Tous en scène (Casseeeeeerr laaaaa vooooaahaa !!)

Publié le par Corbeau Moqueur

Tous en scène (Casseeeeeerr laaaaa vooooaahaa !!)

Dans un univers parallèle de Zootopie, Buster Moon, directeur d'un ancien illustre théâtre et koala hyper-actif, éternellement optimiste a trouvé un moyen légal pour redorer une bonne fois pour toute le blason de son établissement : organiser un concours de chant, en mettant toutes ses économies dans la cagnotte (1000 $). Après deux erreurs de frappe causées par un globe oculaire factice, la récompense passe à 100 000 $, des flyers s'envolent, atterrissent entre les pattes des animaux, qui envahissent le théâtre en l'espace d'une nuit sur une musique pompée sur Super Smash Bros Melee, tout ça pour en retenir 5 (et demi), réduit en deux jours à trois, puis de nouveau à quatre. Bref, à l'instar de n'importe quel télé-crochet de ces dernières années, chacun des membres de la bande va venir chercher sur la scène du koala survolté, l'opportunité qui pourrait changer leurs vies...

Quand on voit la B.A. poussive de Tous en scène, on pense surtout à un sous-Zootopie (sorti "comme par hasard" il y a 11 mois) mixé à The Voice (et en VF c'est pas peu dire) et si les 10 premières minutes sentaient le roussi avec des personnages principaux hyper mal amenés, ce film d'animation signé Garth Jenning est une jolie réussite. Les thématiques abordées sont aussi nombreuses qu'intéressantes (rêves, désillusion, vie de merde, criminalité, copain de merde, musique, critique de merde, retraite et sangsue sociale), la simplicité des personnages bien trop humanisés rend leur évolution attachante et la bande-son est efficace avec près d'une soixantaine de chansons piquées sur un large panel historique et musical.

Es ist lustig, nicht war ? Ah ya ?

Si vous avez eu l'occasion de voir Zootopie, vous rappelez-vous de ce passage pendant le générique où la Shakira-gazelle chante et danse en compagnie de tigres en slips colorés mais non moins rutilants ? Eh bien la fin de Tous en scène (Sing en anglais, no comment) c'est un peu ça, toutes les sous-intrigues se rejoignent et se concluent en chanson, dont la dernière est laissée, je vous donne dans le mille, au membre le plus timoré ; parce que oui, le maître mot de ce film n'est certainement pas l'originalité. Mais ce n'est pas désagréable pour autant, loin de là. Reste que l'ensemble manque finalement d'un peu de folie, ce qui aussi paradoxal que le traitement du koala quand on connait le parcours du réalisateur ou le studio de production (Illumination : Moi, moche et méchant, comme des Bêtes).

Non, le principal reproche que je vais faire à ce film réside dans son traitement de l'anthropomorphisme. En fait le film aurait tout aussi bien pu être avec des personnages en guimauve, type Vaiana ou des acteurs réels, tant l'humanisation est beaucoup trop poussée. Alors oui, une fois encore la cause animale résout une double affaire : c'est plaisant pour les plus jeunes (ou les âmes en sucre) et ça évite de figer les personnages dans le déterminisme (j'ai déjà vu ça quelque part...), histoire de montrer que n'importe qui, quelle que soit son apparence ou sa personnalité est capable d'atteindre ses rêves, parce qu'il ou elle est unique. Ah y'a pas à dire c'est beau, mais ça aurait surtout pu être mieux fichu et plus cohérent vis-à-vis du choix des animaux. Prenez le koala, euh... sérieusement cet animal est le roi des glandeurs, quelle idée d'en faire un personnage survolté ? Ah, on me souffle que c'est pour surprendre le spectateur, mouais à d'autre, c'est vrai qu'on a quelques surprises grâce à ça (Mike la (le ?) souris et Johnny le gorille), mais dans les faits c'est surtout un beau gros raccourci pour séduire le public. Remarquez, Patrick Bruel en koala... ça résume en fait complètement sa carrière de musicien.

Etonnament, la VF est d'une qualité exemplaire doublée d'un naturel confondant. Il est vrai que j'ai coutume de dire répéter que l'animation justifie le doublage, mais là les performances sont quand même plus que convaincantes, surtout en mélangeant des newbies et des vieux briscards (Benoit Allemane !! Ô joie). Mais bon, ça n'influence pas les chansons qui sont interprétées dans la VO, ce qui nous épargne les problèmes laryngologiques d'une certaine personne... De toute façon, le film est sorti il y a 9 jours, donc pratiquement tout le monde le sait maintenant, au demeurant, si vous ne l'avez pas vu et que vous avez déjà acheter votre billet n'allez surtout pas sur la page Wikipedia française du film, parce qu'un crétin désuet semble avoir cru bon d'y pondre l'intégralité du scénario ! 

Malgré une histoire qui s'éparpille, des personnages souvent malheureux qui prête à sourire plus qu'à véritablement rire (dommage que toute la dramaturgie tombe au fond d'un gouffre dans le dernier quart d'heure), Tous en scène est sans aucun doute un film à découvrir en famille... ou pas. Sa réussite n'est même plus à justifier, d'autant plus qu'une suite est déjà prévue pour le meilleur et pour le pire en 2020.

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Deparlà 10/02/2017 11:06

Un avis mitigé et si j'ai bien compris c'est moyen plus?
Je, enfin nous, avec mon fils, n'avons pas vu zootopi, on comptait bien aller voir celui-ci pour cause de vacances, surtout pour la bande son, quoique j'hésite avec lalaland (moi, pas mon fiston)..

Corbeau Moqueur 10/02/2017 11:45

Disons que ça aurait pu être plus fou-fou, c'est ce qui m'a laissé un peu sur ma faim, surtout qu'effectivement je n'ai pas pu m'empêcher de faire le comparatif avec Zootopie pendant la séance. Maintenant si vous ne l'avez pas vu, vous pouvez foncer sans hésiter je pense que vous y trouverez plus que votre compte.