Le roi Arthur : la (pseudo) légende d'Excalibur

Publié le par Corbeau Moqueur

Le roi Arthur : la (pseudo) légende d'Excalibur

Elevé par quelques roulures bien baisées, le futur roi Arthur mène un quotidien aux moeurs diamétralement opposées à celles qui gouverneront sa future vie régalienne. Pour éviter de prendre le spectateur pour un jambon, cette grande gueule d'Arthur se retrouve rapidement avec Excalibur entre les mains et aussitôt contraint de faire des choix difficiles (l'oeuf ou la poule, giron ou foufoune, ce genre de choses) pour tabasser Vortigern, meurtrier de ses parents, seigneur Sith et tyran en herbe sur son temps libre. Aidé par une bande de joyeux compagnons et une mage aussi mystérieuse que pulpeuse, le futur roi d'Angleterre revisite sans pression l'une des légendes les plus connues du monde en défouraillant à coup d'épée magique ses démons intérieurs et les figurants ennemis, pour ainsi accéder au trône et écluser de la boisson autour d'une table ronde. 

Ce serait un peu faux-cul et encore moins cohérent de dire que j'ai pas aimé ce film, alors que j'ai apprécié Gods of Egypt (plus que de raison d'ailleurs). Les nombreuses B.A. m'avaient immédiatement évoqué ce parallèle et m'avaient également laissé dubitatif quant à la qualité de métrage, en apparence abrutissant. Après tout, en regardant la B.A. ci-dessous, on s'attend forcément ad minima à un blockbuster épileptique pour ado qui vous agresse les neurones tout en oubliant pas de klaxonner les tympans à fond les décibels. Il y a un peu de ça, en grande partie grâce (à cause ?) aux choix de mise en scène de Guy Ritchie qui ne plairont certainement pas à tous le monde c'est un fait, mais aussi à la version hautement improbable de la légende d'Excalibur.

On appréciera ou non, la direction artistique lorgnant tantôt vers le Seigneur des Anneaux, tantôt vers Robin des Bois ou le montage hystérique du film (très clipesque), qui pourtant en fait sa force. Moi qui m'attendais à un gros navet sans identité, si ce n'est avec un gros casting, eh bien j'ai bien aimé ce truc. C'est (très) divertissant, les décors claquent, les effets visuels sont au même niveau que les effets spéciaux et les combats vous déboîtent l'anus avec désinvolture (le combat final moitié Dark Soul, moitié Berserk vaut bien à lui seul le prix du billet), le tout sur une bande-son qui... va également divisée, mais qui s'harmonise vachement bien avec les événements.

Et malgré un ton assez serious buiseness l'ensemble est au demeurant décontracté (en tout cas plus qu'un certain Assassin's Creed), tout en se forgeant sa propre identité visuelle... quitte à dégommer la légende arthurienne en bonne et absolument pas due forme. Difficile en effet de croire que des bouseux médiéval puissent avoir une hygiène aussi parfaite, se pavaner dans des tenues très... contemporaines, favoriser la mixité raciale sans sourciller, parler comme je cause (en VF en tout cas) et répondre à des noms aussi émouvants que Georges, Mike ou Jason (bon OK celui-là il y est pas, mais vous avez compris l'idée). Heureusement le réalisateur sait soigner l'emballage et les incohérences (à la pelle) sont en partie éclipsées par la forme du métrage qui mélange un beau panel d'effets de mise en scène (il y a notamment une scène - assez longue en fait - très Edgar Wright-like en début de film, qui est très bien foutue).

Sans compter qu'il y a un très gros casting, avec un Jude Law en très grande forme (dont la personnalité a tendance à garantir la qualité d'un film) sans étouffer pour autant la présence manichéenne de Charlie Hunnam, ni celle d'Eric Bana (rapidement évincé) ou d'Aidan Gillen, pour une fois pas trop fourbe, mais un brin abruti (pour changer). Et finalement avec les acteurs (au service de personnages stéréotypés à souhait, mais bon le fond n'est pas franchement rattrapable...), son identité visuelle et son montage plus que sympa (pour moi), ce nouveau Roi Arthur dépote et donne un bon coup de fouet au cycle arthurien. Je ne pensais pas dire ça mais j'ai aimé et si l'action très orientée jeux-vidéo vous branche, je ne peux que vous conseiller d'y jeter un oeil.

Des tenues très anachroniques, n'est-il pas ? Si tant est qu'il y est une réelle chronologie historique dans ce bordel magico-légendaire
Des tenues très anachroniques, n'est-il pas ? Si tant est qu'il y est une réelle chronologie historique dans ce bordel magico-légendaire
Des tenues très anachroniques, n'est-il pas ? Si tant est qu'il y est une réelle chronologie historique dans ce bordel magico-légendaire
Des tenues très anachroniques, n'est-il pas ? Si tant est qu'il y est une réelle chronologie historique dans ce bordel magico-légendaire

Des tenues très anachroniques, n'est-il pas ? Si tant est qu'il y est une réelle chronologie historique dans ce bordel magico-légendaire

Publié dans le coffre à bobines, Films

Commenter cet article