Trainspotting 2 (Putain, 20 ans...)

Publié le par Corbeau Moqueur

Trainspotting 2 (Putain, 20 ans...)

Les mêmes et on reprend... 20 ans plus tard et les choses ne se sont pas vraiment améliorées. Mark Renton est bel et bien parvenu à se hisser hors de la fausse à électuaire où il était enfoncé, mais son chemin l'a ramené à sa ville natale qu'il n'a jamais aimé. Rongés par la rancune et la nostalgie, ses anciens comparses l'y attendent, aux côtés de sentiments et d'émotions longtemps refoulés...

Longtemps resté au placard, la suite du cultissime Trainspotting est finalement sorti cette semaine. Basé cette fois sur un scénario entièrement original (contre un livre homonyme d'Irvine Welsh pour le premier opus), il m'est difficile d'y porter un regard critique, tant le film dégouline de nostalgie et de mélancolie. Le premier film était assez sidérant tant dans son fond que dans sa forme et mélangeait ce que certains appelleront le mauvais goût avec une sous-culture en totale perdition. Ici, Trainspotting 2 fait surtout figure d'énorme bonus, ou de long-métrage complémentaire, tant le réalisateur (et le scénariste) n'ont pas l'air de se soucier d'intéresser un public néophyte. En un sens, cela en fait une bonne suite ; le hic c'est qu'en l'absence de menace ombrageuse toxicomane, ce deuxième volet n'a pas vraiment de substitut à proposer.

A la place on a plus une sorte d'histoire de vengeance avec un Robert Carlyle encore plus fumé que dans le premier opus et une magouille financière. C'est un peu trop carré tout comme ça brasse pas mal d'air inutilement et c'est dommage parce qu'on a quand même le casting original, l'énergie du premier opus et la folie électrisante de son contenu. Les habitués ne s'ennuieront d'ailleurs pas, car loin de singer son premier trip, Danny Boyle revient en grande forme et fait montre d'un dynamisme impressionnant. Le scénariste (John Hodge) a choisi d'enchaîner des moments de bravoure et le réalisateur a relevé le défi, aussi le découpage est encore une fois bien chargé d'ecstasy, la bande-son toujours aussi réussie et certains plans conservent l'art de rester en mémoire.

Finalement le regard que cette suite porte sur elle-même la font tenir debout et plus encore, puisque sa fin finalement bien sombre appuient le regard désenchanté des protagonistes sur cette chère mondialisation. Autant le premier laissait entrevoir un renouveau ou tout du moins un espoir de changement, autant cette suite ne véhicule en définitive plus aucun rêve mais les souvenirs amplis d'amertume du passé. C'est cette vision nostalgique qui fait carburer le film et en plus d'être belle, la démarche est très réussie.

Trainspotting 2 (Putain, 20 ans...)
Trainspotting 2 (Putain, 20 ans...)
Trainspotting 2 (Putain, 20 ans...)

Pour le reste, on retrouve les décors qui ont bercé une génération d'inconsolables, le quatuor d'allumés avec leur accent intransmissible en français (donc VO obligatoire, l'inverse serait aussi pertinent que de visionner The Holy Grail en VF) et un paquet de références au premier Trainspotting (y compris des toilettes immondes). Les acteurs semblent tous heureux de rempiler : Erwan McGregor prouve une bonne fois pour toute qu'il se fiche comme d'une guigne de son image, Robert Carlyle est pratiquement en roue libre, Ewen Bremmer semble ne pas avoir bouger de son clapier, seul Johnny Lee Miller (qui était au passage le plus réticent vis-à-vis du projet) est plus sur la "retenue".

Alors oui c'est un bon film, certainement pas autant que son prédécesseur et en dépit de son grand attachement à ses racines, il parvient à délivrer une vision complémentaire du monde, notre monde, aussi pourri soit-il. Donc à nouveau oui, c'est un film à visionner... à condition d'avoir pu jeter un oeil au premier.

Ou si vous avez la flemme...

Publié dans Films, le coffre à bobines

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