Rogue One (la vraie nouveauté)

Publié le par Corbeau Moqueur

Rogue One (la vraie nouveauté)

Rogue One est résumé dans un paragraphe du message déroulant du quatrième opus, à savoir : " A bord de vaisseaux spatiaux opérant depuis une base inconnue, les Rebelles ont remporté leur premier victoire sur l'abominable Empire Galactique. Au cours de la bataille, les Rebelles ont réussi à dérober les plans secrets de l'arme absolue : l'Etoile Noire (rebaptisée plus tard "Etoile de la mort"), une station spatiale dotée d'un armement assez puissant pour annihiler une planète toute entière." Voilà, maintenant on connait tous la fin. Le film introduit de nouveaux personnages, dont Jyn Erso, fille de l'ingénieur Galen Erso à l'origine de la création de l'Etoile de la Mort. Le principe du film est donc très simple : Jyn doit retrouver son père pour mettre la main sur les plans de l'arme fatale, avant que les Rebelles (qui ne sont pas tous roses) et l'Empire ne le trucident. Au fil de l'intrigue, elle va rencontrer de "joyeux" lurons et monter sa propre Suicide Squad : Rogue One.

Clairement Disney aurait dû faire un choix : une nouvelle trilogie ou des spins-off, là on est vraiment dans de la bonne grosse production commerciale, qui fait très mauvaise presse de manière absolument injustifiée à Rogue One. Entre nous, même si ça avait été l'un ou l'autre seulement, on serait toujours dans du gros merchandising à la QYEAPYEAE, mais au moins Disney ferait l'effort de le dissimuler... Rogue One a tout ce que Le Réveil de la Force n'a pas : de l'originalité, des personnages inédits, de la noirceur, du réalisme, une bonne B.O. et surtout des références qui ne plombent pas l'intrigue. Visuellement, ce spin-off a évité la sur-abondance d'effets numériques de la prélogie, pour recréer les costumes, les décors et les aliens. L'ensemble fait donc plus "vrai" et l'esthétique rejoint doucement celle de la trilogie. Après les effets spéciaux et le spectaculaire sont également de mise : la bataille spatiale est sans doute la meilleure à ce jour dans l'univers de Star Wars. 

Une Bande Annonce qui a quelques scènes coupées.

La force de Rogue One réside dans son scénario, car bien que basé sur une trame connue de tous, le film raconte sa propre histoire en un seul épisode, avec un début et une fin aboutissant sur une remarquable transition vers le quatrième volet de la saga. Un soulagement après l'incursion de Mickey dans le septième volet (que les critiques, qui l'avaient pourtant encensé, s'empressent maintenant de dessouder. Pour ma part je l'ai très apprécié pour moult raisons). Ici les choix de mises en scène sont beaucoup plus judicieux (la bataille finale est filmée comme un film de guerre), donne de l'énergie à l'ensemble et malgré un départ un peu longuet, le film a un bon rythme.

Autre point non négligeable : les acteurs. Si le sort des personnages inédits est scellé dès l'ouverture, ils ont le mérite d'introduire de nouveaux enjeux, un univers plus cosmopolites, de la profondeur au camp Rebelle et sont portés par des acteurs inspirés (notamment Felicity Jones, Forest Whitaker, Ben Mendelsohn et K-2SO dans son rôle). Rogue One va même plus loin en faisant revenir d'entre les morts le comédien Peter Cushing, à nouveau dans le rôle du Grand Moff Tarkin. Cette technique de motion capture qui avait déjà montré son potentiel pour la première fois dans Tron Legacy, atteint ici son paroxysme : Tarkin bouge et intéragit avec des personnages bien réels, à tel point que même un newbie de la nouvelle génération (ignorant tout de l'acteur) n'y verrait sans doute que du feu.

Les clins d'oeil et les références sont une nouvelle fois de mise, mais de manière bien plus légère cette fois, puisque cela passe cette fois par quelques punchlines disséminées ici et là (It's a trap !), des personnages iconiques faisant des apparitions plus ou moins éclair et des éléments de décors. Bref tout ce qu'aurait dû faire Le Réveil de la Force avec classe, d'ailleurs la bande-son est aussi plus aboutie, même si il ne me semble pas avoir entendu le thème de la Bande Annonce, qui sonnait vachement bien en reprenant en substance le thème de la Force.

Si quelques thèmes sont repris, reste que Giacchino (dont la définition de l'originalité est loin d'être limpide) a voulu faire sonner l'ensemble comme du Star Wars avec différentes combines. En fait, ça donne l'impression que le studio n'avait pas les droits de la musique, ce qui est évidemment complètement con, puisque Disney a racheté l'ensemble à George Lucas. Il n'empêche que ça sonne comme Star Wars, ça en a le cachet, mais ça fait pas vraiment officiel, un comble.

Pourtant même dans la simple inspiration il y avait de la matière.

Décemment meilleur que le dernier opus de la saga, ce spin-off enrobé de marketing douteux, prouve qu'il n'a absolument pas mérité les murmures acerbes de la presse durant sa production. Voilà le Star Wars qu'on attendait depuis un an. Plus vrai, plus sombre, ce spin-off amorti avec aisance la transition entre le troisième et le quatrième volet et s'intègre sans anicroche dans la saga. Reste maintenant à espérer que sa réussite ne marque pas le début d'une surenchère d'épisodes facultatifs, bon pour les produits dérivés et les jouets dans les Happy Meals...

Publié dans Films, le coffre à bobines

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