Seuls (Génération Z en PLS)

Publié le par Corbeau Moqueur

Une affiche aux influences multiples

Une affiche aux influences multiples

Leïla, une adolescente française de 16 ans, se réveille en retard comme chaque matin, à un détail près. Point de parents pour la presser, ni d'ami(e)s pour flâner et surtout aucun réseau téléphonique ou GPS (enfer !). Tout le monde a disparu et si elle semble avoir hérité des clefs de la ville pour elle-seule, son rêve déchante rapidement lorsqu'elle finit par croiser deux, puis trois et enfin quatre jeunes d'âge varié à la personnalité interchangeable. Ensemble ils vont au début tenter de connaître la raison de cette désertion, pour ensuite profiter de la vie qui s'offre à eux et enquiller les clichés scénaristiques comme des perles, jusqu'à déboucher sur un cliffhanger pas du tout putassier, marquant le début d'une nouvelle saga, dont les chances de décoller sont malheureusement bien minces.

Bon ben, c'est un bide, doublé d'une déception, puisque j'attendais quand même pas mal ce film. Whaou... honnêtement je sais pas ce que David Moreau a voulu faire avec cette adaptation et pourtant il y avait du potentiel c'est certain. Ainsi que le laissait présager les B.A. on est en face d'une production young adult à la française mélangeant l'horreur, le post-apo et la science-fiction. Le film a de la gueule, son esthétique et sa photographie sont d'ailleurs très réussies. Par ailleurs, l'ambition de Seuls est sans doute plus intéressante que ce que propose la concurrence et dans la première heure le mélange fonctionne plutôt bien (notamment grâce à sa morale assez ambigu), avant que ce qui menaçait de s'écrouler, finisse par totalement partir en quenouille dans la dernière demi-heure.

Il y a plusieurs raisons à cela ; déjà si l'on met de côté l'univers et les ambitions de cette adaptation, le réalisateur s'est beaucoup trop reposé sur les clichés du genre. De sorte qu'en vieillissant les personnages (histoire que ce soit aussi plus réaliste), le script a plongé tête la première dans les stéréotypes plan-plan qui parsèment le paysage teen movie. A cela vient en plus s'ajouter des rebondissements prévisibles et des dialogues téléphonés, conséquence d'une écriture malheureusement trop lâche. En conséquence, les personnages perdent énormément en profondeur, à tel point qu'il est véritablement difficile de s'attacher à eux. Sans compter que les transitions souvent trop rapides, les placements de produits lourdauds et le jeu d'acteur absolument catastrophique ne facilitent en rien les choses.

Si le film n'avait pas été français, j'aurais d'ordinaire accuser le doublage tant la direction frise l'amateurisme. A part le jeune Jean-Stan du Pac (Terry), qui semble être au naturel, tous les autres acteurs sonnent faux, mention spéciale pour l'interprète d'Yvan (Paul Scarfoglio), qui ânonne péniblement chacune de ses répliques et ne se montre finalement convaincant que lorsque son personnage est rond comme une barrique. J'avais d'ailleurs oublié à quel point une mauvaise interprétation pouvait considérablement nuire à un métrage, l'humour en pâti tout particulièrement et la plupart des plaisanteries tombent complètement à plat.

Au niveau du fonds, je ne suis même pas sûr que cela puisse séduire véritablement les fans de la BD, parce qu'adapté le premier cycle (c'est à dire 4 tomes) en 1h30 seulement, nécessite forcément des coupes et des raccourcis, si bien que la révélation finale arrive beaucoup trop rapidement et donne une image bien WTF au film. Même si je n'ai lu que les deux premiers tomes, je serai bien incapable de dire si le climax du film est véritablement fidèle ou non (au demeurant je crois que sur le fond c'est ça), en revanche ce genre de grosses ficelles scénaristiques constituent avec le rêve, l'une des révélation les plus téléphonée du monde depuis les années 80, facile.

Le film a au moins de la gueule.
Le film a au moins de la gueule.
Le film a au moins de la gueule.

Le film a au moins de la gueule.

Comme le film est inégal tant dans sa construction, que dans son écriture et son interprétation, j'ai pas spécialement eu envie de connaître immédiatement la suite une fois les crédits apparus... tout comme le reste de la salle d'ailleurs. La vision du réalisateur a certes apporté une dimension beaucoup plus sombre à l'univers de la BD, pour autant je peux difficilement parler de bon film, il y a beaucoup trop de maladresses et de saccades dans le rythme pour qu'il soit considéré comme tel. Au demeurant, il reste une chose dont je n'ai pas parlé et qui s'est avéré plutôt pas mal, c'est la bande-son. Autant je n'ai pas trouvé particulièrement agréable, les nappes sonores, autant je les ai trouvé judicieusement placées, surtout que les accalmies et les passages instrumentaux sont bien utilisés.
Il ne reste plus qu'à espérer maintenant que la suite tant annoncée par le cliffhanger voit belle et bien le jour si ce premier opus ne fait pas complètement un four. Dans le cas contraire, il faudra se tourner vers la Bande-dessinée pour avoir le fin mot de l'histoire.

Publié dans le coffre à bobines, Films

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deparlà 11/02/2017 08:00

...et quand on n'a pas lu les BD?
En même temps, ce film est présenté pouvant rivaliser avec des hunger games ou autres gros succès américains du genre (si! média tv et radio) mais les BA ne sont pas terribles, mal joué et mal filmé mais paraît-il les effets spéciaux sont dignes ...

Corbeau Moqueur 11/02/2017 14:13

Alors quand on a pas lu la BD, ça se laisse suivre, même si on en ressort sidéré étant donné le manque de cohérence obtenu en compilant 4 tomes en 1h30. En théorie Seuls peut rivaliser avec Hunger Games, enfin plutôt Divergente, dans la pratique c'est beaucoup trop expédié, mal joué et monté bizarrement pour être considéré en tant que tel.