Your name (la comète d'Alzheimer)

Publié le par Corbeau Moqueur

Your name (la comète d'Alzheimer)

D'un côté il y a Mitsuha, une adolescente coincée au sein d'une famille traditionnelle dans une charmante bourgade rurale qu'elle rêve de quitter au profit de la vie trépidante de Tokyo. D'ailleurs elle y est réellement projeté dans ses rêves, avant de se rendre compte qu'elle échange irrégulièrement son corps avec celui de Taki, un lycéen vivant à Tokyo. Un phénomène pour le moins étrange, même au Japon (qui l'eut crû) et qui semble étrangement lié à la grosse comète qu'on voit sur l'affiche et dans l'intro du film...

Ce très beau film d'animation sorti en catimini dans nos salles obscures deux semaines auparavant (merci Eurozoom, un peu plus on en était privé) a pulvérisé les records de vente au Japon, à tel point qu'il est maintenant l'un des 5 plus gros films d'animation du pays (derrière 4 Miyazaki : Le voyage de Chihiro, le chateau ambulant, princesse Mononoke et Ponyo sur la falaise) et accessoirement le premier film d'animation non-Ghibli (production Toho oblige) à dépasser la barre des 10 milliards de yens de recettes. Et c'est mérité. Your name (ou Kimi no na wa en japonais) est magnifique, l'histoire est prenante, la réalisation superbe, les personnages bien exploités et seules quelques saccades dans l'animation viennent ternir le tableau. Le problème est en fait similaire au Garçon et la Bête sorti l'année dernière, durant la même période, l'animation est majoritairement très fluide, mais parfois et surtout dans les passages chargés de personnages, celle-ci se met à mollir et donner un rendu saccadé à l'ensemble.

Contrairement à ce que le titre de ce trailer laisse entendre, il ne s'agit nullement d'une romance ou d'un Shojo.

Mais cela relève du détail au final. La bande-son est splendide, la mise en scène efficace et le doublage... pour mon malheur j'ai dû me taper la VF eeeeeeeettt si le cinéma d'animation légitimise à lui seul le doublage, pour le coup la VF avait beaucoup de mal à coller aux personnages. Pour les ados passe encore, de même pour les adultes (à part la grand-mère), par contre les plus jeunes... c'est simple à chaque fois que la soeur de Mitsuha ouvrait sa gueule, j'avais juste envie de la claquer contre un mur. Il ne fait aucun doute que les Seiyu ont fait un bien meilleur travail que dans notre version française.

Le film se penche sur pas mal de thématiques, à commencer par la traditionnelle relation garçon/fille, de multiples constrastes : ruralité/urbanité, tradition/modernité, mort/vie, et passé/présent, ainsi que les cataclysmes. Malgré tout si le projet paraît très ambitieux (et il l'est), l'ensemble tient très bien debout et débouche sur une conclusion poétique rappelant les productions d'Hayao Miyazaki (bien que le style soit très différent). D'ailleurs, comme on est une fois de plus hâtifs et peu cohérent dans nos propos, beaucoup voient en Makoto Shinkai, le seul et unique digne héritier du réalisateur retraité... on en oublierait presque Mamoru Hosoda ou Hiromasa Yonebayashi.

Bien meilleur (ou plutôt encore mieux) que La tour au-delà des nuages du même réalisateur, Your name a tout pour être le meilleur film d'animation de l'année et je pèse mes mots. Magnifique visuellement, beaucoup plus contemporain que Miyazaki et d'une remarquable qualité dans son ensemble, bref c'est un film à ne surtout pas manquer s'il passe encore dans vos salles.

Your name (la comète d'Alzheimer)
Your name (la comète d'Alzheimer)
Your name (la comète d'Alzheimer)

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