Resident Evil : le chapitre final (Director Evil 4)

Publié le par Corbeau Moqueur

Resident Evil : le chapitre final (Director Evil 4)

Eternelle survivante de la saga cinématographique librement inspirée de la licence horrifique de Capcom, Alice va mener son ultime affrontement contre la machiavélique organisation du parapluie. Après avoir reçu une mission d'un PNJ, quoi de mieux donc que de retourner à Raccoon City pour satisfaire les fans et se fritter contre une palanquée de monstres dans le plus gros bordel scénaristique jamais vu pour conclure une saga.

J'aimerais être gentil, vraiment. Mais avec ce 6ème volet, censé être la conclusion de la saga, je me dis qu'il aurait mieux valu ne pas la clôturer et laisser le tout en suspend, plutôt que de laisser Paul W.S. Anderson s'illustrer dans l'absence totale d'originalité, de cohérence et de maîtrise du matériau de base. En sachant qu'il était déjà aux commandes du quatrième volet déjà bien naze et d'un cinquième dans la stratosphère de la bêtise, j'avais déjà comme un léger doute quant à la réussite de ce projet. La transition entre le volet précédent et celui-ci passe complètement à la trappe, des éléments scénaristiques sont modifiés et/ou ajoutés à la volée sans se soucier d'une quelconque légitimité sinon développer un semblant de conclusion mal torchée. A la limite mieux vaut s'imaginer sa propre conclusion après le 5ème ou le 4ème plutôt que d'aller voir un tel carnage.

Une B.A. aussi épileptique que le film

Pourtant j'ai eu un semblant d'espoir durant les... allez, les 5 premières minutes avec le monde post-apocalyptique en ruine à la Mad Max, quelques plans plaisants et un filtre pas désagréable. Sauf que tout s'évapore après et c'est bien là l'ennui car au bout de près de 2h assourdissantes de métrage, je crois qu'il n'y a en fait rien à retenir de ce film. Le mixage audio est dégueulasse (pour changer), la direction d'acteur est catastrophique : Ian Glen semble porter tous les malheurs du monde sur ses épaules, Milla Jovovich subit le poids de la désillusion et Shawn Roberts se fait virer comme un malpropre. 

D'ailleurs si vous aimez Leon S Kennedy, Jill Valentine, Ada Wong ou Chris Redfield, vous pouvez vous la mettre sur l'oreille ; car dans un soit-disant souci de renouvellement, la production a préféré introduire une floppée de personnages secondaires risibles et bons pour le casse pipe. La dernière demi-heure est une sorte de best-of de tout ce qui ne colle pas dans la saga, maximisé et manipulé dans tous les sens à coup de clones et de retournements effroyables, renforçant encore davantage les incohérences. Rien ne semble pouvoir être sauvé dans ce film, même les scènes d'action pourtant bien mises en scènes sont mal amenées et semblent avoir été découpées par un babouin manchot.

Je crois bien que Paul W.S. Anderson ne nous a jamais fait un truc pareil dans le montage. Il semble qu'il ait voulu faire ça façon jeu-vidéo... mais avec sa propre vision du média. La caméra virevolte, fait des zooms et des travellings n'importe comment, ce qui casse l'action et rend totalement illisible certaines séquences (je crois bien que c'est la première fois que j'ai une impression pareil dans un film, puisque je suis peut-être la seule personne à trouver Sucker Punch parfaitement lisible). Vous voyez la B.A ? Eh ben le film c'est pareil, mais pendant près de 2h et en 3D ! OK Paulo, je sais pas du tout ce que t'as voulu faire ce coup-ci, mais arrête ça ou vas voir Zach Snyder.

De jour comme de nuit, le cirque de Pékin s'entraîne sans relâche.
De jour comme de nuit, le cirque de Pékin s'entraîne sans relâche.

De jour comme de nuit, le cirque de Pékin s'entraîne sans relâche.

Il y avait pourtant moyen de faire quelque chose de bien avec cet ultime volet, ne serait-ce qu'en réunissant toutes les figures iconiques de la saga ou en tenant tout simplement compte de la fin du précédent volet ! Mais là, rien, nada, sinon de l'épilepsie garantie.  Il semble que les 40 millions (oui, 40 patates pour finir en purée) soient intégralement partis au fond des chiottes, pendant que le comptable pissait sur les murs en sifflotant un requiem. Comment, mais vraiment, comment ils ont pu raté à ce point la conclusion d'une saga pourtant mondialement connue ? Le pire c'est qu'il est déjà rentabilisé, puisqu'il a engrangé près de 80 millions de dollars de recettes à l'échelle mondiale. Reste plus qu'à espérer maintenant que cette saga d'adaptation aura le droit au même reboot horrifique que sa version vidéoludique... un jour peut-être.

Publié dans le coffre à bobines, Films

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