Spider-Man Homecoming (Norman VS Birdman)

Publié le par Corbeau Moqueur

Spider-Man Homecoming (Norman VS Birdman)

Salut, moi c'est Spider-Man, je fight le crime,je sauve le monde aux côtés des Avengers et je mène la vie parfaite sans mon oncle Ben. FAUX.
Je sais pas si vous avez remarqué mais les Avengers manquent cruellement d'humour que les jeunes peuvent comprendre, alors pour mon film j'ai décidé de transformer le Marvel Universe en teenage movie géant, comme ça ils vont pouvoir s'identifier à ma personnalité ; d'ailleurs ça s'appelle 
Homecoming à cause du bal du lycée, c'est cool non ? Sinon à part ça, après la guerre civile la plus courte de la planète, m'sieur Stark m'a prêté un costume de guedin avec plein de gadget de ouf dessus, ce qui me permet de mettre la misère à une bande de traficants d'armes dirigée par Julien Lepers. Mais on s'en fiche de l'action, c'est mon film et je fais ce que je veux d'abord, le plus important là c'est 1) de tringler la pitoune la plus canon du lycée et 2) intégrer les avengers. Beaucoup d'humour et de gags en perspectives en somme.

Nouveau reboot tant attendu pour l'homme araignée. Cette fois Marvel part du principe que tout le monde connait l'origin story du personnage et ne se prend donc pas le choux à faire un petit tour d'horizon familiale (l'oncle Ben n'est pas une seule fois mentionné) et reprend directement là où Civil War nous a laissé. Et je vais pas dire que ce film est mauvais, mais on peut dire que ce soit bon, d'autant que si quelqu'un me dit super-héros, moi c'est à l'homme araignée que je pense en premier. Spider-Man Homecoming ça commence d'entrée par une réplique (premier échange = une blague) et ça ne s'arrête pratiquement jamais. C'est un reproche que je fais à Marvel bien souvent : trop d'humour tue l'humour, parce que c'est quelque peu crispant à la longue de voir des personnages échanger des blagues et des private joke quand la situation est dramatique. Marvel ne semble pas l'avoir compris, puisque dans cet opus les blagues et les clichés sont tellement omniprésents que le film ne s'ancre même plus dans le monde réel.

Que ce soit dans les personnages ou le déroulement de l'intrigue (avec des rebondissements piffés à tour de bras), on n'est pas plus sur Terre en 2017 que dans un comics américain de super-héros. Là c'est plutôt un mix foireux de Scott Pilgrim et Deadpool, avec le panache du premier et l'humour du second en moins. Entre les infos secrètes chuchotées en pleine classe, le gros geek caricatural (qui construit une étoile noire en lego), le riche cliché, le lycée aussi absurde que ridicule et le méchant de pacotille, à quel moment on est censé montrer un quelconque signe d'intérêt pour une ânerie pareil. Alors oui, j'apprécie les trucs déjantés de ce genre en temps normal, sauf que ce film prend place dans un univers qui essaie un temps soit peu de s'ancrer dans la réalité et a quand même pas mal de thématiques sérieuses. Ici nada et le pire dans tout ça, c'est que quand ça devient un tant soit peu critique, j'en avais juste rien à foutre.

Déjà parce qu'il a fallu attendre près de 2h, ensuite parce que comme le dit si bien Peter, le méchant est l'équivalent d'un simple moustique pour les Avengers (n'importe lequel, c'est dire). Donc à partir du moment où l'antagoniste principal n'est que de la vermine dans le Marvel U et que le héros est tout simplement insupportable, on a quoi ? Une B.O. pompeuse comme d'hab, un caméo de Stan Lee, deux scènes post-génériques (dont une dans la même veine que le reste du film) et surtout beaucoup de sketchs débiles sur l'adolescence en territoire américain.

Ce personnage étonnement omniprésent symbolise à lui seul l'absurdité du film
Ce personnage étonnement omniprésent symbolise à lui seul l'absurdité du film

Ce personnage étonnement omniprésent symbolise à lui seul l'absurdité du film

Finalement heureusement que Michael Keaton est là pour apporter un peu de teneur au métrage. Son personnage (Adrian Toomes et par extension le Vautour) a un développement intéressant, ses idéaux sont plutôt intéressants et le twist tourne principalement autour de lui (je ne sais pas si peut le voir venir, peut-être... mais le film m'avait tellement emmerdé que je ne l'ai pas vu venir). Pour le reste, je n'ai rien contre les acteurs qui sont plutôt investis dans leurs rôles respectifs, c'est plutôt les personnages qui m'agaçent en fait. C'est bien beau de rajeunir Spider-Man dans chaque film, mais si c'est pour simplement transformer ça en film pour ado c'est raté. Ou visiblement c'est réussi si j'en crois les critiques, du coup ben c'est un blockbuster pour ados, avec une intrigue pour ados et une vision de l'adolescence complètement clichée.

Bon on arrête les frais, j'ai pas aimé (les raisons du succès me passe au-dessus de la tête) et ça me désole dans la mesure où Spider-Man est un de mes super-héros préférés. Reste plus qu'à espérer que le personnage va bénéficier d'un meilleur traitement par la suite, parce que là c'est légèrement un carnage. En fait a aurait dû s'appeler Spider-Man fait des vidéos, ç'aurait été plus éloquent pour tout le monde.

Publié dans Films, le coffre à bobines

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