Wonder Woman (les dieux sont parmi nous)

Publié le par Corbeau Moqueur

Wonder Woman (les dieux sont parmi nous)

Alors que Diana Prince (alias Wonder Woman) fait son boulot d'antiquaire à Paris, elle reçoit une photographie d'archive de la Première Guerre Mondiale, par le biais d'un transporteur privé (Bruce Wayne Corp.). L'occasion pour elle de se remémorer son premier amour, son premier ennemi, la Der des Ders et son enfance pourrie gâtée sur l'île Aphrodisiaque des Amazones créée par Zeus. Le moins qu'on puisse c'est que tout allait bien pour elle(s), jusqu'à ce qu'un pilote anglais, poursuivi par des allemands, s'écrase dans leur lagoon en 1918. L'occasion de montrer en un seul affrontement que ces soit-disant gardiennes de la paix n'en ont pas foutu une rame depuis l'antiquité mais parviennent quand même à repousser un envahisseur sur-armé à coup de flèches dans le cul. Toutefois si la guerre est de retour (il serait temps de le remarquer), cela signifie aussi que leur ennemi de toujours, Arès, l'est aussi. C'est donc sur cette conjucture explosive que la future Wonder Woman encore pucelle et vierge de tout pêché va rosser le monde civilisé.

Après l'horrible Supergirl de 1984 et l'innomable Catwoman de 2003, il était tant que les super-héroïnes puissent avoir l'adaptation qu'elles méritent. Les B.A. ne mentaient pas, Wonder Woman est un bon film, voire un très bon. En partie grâce à une direction artistique léchée, en partie aussi parce que c'est une réalisatrice et non un réalisateur (d'autant qu'elle n'est connue que pour un seul long-métrage, Monster), ce qui facilite l'empathie pour le personnage principal et en partie aussi pour la mise en scène et le jeu des acteurs. Tous ces éléments font que ce dernier opus de la collaboration DC / Warner ne se fait - pour une fois - pas trop limogé par les critiques (sauf ceux qui ont pris le pli dès Man of Steel), surtout qu'elles sont un peu au pied du mur avec celui-ci, dans la mesure où le ton est plus léger que ces prédécesseurs, comme demandé à corps et à cri par à peu près tout le monde (et maintenant certains s'en plaignent...).

Après comme c'est une héroïne, il va de soi que les féministes se sont déjà emparé(e)s de la bobines (notamment celle-ci, qui semble découvrir les affres d'Hollywood et nous fait une fixette de trois paragraphes sur les talons des personnages) et que les polémiques autour du sexisme et du machisme pleuvent comme de la grêle, mais honnêtement on s'en fiche. Dans la mesure déjà où les anachronismes constituent le ressort comique du film et que l'inévitable sexisme et féminisme font partie tant du personnage (son auteur ne s'en cachait pas), du contexte historique du plot, que de la facette comique (sauf qu'on en rit et non, on rit avec le sexisme, on est pas dans le cinéma français ici).

Le DC verse fait fi des homicides et laisse tranquillement leurs super-héros buter froidement des grappes de figurants.

Bref, le film pour sa part est vraiment bon, mais quoiqu'en disent les geeks, les fans, les groupies ou les admirateurs, il n'est absolument pas parfait. Déjà parce qu'il y a un inévitable rapprochement avec un certain Capitaine Américain (bien que situé chronologiquement 25 ans plus tard) et que le film fait un bon quart d'heure de trop. Et si l'héroïne bariolée propose quelques séquences de bravoure (très usitées dans les B.A.) et n'hésite pas à charger les boches bouclier en avant avec plus de classe que Stevie, le film est un peu avare en action. Ce qui est bien dommage d'autant qu'elles sont foutrement bien réalisées, rythmées et catchies... sauf quand Diana saute, où là ça pique un peu beaucoup les yeux. Pas de souci du côté de la B.O. non plus, si ce n'est que Rupert Gregson-Williams (frère de Harry Gregson Williams) ne savait visiblement que faire du thème hérité (génialissime) d'Hans Zimmer, d'où le mélange un peu bancal entre le pompeux et l'épique

Vite fonçons vers la gloire !
Vite fonçons vers la gloire !
Vite fonçons vers la gloire !

Vite fonçons vers la gloire !

C'est surtout au niveau du scénario que ça rame ; pourtant la trame est tout sauf complexe (si je tue le boss final, la guerre va cesser et tout le monde va s'embrasser), mais le film se perd dans des accalmies niaiseuses en Belgique, n'est pas exempt de maladresses en voulant donner du relief au script. En prime, on a encore une fois toujours trop de drama et ce, malgré une utilisation plutôt judicieuse de la carte humoristique. Mais après deux bonnes heures jubilatoires, on a droit à... un climax raté (hé, mais fruit des mauvaises critiques sur les précédents DC), ou allez, décevant (pour changer), la faute à un (vrai) méchant (c'est pas du spoil, pour peu qu'on est de la jugeote on s'en doute) au charisme en total décalage avec le personnage, un combat trop haché (mais encore une fois bien réalisée) et un dénouement très mignon (mais qui je trouve reste fidèle au personnage du film et deuxio fallait pas vous plaindre de trouver l'univers de DC trop dark auparavant).

Et histoire de conclure en... beauté, le film se termine par une Wonder Woman pratiquement figée au-dessus de la Seine (les sauts sont vraiment moches), avec ce qui s'apparente à un vieux zoom absolument dégueulasse sur l'image (que n'aurait pas renié l'Homme Puma) ; sans aucune scène post-générique (évidemment), parce que oui, DC n'est pas Marvel et refuse décidément de s'abaisser à cette pratique devenue générique, quitte à décevoir la salle entière lors de l'avant-première.

L'infiltration pour les nuls : venir incognito dans une robe bleue électrique à un bal kaki

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La plupart disaient déjà avant même la sortie du film que Gal Gadot sauvait la production quoiqu'il adviendrait. Je ne rejoins absolument pas ce point de vue, si ce n'est pour dire que l'actrice a pleinement investi son personnage (même si le peu qu'elle avait montré dans BvS était déjà honorable) et irradie effectivement sur tout l'écran. Mais Wonder Woman toute seule ce serait juste un bonus du tapis rouge de Cannes, donc la jouvencelle est accompagnée d'un casting pas dégueu avec entre autre Chris Pine, Robin Wright, Danny Huston, Elena Anaya, David Thewlis, Ewen Bremmer (et son accent intemporel) et Saïd Thaghmaoui. Y a du monde c'est un fait et c'est magnifié en VO grâce au mélange linguistique, où la langue belge française n'est pas en reste (Ah mais queski cé paaawssé ?).

Au cas où ça ne serait pas évident : c'est le méchant

Au cas où ça ne serait pas évident : c'est le méchant

Bref, Wonder Woman au cinéma c'est une réussite et ça augure un bon avenir pour le personnage et les héroïnes (quelque soit la licence) au cinéma. Reste plus qu'à espérer que Justice League suive la même direction (si possible en l'améliorant) et nous fasse pas une redite de Suicide Squad. Vu le tournage apocalyptique (un membre du casting qui se barre, Zach Snyder endeuillé et Joss Whedon qui prend le relai [traduction : il occupe le dernier quart de la réalisation]) et la tronche de la dernière B.A. le virage rock'n'roll est total et la légèreté tant demandé est bien présente, reste à espérer que ce soit véritablement assumé...

J'ai l'impression qu'il manque quelqu'un... quoique.

Publié dans Films, le coffre à bobines

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