Ouija les origines (Yo Esprit, t'es toujours là ?)

Publié le par Corbeau Moqueur

Ouija les origines (Yo Esprit, t'es toujours là ?)

1969, Los Angeles, une veuve et ses deux filles extorquent de l'argent et la santé mentale des gens en organisant des séances de spiritisme bidon. Pour pimenter la chose et vivre avec leur temps, la brave maman se procure une planche Ouija (qu'on pouvait trouver dans n'importe quel magasin de jouets, si, si). Si tout se passe bien de prime abord, la cadette finit par se faire posséder par un démon en se recoiffant et bousculer le quotidien déjà bien surréaliste de la famille bien cliché.

Ouija les origines est comme son nom l'indique la préquelle du mauvais film d'horreur Ouija sorti deux ans plus tôt. Bien que jouissant d'une déplorable écriture, d'une mise en scène éculée, de personnages d'un vide abyssale et de situations abracadabrantes, le premier opus a malgré tout eu son petit succès en ayant eu la chance de sortir durant Halloween aux Etats-Unis (ce qui pour les ricains en fait un bon film) et a souffert de la même ambiance que les Paranormal Activity et autre Conjuring dans les salles françaises (donc buzz). Une ambiance que j'ai eu le malheur de retrouver inévitablement durant la séance de ce nouvel opus (VF + 17h40 + jour férié = Pandemonium !). Age moyen des spectateurs : 6 ans. Elle pleure, Ah ah ah ah c'est drôle, il l'embrasse, ah ah ah ah le nerd, *jumpscare* ah ah ah blabla, j'ai eu peur et j'en passe. J'ai donc eu droit à une séance de merde dans les règles de l'art, avec une colo, une meute d'abrutis qui passaient leur temps à parler durant chaque accalmie et des couples qui venaient là soit pour se peloter, soit pour se payer une bonne tranche de rire.

J'ai pas trop profiter du film pour ne rien vous cacher... alors que vaut donc cette très dispensable séquelle ? Ppffff... C'est indubitablement meilleur que le premier (rarement une suite n'aura eu une si grande hausse de qualité), mais ça reste au plus un film d'horreur moyen. Malgré la bonne reconstitution des années 60 et une bonne direction d'acteurs (mais une VF aux fraises), ça sent toujours la série B et qui en plus persiste à se bourrer de clichés. Je sais qu'il est de plus en plus difficile de faire un bon film d'horreur, mais il y a des écueils de mise en scène qui auraient pu être évités, comme par exemple le fait que les personnages n'arrêtent pas de vider leur sac pour contextualiser le scénario, franchement c'est de la flemmardise. 

La bande annonce est par contre pas trop mal, ça commence comme une comédie avant de basculer du côté obscur.

Le réalisateur (Mike Flanagan) n'en est pas à son premier coup d'essai, que ce soit dans sa carrière ou dans le domaine horrifique, puisqu'on lui doit le bon Oculus qui avec sa mise en scène habile parvenait à distiller une ambiance angoissante avec des thématiques sur-exploitées (Les miroirs et les traumatismes enfantins). Son prochain film, Before I Wake a d'ailleurs pas mal de potentiel et pourrait constituer un sympathique film d'épouvante. Bref, si je dis tout ça, c'est parce que c'est un bon réalisateur qui avait largement les moyens d'éviter les lourdeurs de mise en scène, tout comme il aurait aussi pu travailler davantage ses personnages, qui sont une nouvelle fois bien fades... même pour un film de commande.

En fait le réalisateur a fait un travail d'écolier : ça ne tente rien et ça reste (trop) classique. Par ailleurs, si l'ensemble s'est purifié d'une bonne partie des défauts du premier volet, reste qu'il y a un gros problème de rythme : c'est mou. On alterne les scènes de nuits et les scènes de jour avec une régularité mécanique et l'histoire peine à décoller, ce qui fait que malgré tout les efforts de la production, il y a peu de tension. Il faut attendre les 30 dernières minutes pour avoir un peu de frissons (enfin il me semble) et sentir l'intérêt poindre.

La possession me rappelle un peu la créature du court-métrage Lights out

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Bon, vous l'avez compris c'est pas avec ce film que le cinéma d'horreur va se renouveler. Mike Flanagan a quand même réussi l'exploit de tirer vers le haut une saga qui était pratiquement mort né, ce qui est déjà incroyable. Le problème c'est qu'on peut pas changer la merde en diamant, donc ça reste au mieux une bonne série B (quand on est dans l'ambiance j'entends et ce n'était pas mon cas). Pas sûr qu'on acceptera à bras ouvert un troisième opus...

Petit note et conseil, après la sortie du premier Ouija, nombre d'américains ont pensé qu'il serait marrant de tenter l'expérience chez soi et ont offert/acheté des planches Ouija en Noël 2014. Je vous déconseille franchement de faire ça (même si on peut toujours en retrouver pour 20 euros sur Amazon), parce que ce n'est pas un jouet et qu'il y a des risques (que je ne comprend pas, mais que je ne vais pas prendre pour autant). J'ai trouvé un article sympa, d'un site à mon avis pas très fiable (documystere.com), avec des sources anonymes douteuses, mais une approche plus objective de la chose et qui reste sacrément marrant pour sa liste de commentaires délirants qui s'ensuit (du genre : J'ai fait 4 parties de Ouija (sic) et j'ai vu des trucs incroyables ou priez Jésus et il vous sauvera ou le must, la psycologie je sais c'est quoi ).
Moralité : Même si le(s) films ne vous intéressent pas ne tentez pas ça chez vous.

Publié dans le coffre à bobines, Films

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