Get out (Creepy Smile on Malaise TV)

Publié le par Corbeau Moqueur

Get out (Creepy Smile on Malaise TV)

Chris et sa petite-amie Rose forment le couple mixte idéal : ils sont comme cul et chemise et filent le parfait amour. C'est donc le moment idéal pour rencontrer le temps d'un week-end la belle-famille de Chris dans le nord de l'Etat. A peine arrivé que le malaise s'installe. La belle-famille est singulièrement souriant, les domestiques (noires) anormalement souriants et la tension devient vite palpable. Chris commence par penser que cette étrange atmosphère est liée à sa couleur de peau, mais une série d'incidents de plus en plus inquiétants va dévoiler l'inimaginable.

Véritable carton aux USA, en partie grâce aux talents de son réalisateur, surtout pour les éternels conflits raciaux enflammant la société américaine et en partie à cause des premiers exploits de Donald le connard ; nos critiques ont simplement suivi le mouvement et une fois n'est pas coutume, elles ne se sont pas plantées. Moitié thriller psychologique, moitié comédie horrifique, 100 % satyre, Get out est une franche réussite, ce qui personnellement me conforte quelque peu dans mes goûts cinématographique, puisque j'avais flashé sur ce film dès ses premières B.A. Mais un peu comme It Follows en son temps, cette première production de Jordan Peele (en tant que réalisateur) jouit d'un buzz retentissant depuis sa sortie américaine, ce qui facilite grandement son succès (mérité). Il faut dire aussi qu'avec 190 millions de recettes pour un budget de 4,5 millions de dollars, difficile de nier le succès de la chose...

Bref, Get out c'est l'éternelle histoire du racisme aux Etats-Unis, traitée sous l'angle de l'horreur. Une horreur qui va crescendo, porté par un malaise tout autant grandissant, à base de sourires creepy, de remarques prétendument anodines, de stéréotypes au services de la xénophobie et une foule de situations aboutissant sur des scènes sidérantes. Tout commence pourtant comme une comédie romantique (si l'on supprime la scène pré-générique) sur fond de racisme à n'en plus finir (Ah fais pas attention aux domestiques, moi j'aurais voté Obama une troisième fois, j'adore ce mec, c'est le meilleur... avec toi Chris, mon ami noir.). Autant ce genre de discours peut complètement saborder un film, autant quand c'est utilisé à bon escient (comme ici), ça marche du tonnerre.

Tous les stéréotypes habituels sont ici associés à un ressort horrifique (et non dramatique) et Get out reprend d'ailleurs tous les codes de l'horreur (jump scare, bande-son angoissante, gros plans dérangeants, gore mais pas trop) pour les associer à la xénophobie, qui pour le coup sert de combustible à la narration. Et ça fonctionne. Il faut dire que les acteurs sont sacrément bons, même si j'ai trouvé le jeu de Daniel Kaluuya particulièrement gênant (volontaire ?) et très bipolaire (dans la dernière demi-heure surtout). Mais dans le genre zarb, les écarts comiques conduits par Lil Rel Howery (qui a un petit air du Chef Otaku à n'en point douter) offrent certes quelques bouffées d'oxygène, mais obliquent étrangement dans la comédie horrifique. Au demeurant, la comédie horrifique n'est finalement pas si loin que ça, puisqu'on a finalement une ambiance un peu à la The Visit lors de certaines séquences familiales... les sourires patibulaires en plus

On a retrouvé l'ami noir du FN !

On a retrouvé l'ami noir du FN !

Bien, j'ai fait la partie socio-politique apparemment obligatoire, maintenant on peut passer franchement au plus intéressant sans fioriture, ni sous-thématique : l'horreur. Oui Get out ça fait peur. On a droit à des séquences sacrément oppressantes généreusement (la première nuit) et des moments de flottements particulièrement inquiétants. D'autre part, les jumps scares ne sont pas trop nombreux, bien placés et réussis, surtout que les enchaînements narratifs sont assez inventifs, dans la mesure où il n'est pas rare de débuter une séquence sur un registre romantique et/ou comique pour déboucher sur l'horreur purement et simplement.

Le réalisateur est habile et parvient avec de tels procédés à sortir du cadre strict du genre tout en injectant une bonne dose d'originalité et de monstruosité. Ainsi en dépit de quelques anicroches et d'une fin un peu expédiée s'il en est, le climax envoie du lourd, l'atmosphère est pile comme je l'aime et la bande-son est en parfait accord avec le fond du film. En définitive cette histoire sur fond d'hypnose, de racisme et de transhumanisme est une vraie bonne pioche, reste plus qu'à espérer maintenant que son auteur ne se repose pas sur ses lauriers et transforme son coup d'essai en carrière à succès (ce qui ne manquera pas d'arrivée à coup sûr).

Alerte ! Types louches !
Alerte ! Types louches !
Alerte ! Types louches !

Alerte ! Types louches !

Publié dans le coffre à bobines, Films

Commenter cet article

انواع السيارات 20/07/2017 04:39

Great blog. All posts have something to learn. Your work is very good and i appreciate you and hopping for some more informative posts.