Before I Wake (bonne nuit les petits)

Publié le par Corbeau Moqueur

Before I Wake (bonne nuit les petits)

Jessie et Mark Hobson forment un couple moyen américain tout ce qu'il y a de plus ordinaire, à un détail près. Ayant perdu leur fils, ils ont récemment adopté un jeune orphelin causant quelques désagréments nocturnes à son entourage. La raison est simple, chaque nuit durant son sommeil, ses rêves se matérialisent dans la réalité. Il va de soi que sa vie privée en prend un coup, le bon côté des choses c'est qu'il est encore un enfant, en conséquence ses rêves sont d'une propreté immaculée. En revanche, les choses se corsent lorsque les cauchemars entrent en scène...

Ne cherchez pas dans la programmation des cinémas français ; ayant déjà connu son lot de reports et de problèmes en tout genre, ce film n'est pas sorti et ne sortira pas chez nous (sauf en VOD et tout ce qui va avec). Before I Wake (qui devait initialement porté le nom de Somnia, histoire de perpétuer la tradition des titres latins des films du réalisateur) est sorti en Juillet dernier eaux Etats-Unis (où il a d'ailleurs reçu un accueil des plus glacials) et est signé Mike Flanagan, qui avait déjà fait ses preuves sur Oculustout en tâchant récemment sa carrière avec Ouija 0 (personne n'est parfait). Ce film-ci nous fait très vite oublier la suite commercial de l'insipide Ouija, parce qu'avec une mécanique aussi simple que Dans le noir, rappelant les plus belles heures de gloire de Freddy Krueger ou l'échelle de Jacob, le réalisateur avait de quoi s'amuser.

Mais contrairement à ce que laisse penser la B.A, Before I Wake est surtout un thriller fantastique avec une dimension horrifique. Après il va de soi que certaines séquences sont particulièrement redoutables, mais dans l'ensemble c'est plus une production oppressante, voire angoissante, plus qu'un véritable film d'épouvante. Pourtant le réalisateur aurait pu opter pour la solution de la facilité et nous balancer des jump scares en rafale, quitte à risquer le gros plantage dans toute sa gloire. A la place, il plane une ambiance similaire au film Oculus apportant un certain malaise et des situations dérangeantes. Le film démarre très rapidement et la première nuit survient en moins de 10 minutes, mais une fois les parents adoptifs face à l'étrange faculté de l'orphelin, les réactions sont assez... WTF. Loin de s'inquiéter des hypothétiques cauchemars, la mère va même jusqu'à exploiter le don du môme pour revoir son défunt fils biologique à chaque nuit. Vive la pédagogie dépressive...

Si vous connaissez quelques éléments de psychanalyse, vous devez savoir que la réalité et les souvenirs influent grandement sur leur déroulement. Loin de se cantonner à un simple image manichéenne (rêve = bonheur ; cauchemar = mort), Before I Wake explore différentes manière de rêver avec le rêve éveillé au sommeil profond, en passant par la somnolence et donne une raison d'être aux cauchemars. La fin, en plus d'être originale, est d'ailleurs une franche réussite rien qu'en explicitant tout ces éléments. Par ailleurs, un certain nombre de thématiques aussi sérieuses que délicates sont également abordées : le deuil,  les terreurs enfantines, l'incompréhension voire la vie en elle-même. Avec tous ces éléments, le film est une excellente pioche.

Before I Wake (bonne nuit les petits)
Before I Wake (bonne nuit les petits)

Reste qu'au demeurant plusieurs films ont déjà abordé le mélange imaginaire/réalité et l'ont plus exploité, en brouillant notamment les frontières entre le rêve et le monde réel.  Ce mélange aurait, dans le cas présent, pu être plus poussé, un peu comme dans Oculus par exemple, qui était doté d'excellentes séquences déroutantes jouant sur la confusion tant des personnages, que des spectateurs. Cela tient en grande partie à la présence, ainsi que de la tronche du boogeyman de service tout droit recalé du casting de The Nightmare before Christmas (réalisé par Henry Selick, je précise en passant). En un sens c'est voulu, puisque je suppose que quand on est gosse on imagine pas les monstres les plus sexy du monde, maaaaaaais peut-être que sa prestance aurait pu être travaillé davantage.

Malgré cet aspect, le film est réussi, surtout que je l'attendais (même si j'ai fini par comprendre qu'on en verrait jamais la bobine). Les acteurs sont tous très convaincants, bien que le jeu de Jacob Trembley soit encore très perfectible (quoi qu'on en dise), puisque ses timides interventions et sa manie d'écraser à chacune de ses apparitions m'a pas mal agacé (donc non, je ne considère pas que ce soit un petit génie, pas avec ce film là en tout cas). Donc si un jour, vous tombez sur une jaquette avec un gros papillon glauque et dégoulinant, je vous conseille de vous procurer le galette qui va avec, car malgré son affiche peu avenante, Before I Wake est un excellent film, qui pourrait très bien trouver sa place sur vos étagères, non loin du Labyrinthe de Pan.

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Publié dans le coffre à bobines, Films

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