Mission Impossible : Fallout (L'homme à la moustache)

Publié le par Corbeau Moqueur

Mission Impossible : Fallout (L'homme à la moustache)

Un espion revanchard et un groupuscule terroriste veut remodeler le monde en le détruisant à coups de bombe atomique. Seule Mission Impossible peut les contrecarrer.

Les mêmes et on recommence. Plus c’est gros, plus c’est impressionnant et plus ça plaît, c’est pour ça sans doute que Mission Impossible 6 m’a quelque peu laissé de marbre. Certes, la réalisation est top (tantôt brut, tantôt onirique et avec une bobine plus froide et granuleuse que dans les précédents opus), certes les acteurs sont (très) bons et certes la narration possède un excellent rythme ; mais honnêtement, on a déjà vu tout ça mille fois maintenant. Mission Impossible c’était très bien à la fin des années 90 (et éventuellement dans les années 2000), mais maintenant ça devient dépassé (il y a même toujours un personnage pour nous (re-re-)sortir que l'IMF ne sert à rien, même après avoir sauver le monde 5 fois). En plus de ça, beaucoup de monde semble le reconnaître, c’est maîtrisé ok, mais intellectuellement ça vole (toujours) pas haut (mais il y a Paris et Mission Impossible oblige, 4 étoiles quand même, contre les 1 ou 2 habituelles).

Tant de drama...

Si le film est un succès, c’est en grande partie grâce au battage médiatique qui l’entoure (MISSION IMPOSSIBLE 6 ! WHOAAAAA ! CE SERA GÉNIAL !! LA CONCLUSION, GNYAAAH !!), notamment quant aux lieux de tournage (Paris et Londres en tête, enfin surtout Paris pour la France) et les cascades de Tom Cruise. Acteur qui bénéficie d’un personnage plus approfondie qu’à l’accoutumé (un peu comme James Bond dans Skyfall), mais qui renoue en partie avec les travers de Mission Impossible 2 (littéralement à la gloire de Tom Cruise) en écrasant souvent les autres acteurs par ses olympiades de quinquagénaire. Plusieurs scènes en deviennent un peu gênantes, notamment une course-poursuite dans Londres beaucoup trop étirée, où l’acteur pique des sprints en temps réel pour montrer à quel point il galope encore très vite et pète la forme pour Top Gun 2.

Comment je suis trop classe !

Comment je suis trop classe !

Qu'est ce que je suis fort !
Qu'est ce que je suis fort !

Qu'est ce que je suis fort !

Vas-y Christou, filme plus près pour qu'on voit bien comment j'suis beau !

Vas-y Christou, filme plus près pour qu'on voit bien comment j'suis beau !

Pour le reste, bah c’est du Mission Impossible avec un scénario qui se prend beaucoup trop la tête pour ce qu’il est, une B.O. qui colle à l’ambiance mais pas dans les oreilles, des personnages oscillant entre le freudien et la facilité, ainsi que de grosses scènes d’action (fort bien mises en scène) à la xXx qui nous secoue dans tous les sens en 4DX (l’hélico étant le point culminant du n’importe quoi). A côté de tout ça, on a quand même des plans très travaillées, des passages mettant adroitement en avant les sentiments contradictoires de chaque personnage et une belle esthétique. Cependant, ce n’est pas foncièrement que ce qui ressort le plus à l’écran, mais plutôt : Tom Cruise qui fait de la moto, des explosions, des cascades, la moustache de Superman, de l’humour Marvel, plus de gunfight, de la riflette dans les toilettes, encore des explosions, des méchants très méchants et Tom Cruise qui fait de l’escalade.

A bien y regarder, si on remplaçait l’acteur principal par Dwayne Johnson, ce serait juste un blockbuster comme un autre… Dans un sens c’est sans doute le blockbuster de l’été (mais quid d’Ant Man 2 ?), mais pas celui de l’année. Évidemment c’est sensé être le dernier, et bien entendu ça ne le sera pas, mais comme tout ces gros blockbuster testostéroné la question est : Jusqu’où sont-ils prêts à aller pour perpétuer la franchise ? Réponse : sans doute sur la Lune, la production pourra alors tenter de nous faire un Moonraker premier degré, si ça passe ce sera du grand art… mais dans le mauvais sens du terme…

Publié dans le coffre à bobines, Films

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