A fond (Rapide et Furieux 8)

Publié le par Corbeau Moqueur

A fond (Rapide et Furieux 8)

José Garcias, père de famille égocentrique et chirurgien esthétique pour troisième âge, est bien décidé à partir en vacances sans encombre avec toute sa smala. Après s'être lavé les dents dans un lavabo rouge, mis sa veste rouge préférée, il porte ses valises rouges dans sa voiture rouge flambant neuve et accessoirement basée sur le nec le plus ultra de la technologie française. L'ambiance n'est évidemment pas au beau fixe : la relation du couple est en perdition, les enfants sont insupportables, son père rustaud s'est invité dans le voyage et en a profité pour embarquer une adolescente attardée (aux cheveux bleues... ça va pas le faire) oubliée sur une aire d'autoroute. Pour ne rien arranger la carlingue a un court-circuit et bloque le régulateur de vitesse à 130 km/h. Dommage pour eux, un embouteillage monstre les attend à moins de 200 km...

Mélange improbable entre Speed et Little Miss Sunshine (le talent en moins), A fond est une comédie lourdingue qui saura faire plaisir aux inconditionnels de Nicolas Benamou. En clair, si vous avez adoré Baby Sitting 1 et 2, logiquement vous allez aimé ce film. Pour les autres c'est et ça restera un divertissement à peine passable du dimanche soir sur M6 après une soirée bien arrosée. Malgré une trame tenant narrative tenant sur un poireau, il y a quand même deux scénaristes qui ont bossé dessus. Pas un, deux, un gage de qualité de premier ordre cela va sans dire. Maintenant si l'idée de départ est bonne (à défaut d'être originale), elle est plombée par un humour potache pesant, des gags pénibles et des blagues débiles. D'habitude le propre des mauvaises comédies c'est de vouloir faire rire tout le temps, ici le film évite le problème en plongeant la tête la première dedans.

Même la bande annonce est montée à la truelle !

En fait les cascades sont bien, OK, mais les espèces de sketchs lamentables portés par Florence Foresti et Jérôme Commandeur dans des personnages aussi clichés qu'ahuris embourbent le film dans les abysses de l'imagination au point zéro. Disons qu'on rit plus par malaise pour les acteurs, que par sincérité. Justement dans les acteurs la palme du plus insupportable manitou du métrage revient incontestablement à André Dussolier, un acteur que j'apprécie beaucoup et qui en fait ici des gigatonnes dans la crétinerie. J'ai eut l'impression de voir un José Garcia avec 20 ans de plus. En un sens, même le meilleur comédien du monde aurait l'air d'un parfait abruti dans ce film, donc on peut éventuellement être indulgent à l'égard des acteurs (si ce n'est d'avoir signé). Mais c'est fatiguant, les personnages n'arrêtent pas de hurler des conneries toutes les cinq minutes, l'humour est poussif et le running gag avec le gros beauf (le méchant du film) est à peine potable. 

Je me fiche maintenant de savoir que le réalisateur (et accessoirement l'équipe technique) en ait chié pour réaliser ce film (pas d'écran vert, ce qui est rare lorsque la France se met au road movie), au point de devoir tourner sur des tronçons d'autoroute de Macédoine ! Ces tronçons on a d'ailleurs tout le temps de les admirer, étant donné que chaque plan large nous rappelle que la voiture a en fait parcouru à peine 30 km durant tout le film. D'accord c'est une prouesse, mais ça ne justifie en rien une qualité aussi déplorable. Même en mode second degré, l'humour ne passe décidément pas. J'ai de toute façon du mal à Benamou, je serai d'ailleurs incapable de dire si les Baby Sitting sont des bons films... Mais on s'en fiche, tout ce qui faut retenir, c'est qu'il y a plus fun à l'heure actuelle au cinéma pour passer de bonnes fêtes, inutile donc de claquer son blé pour voir une connerie pareille.

D'habitude je ne suis jamais d'accord avec ce que Durendal dit, mais là pour une fois je rejoins parfaitement son point de vue. A 100% même.

Publié dans Films, le coffre à bobines

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