Nocturnal Animals (une histoire de vengeance et de solitude...)

Publié le par Corbeau Moqueur

Nocturnal Animals (une histoire de vengeance et de solitude...)

Susan Morrow, une galeriste d'art aux goût discutables s'ennuie. Pourtant elle a tout, des larbins pour la servir, une demeure gigantesque, un mari plein aux as et pourtant son existence n'a pas de sens. Alors que son mari s'absente pour un voyage "d'affaires" (cherchez pas on a compris dès la première réplique), elle reçoit un colis inattendu, à savoir un manuscrit de son ex-mari qu'elle a sèchement abandonné et, allez savoir pourquoi, dont elle est sans nouvelle depuis quelques années. C'est donc dans seule, dans sa maison vide qu'elle entame la lecture de ce roman sombre et violent, dans lequel Edward (son ex) se met en scène dans une histoire de vengeance sanglante. Au fil des pages, Susan trouve une certaine connexité entre ses choix passés et le récit de son ex, à tel point qu'elle y décèle même une certaine forme de vengeance. Vengeance l'amenant à remettre en cause ses décisions passées et présentes et réveiller des sentiments qu'elles croyaient à jamais perdus...

De beaux décors, une bonne ambiance, un montage assez ingénieux (bien que trop brutal), ouicette histoire d'animaux nocturnes n'a pas volé ces nominations (à part une seule) et son prix. Le scénario, centré principalement sur la vengeance est mis en scène à travers 3 axes temporels et, malgré quelques longueurs certaines, est terriblement efficace. Au demeurant, il n'est certainement pas le meilleur film du genre, ces nombreux tronçons de route nocturnes et son découpage assez brusque (introduit par une Amy Adams rejetant sa tête en arrière), m'ont pas mal fait penser à Mulholland Drive de David Lynch (en beaucoup moins abouti), qui a toutes les raisons de vous retourner le cerveau en moins de deux.

Une fois n'est pas coutume, la B.A. est très aboutie.

J'ignore si c'est une bonne adaptation, en revanche c'est un bon film, le scénario évite de s'enliser dans les clichés propres au monde de l'art contemporain et si au fond la partie thriller n'invente pas l'eau chaude, les nombreuses interprétations possibles (certaines fois complètement fantasques dans la presse) confèrent à ce film une identité particulière. Malgré tout, si je n'ai rien contre ces films qui laissent libre court à l'interprétation une fois devant le générique, Nocturnal animals manque d'efficacité quand il faut semer le trouble dans l'esprit du spectateur et ces multiples allers-retours entre les 3 arcs narratifs n'y sont pas innocents. La conclusion pourra en blaser plus d'un et pourtant constitue la meilleure manière d'achever le métrage ; d'ailleurs, pour ceux qui ont encore beaucoup d'interrogations en tête, je vous renvoie sur cet article (100% spoiler) très intéressant.

Après l'ennuie c'est qu'Amy Adams ne prend toujours pas de risque dans sa prestation. Je sais que j'ai du mal avec le jeu de l'actrice, enfin quand même nominer cette fille alors qu'elle joue exactement pareil dans tout les films, c'est un peu fort de café. Les longueurs du film proviennent d'ailleurs de son personnage, qui passe son temps à prendre des bains, rejeter la tête en écarquillant les yeux derrière ses doubles foyers et s'ennuyer dans son boulot superficiel. Heureusement que Jake Gyllenhaal est là. Etant un habitué des thrillers psychologiques (rappelez-vous Enemy pour n'en citer qu'un) ou non, la prestation de l'acteur est plus qu'honnête, puisque c'est essentiellement lui (avec Michael Shannon) qui porte la réussite du film.

Sans vraiment prendre une claque, j'ai passé un très bon moment et même si ce n'est pas le cinéma le plus accessible (ni le plus modeste) qui soit, il est d'une remarquable qualité. Alors oui, pour l'instant l'année 2017 commence bien, même si pour le coup je vous invite à payer votre ticket pour aller voir ce film pour vous faire un réel avis dessus.

Amy Adams dans son rôle de femme fragile habituelle.
Amy Adams dans son rôle de femme fragile habituelle.
Amy Adams dans son rôle de femme fragile habituelle.

Amy Adams dans son rôle de femme fragile habituelle.

Publié dans le coffre à bobines, Films

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