Pirates des Caraïbes 5 (Le bout de l'horizon)

Publié le par Corbeau Moqueur

ça vous la coupe hein ?

ça vous la coupe hein ?

Le mirifique, l'incroyable, l'immortel mais le non moins pochtron de Jack Sparrow, emblème de la saga Pirates des Caraïbes est de retour, dans ce qu'on [je] espère être son ultime épisode. Alors du coup, on a un braquage repompé sur Rapide et Furieux 5 (mais avec des pirates et des chevaux), de l'humour, Barbossa, de l'humour, le rejeton du nouveau Davy Jones (qui à défaut de faire du zèle, se tripote la nouille), encore de l'humour, Jack Sparrow et sa fine équipe, toujours de l'humour, une putative (?), ô éternel humour et un trident. Ah et puis il y a aussi un méchant, Salazar, pas charismatique pour deux sous et cauchemar de tous les pirates (oui, non c'est plus Davy Jones) heureusement mort, mais scénaristiquement revenu dans le monde des vivants (quand je disais que Davy Jones ne faisait pas de zèle...). Et tout ce petit monde essaie de s'emparer du trident de Poséidon pour de nouveau gouverner les Caraïbes ou libérer Will Turner (Davy Jones 2.0), selon.

Comme j'ai coutume de le dire de temps en temps, parfois il faut savoir s'arrêter pendant qu'il est encore temps et pour la franchise Pirates des Caraïbes, c'est la dernière chance avec cet opus. C'est pas mauvais (quoi qu'en dise les critiques... toutes les critiques), mais ça va trop loin. Trop loin dans le sens où l'ensemble pousse le concept de piraterie hollywoodienne blagueuse et fantastique est un peu bousculé dans ses retranchements. En conséquence, le scénario est troué d'incohérences (mention spéciale pour la scène post-générique qui vient appuyer de sa grosse pince visqueuse la cerise sur le gâteau, précédemment placée sur le glaçage de gros fan service), l'humour frise l'absurde (il manque plus que la mention Monty Python production) et on a des révélations très mal amenées (Ah Carina, ma fille !!), quand ce ne sont pas des scènes entières qui en bonus se paient le luxe d'être inutiles (le mariage).

Après je ne vais certainement pas faire mon faux-cul parce que j'ai quand même bien pris mon pied durant le film. Je ne me suis pas emmerdé (ce qui aurait été difficile en soit, vu la générosité du film en absurdité) et en fait ce cinquième opus m'a rappelé ce qu'était Pirates des Caraïbes avant le quatre et combien c'était bien avant le trois. J'ai en tout cas remarqué une constante : les gens qui ont aimé le trois, n'ont pas aimé le quatre, mais ont beaucoup apprécié le cinq et inversement ceux qui ont aimé le quatre, n'ont pas aimé le trois et n'ont pas plus d'affinité pour le cinq.

Certains diront que je suis un centriste puisque j'ai détesté le trois (à part pour l'OST), j'ai aimé le quatre (eh oui, personne n'est parfait)... et du coup j'ai aimé celui-là. Il est vrai que les thèmes de l'OST du trois ayant refait leur apparition y sont aussi pour quelque chose (pour info, c'est George Zanelli qui a composé la bande-son, mais c'est pas son premier coup d'essai dans l'univers de la piraterie des caraïbes, puisqu'il a aussi composé le thème bien connu, ainsi que quelques bouts de l'OST du premier film avec Hans Zimmer et Klaus Badelt).

LE thème, dans sa meilleure version

Au demeurant, malgré tout le plaisir et les frémissements que peuvent produire ce cinquième opus, c'est quand même le grand bazar, puisque ça donne surtout l'impression que les scénaristes, le réalisateur et la production ont pris à peu près tous les éléments de la franchise pour les mélanger ensemble et nous faire goûter la mixture obtenue. C'est ce qui fait d'ailleurs qu'au niveau du scénario ça vaut pas tripette et ripaille et qu'en plus une bonne partie des personnages devient inutile. Orlando Bloom et Keira Knightley cachetonnent comme des cochons, Kevin McNally fait de la figuration... littéralement et Geoffrey Rush se retrouve avec une fille (Kaya Scoldelario) mais on s'en cogne d'une force.

Et puis il y a l'humour. Effet Marvel ou je sais pas quoi, il semble que ce soit devenu une constante maintenant de nous coller des traits d'humour partout, tout le temps dans les films d'action. Même en pleine baston, les mecs trouvent le moyen de s'envoyer des vannes, de se faire des blagounettes ou des cascades foireuses venus titiller notre larynx. Alors oui, je sais Pirates des Caraïbes a toujours était comme ça, mais là... il y a peut être exagération. Même si certaines séquences sont excellentes (la guillotine), beaucoup (trop) de moments  WTF et/ou débiles ont appuyé l'expression éclatante : Mais pourquoi ils ont pas fait ça plus tôt ? Et puis juste un détail, on peut pas décréter sur un coup de tête qu'un objet clef de la saga ait changé de mode d'obtention en l'espace de trois films (rappelez-vous Jack a piqué le compas à Tia Dalma [cf. le 2], il ne l'a pas hérité de la sorte d'un péquenot).

Méchant inconsistant droit devant !
Méchant inconsistant droit devant !
Méchant inconsistant droit devant !

Méchant inconsistant droit devant !

Après pour le reste c'est Pirates des Caraïbes, les effets spéciaux sont presque irréprochables, les combats sont survoltés, la bande-son est nickel, il n'empêche qu'il serait temps de s'arrêter, surtout avec un succès. Ou alors créer une nouvelle franchise en reprenant les personnages, dans le cas contraire ça risque de faire comme Fast and Furious et foncer la proue dans le mur (quoique, F&F a déjà pulvérisé le dit-mur depuis très longtemps maintenant) . Le hic, c'est que ce dernier opus a mis en place une nouvelle génération, tout en préservant son icône, donc il est fort possible qu'on s'en coltine un dernier (très dramatique, du genre : la fin d'une légende, tadadam, gros drama absurde, mais en fait non il revient dans le sept en zombie ou alors son fils prend la relève... en fait c'est sans fin et vous savez quoi ? Ça me barbe !).

Quand on y pense, bientôt on aura même plus besoin des acteurs. On prend le premier péquin venu et hop, un coup de performance capture et le tour est joué.

Quand on y pense, bientôt on aura même plus besoin des acteurs. On prend le premier péquin venu et hop, un coup de performance capture et le tour est joué.

Publié dans le coffre à bobines, Films

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