Power Rangers (go go quarry fighters !)

Publié le par Corbeau Moqueur

Power Rangers (go go quarry fighters !)

Sur Terre, sous l'ère Cénozoïde (sic), gros drama : les Power Rangers, une équipe de soldats préhistoriques futuristes, chargés de protéger la Terre et le cristal Zeo, se fait copieusement avoiner la tronche par l'une des leurs : Rita Repulsa (sic), traditionnel ranger vert ambigu(ë). Après avoir causé la disparition des dinosaures, la vaporisation de Zordon (aka Bryan Cranstonet envoyé la vilaine demoiselle au fond des abysses, on se retrouve dans la ville d'Angel Grove (évidemment aux Etats Unis, si ça se passait en Suisse ce serait pas vendeur) avec cinq nouveaux rangers tous plus clichés les uns que les autres, chacun affublé d'un drama exagérément pesant et fruit d'une rencontre digne des plus grands vaudeville de Feydeau. Héritière des 25 saisons de la série télévisée, cette nouvelle génération de super sentaï va, à son tour, devoir défendre la Terre d'une bande de vilains fripons peinturlurés.

Sans doute la série TV qui a le plus déteint sur l'enfance des individus de ma génération, Power Rangers tente donc une troisième incursion sur le grand écran. Une tentative qui porte finalement ses fruits, en partie parce que le 7ème art nous a déjà convaincu qu'un dieu viking et un super-soldat américain pouvait coopérer ensemble et en partie parce qu'on peut adapter à peu près tout et n'importe quoi à présent tant que c'est rentable. Mais je l'admets, on est bien loin de la catastrophe que je pressentais, le film se laisse même regarder (avec le cerveau en veille, mais il se laisse regarder). Reste que là où la plupart des productions qui tentent le diable de la sorte, manient pas mal l'autodérision, cette énième déclinaison des Power Rangers se prend beaucoup trop au sérieux.

Le film aurait même carrément pu basculer dans la catégorie navet, sans son troisième tiers complètement déjanté. Le début en revanche, ainsi que le milieu finalement, sont bourrés de longueurs qui tirent sur la corde du drama pour tenter d'apporter un peu de profondeur dans une bande de gigolos hyper-clichés. Et ça y va avec les Ah mais je suis harcelée, ah que le vie n'est pas facile, ah moi j'en ai marre d'être le quater back et personne ne le comprend ; et moi ma mère est malade et je suis seul avec elle, moi je préfère être lesbienne c'est plus dans l'air du temps. Yohoo, la Terre appelle les scénaristes. C'est Power Rangers là ; une bande de justiciers en tenue latex qui font du kung fu contre des figurants gesticulants et des monstres géants en polystyrène, comment voulez-vous rendre ça sérieux une seule seconde ? Le scénario en lui-même est bourré de trous aussi larges que le derrière de Jean Marie Le Pen, alors si en plus l'intrigue se traîne et les acteurs se la jouent, on perd de l'audimat.

ça manque quand même de... GO ! GO ! POWER RANGERS !

Tout ça fait très film de super-héros actuel (d'ailleurs on le traditionnel gimmick : Whoua je vais devenir comme Iron Man ou Spider Man !) avec des adolescents (et c'est bien appuyé par le volubile Alpha 5), mais qui a du mal à s'assumer. A croire que le tournant dark va bientôt être à la mode (quoique, quand on regarde du côté de Marvel...). Par contre dès que les Rangers enfilent leur déguisement alors là c'est grandiose (mais il faut quand même poireauter une heure !). Du combat dans la carrière (Yes !) à celui contre le gros monstre géant dégoulinant, en passant par le thème qui sort de nulle part (avec les Zords qui courent plus vite qu'ils n'avancent), les références à la pelle et les grimaces de Rita Repulsa (qui se coiffe chez Esclava et se parfume au Lollita), les scénaristes ont décidé de lâcher les rênes.

Rênes qui retenaient peut-être le réalisateur (Dean Israelite), mais avant et surtout Elizabeth Banks (Rita) qui transcende à elle seule la définition du verbe cabotiner. Je vois d'ici l'actrice recevoir le script et subir les explications de son auteur, pour tout simplement répondre : OK c'est du Power Rangers que vous voulez, je vais vous en donner et de la bonne. L'actrice passe son temps à faire des gestes de grand manitou, grimacer à chaque réplique et s'esclaffer d'un grand rire sardonique comme on en fait plus (Mwa ah ah ah, le Krispy Kreme est à mwa ah ah ah !). Et encore heureux finalement, parce qu'elle contrebalance à elle seule tous les moments chiants du film et le jeu bien trop sérieux du reste du casting (Dacre Montgomery s'y croit beaucoup trop). Par contre pour la musique, elle peut rien faire. Le thème emblématique n'apparaît qu'une fois, il est aussi repris dans le générique, mais pour le reste la bobine est juste enveloppée des sonorités pompeuses d'Hollywood, avec qui plus est quelques moments awkward (le gros synthé lors de l'apparition faussement bad-ass des guignoles en armure). Bryan Tyler ne s'est pas foulé, c'est un fait.

Ouh que je suis méchante !
Ouh que je suis méchante !
Ouh que je suis méchante !

Ouh que je suis méchante !

Au final c'est plutôt sympa, après est-ce que ça vaut le coup de payer une place de ciné pour l'occasion... non, très honnêtement non. Il y a beaucoup trop de longueurs, d'incohérences, de dialogues téléphonés (ou écrits par des vieux qui veulent se la jouer branché... surtout dans l'horrible VF, oh Billy !), qui sont mal compensés par l'humour plan-plan du film. Mais au moins, c'est loin d'être une catastrophe (à la différence des autres films, et bam !), mais en définitive je sais pas si c'est bien : à ce rythme là on va finir par se retrouver avec une adaptation des Télétubbies (dans la catégorie d'horreur sans doute), puisque tant que c'est bien enrobé, on est prêt à regarder n'importe quoi. D'ailleurs, puisque ça marche on va se coltiner des suites, il y a d'ailleurs une scène post-générique (qui sert à rien, si ce n'est à annoncer le Ranger vert) et une équipe prête à nous pondre six fucking films de plus ! Six films !! Mais comment on a pu en arriver là ?! Ah ce rythme on va finir par commettre l'irréparable et forcer Zemeckis à accoucher d'un quatrième Retour vers le Futur.

C'est bien connu, quand on aime une couleur, on l'arbore sans arrêt
C'est bien connu, quand on aime une couleur, on l'arbore sans arrêt

C'est bien connu, quand on aime une couleur, on l'arbore sans arrêt

Publié dans le coffre à bobines, Films

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andika 12/04/2017 16:35

J'ai été intrigué par ce projet mais je pense passer mon tour et laisser ma passion des Power Rangers au passé de mon enfance ahahaha !