un pan entier du film sur l'un d'entre eux (spoiler : ça sert à rien). Et c'est ça tout le temps... avec en plus un gros Ta Gueule c'est magique, qu'on pouvait pardonner jusqu'à présent, mais vu la teneur de certains raccourcis scénaristiques dans ce film, ce n'est carrément plus possible.

Au demeurant, cela n'en fait pas un mauvais film en soi, puisque la réalisation est toujours bien fichu, la bande-son sans être transcendantes par ces nouveaux thèmes, est agréable et les acteurs font leur taf (leurs personnages, c'est une autre histoire). Au demeurant, J.K. Rowling a tout intérêt à écrire des livres si elle tient tant que ça à étendre son univers, parce qu'elle est vraiment en train de se rendre compte que si scénariste et auteur manient tous deux la plume, leur métier respectif n'en est que plus différent. Je passerai outre les incohérences de l'univers, type McGonagall "jeune" présente quelques années avant sa "naissance" (jamais mentionnée dans les livres, mais sur le site Pottermore ; les fans devraient tempérer leurs ardeurs et savoir que la plupart des spectateurs de la nouvelle saga se sont limités aux livres ou aux films), pour simplement dire que cette tétralogie a tout intérêt à tempérer ses ardeurs si elle veut vraiment continuer de séduire son public.

Les beaux gosses

Les beaux gosses

On passe un peu du côté du cinéma français, mais tant qu'à faire ça autant prendre de la qualité avec les Expendables de la comédie francophone. Le Grand Bain est indubitablement un très bon film. En plus d'être très bien dosé, rarement voire jamais caricatural, le dernier  métrage de Gilles Lelouche frappe juste dans son message sans basculer dans toutes les horreurs qui fleurissent dans les productions "comiques" françaises (Alad'2, Taxi 5, les trucs du genre où les remarques types ça va je suis pas une pédale sont jugés normales) et réunit un sacré casting : Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Jean-Hugues Anglade, Virginie Efira... 

La réalisation sait prendre son temps, les personnages en sont d'ailleurs les premiers avantagés (seul deux acteurs se retrouvent un peu délaissé) et malgré sa durée assez conséquente (2h) pour un film de ce genre, l'ennui ne pointe jamais son e. Le show final n'en est que meilleur et la conclusion, pleine d'espoir et de bonnes intentions, plus réussie. L'humour ne tâche jamais et repose tant sur l'écriture incisive des scénaristes et de son réalisateur que dans la présence des acteurs.

Si davantage de comédie (certes dramatique, mais comédie quand même) était ainsi, le cinéma français se porterait bien mieux. Le Grand Bain est d'ailleurs resté longtemps à l'affiche (10 semaines, je crois), ce n'est pas pour rien et c'est à prendre en compte dans notre paysage cinématographique. Je serai tenté de dire film français de l'année pour sa sincérité, sa justesse et son équilibre entre sérieux et humour ; cela dit, il y a un autre concurrent pour ce titre et c'est...

Là encore, un beau casting

Là encore, un beau casting

... Le Jeu. En apparence, il s'agit d'un simple huis clos essayant de surfer sur des problèmes de société actuel, mais sa réalisation et son efficacité, le hisse dans le haut de cette catégorie (c'est à dire à l'opposé de Baby Phone et aux côté du Prénom et de Carnage, films et pièces de théâtre que si vous n'avez pas vu, je vous incite vivement à visionner). Là encore un bon gros casting, bien qu'avec des personnages plus m'as-tu-vu, mais des performances plus qu'honorables. Avec ce genre de scénario (une bande de potes, plein de petits secrets, se réunissant le temps d'une soirée où tout va péter), on peut soit avoir un très bon film, soit un gros bide. Dans le cas présent, on a la première option.

Avec une réalisation efficace, une bande-son bien ancrée et des personnages plutôt bien écrits, Le Jeu contient son lot de révélations comiques, touchantes (l'ado face à sa première fois) et/ou caustiques, mais traitées avec justesse (l'un de nos amis est un raciste homophobe en fait). En plus de rarement voire jamais basculer dans la caricature, le réalisateur (Fred Cavayé) s'est offert des moments plus contemplatifs, incorporant une légère atmosphère onirique  grâce à sa bande-son bien fichue (l'éclipse).

On est bien loin d'un Baby Phone tant le rythme est maintenu, l'atmosphère tendue et le choix de fin excellent pour cette comédie dramatique plus amère que douce. A l'instar du Grand Bain, le film est resté assez longtemps à l'affiche (à peu près la même durée), signe que les gens ou les pigeons que nous sommes en ont sans doute marre des comédies lourdingues, un peu raciste et souvent déplacé qu'on nous sert bien trop hein ? Hein ? HEIIIIIN ?!
Film français  de l'année ? A choisir, je préfère Le Grand Bain, plus plaisant à regarder.

Compilation de l'année 2018

On termine en beauté l'année avec une très jolie surprise réservée par Netflix à travers un épisode spécial de Black Mirror sorti le 28 décembre. Beaucoup connaissent la série Black Mirror, racheté par Netflix à partir de la 3ème saison, techniquement parfaite et nous interrogeant nous sur les décadences technologiques de nos sociétés (Les premiers épisodes des saisons 1 et 3 sont d'ailleurs les meilleurs exemples). La particularité de l'épisode actuel, qui s'apparente plus à un film d'ailleurs (totalisant 5h12 de bobines et équivalent à 4 épisodes Black Mirror en terme de tournage) est qu'il est intéractif. Le procédé qu'on trouvait jusqu'alors dans les livres Choose your own adventure, les jeux-vidéos (Until Dawn, Heavy Rain, Life is Strange, Super Seducer... et autres FMV) est pour la première fois lancé sur un  véritable film et sur une plateforme SVOD.

L'avenir commence maintenant dira-t-on, d'autant que le procédé est techniquement irréprochable : aucun temps de chargement, les choix sont bien espacés et s'accélèrent au fil du métrage, au point que le spectateur devient un véritable acteur et l'histoire est très bonne. Car oui, en plus de la prouesse technique, le scénario est excellent. Beaucoup de fins sont disponibles et la cohérence des choix réservent bien des surprises aussi je vais éviter tout spoiler pour résumer avec de gros raccourcis le pitch : un ado (Fionn Whitehead) élabore un jeu-vidéo Choose your own adventure à partir d'un livre suivant le même procédé : Bandersnatch. Au fil du film et de nos choix, le personnage sombre peu à peu dans la folie, à l'image de son modèle avant lui.

Cela pourrait être très intéressant et même assez fascinant, si l'on n'avait pas très tôt envie d'arrêter de "jouer" et si Bandersnatch avait autre chose à raconter que sa propre histoire et son éternelle mise en abyme.

Allociné (qui a choisi son camp)

Tant d'hypocrisie de la part d'Allociné... on en pleurerait presque puisque si la "mise en abyme" (avec une belle faute s'il vous plaît) n'avait pas été aussi poussée, cela aurait décrié. Non, l'envie d'arrêter de "jouer" ne pointe pas son nez si l'on est dans le récit et le film ne se limite pas qu'à une simple mise en abîme. Les twists sont nombreux au même titre que les thématiques abordées. Les plus bas de plafond se seront empressés de se jeter sur Grah, les jeux-vidéos rendent tarés ! Mais si l'on creuse un peu plus, Bandersnatch va beaucoup plus loin, si loin qu'il en devient méta, notamment avec l'irruption de Netflix dans un arc narratif. Toutefois on aurait tort de réduire cela au simple fan service ou à une ludification abusive, puisque comme tous les épisodes de Black Mirror, c'est de nous dont il est question.

Par l'envie d'en voir toujours plus, plus loin et plus morbide, l'on point ici du doigt Netflix, de même que l'on aborde les rumeurs, notre position en tant que spectateur (sans cesse mise à mal par les nombreuses ruptures du quatrième mur portées par Will Poulter, qui excellent dans son rôle), le voyeurisme, les théories du complot... Beaucoup de thématiques, au service d'une réalisation quasi-parfaite oscillant entre le David Lynch et le John Carpenter, le tout baignant dans une atmosphère sonore jouant la carte années 80.

Dire que la plateforme souhaite plus de contenus intéractifs... S'ils sont tous de ce niveau (ce qui va être dur), le cinéma a vraiment du soucis à se faire. Un conseil si vous avez Netflix et que vous n'avez pas encore vu ce film, foncez, en plus ça peut être très sympa à plusieurs un soir de Réveillon. 

Publié dans Films, le coffre à bobines

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