Inferno (Ligne express pour l'Enfer)

Publié le par Corbeau Moqueur

Avertissement : Surtout ne lisez pas la page Wikipédia du film, spoil assuré.

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L'heure est venue de retrouver ce bon vieux Tom Hanks, une nouvelle fois dans la peau du professeur Langdon. Sauf que tout ne va pas pour le mieux pour notre vieil expert en symbologie préféré, puisqu'il se réveille dans un hôpital italien, une cicatrice sur le crâne avec une migraine carabinée et accessoirement une amnésie perturbante. Mais pas le temps de niaiser, puisque son emploi du temps est très chargé : il va devoir échapper à une vilaine bad girl, la police, l'OMS et empêcher une pandémie mondiale en moins de 24h, avec pour seule alliée, son aide soignante.

Inferno, quatrième roman de Dan Brown sur les (més)aventures de Robert Langdon (Le Symbole Perdu n'a visiblement pas mérité son adaptation) est enfin porté à l'écran et mine de rien c'est un film que j'attendais avec une pointe de fébrilité. Déjà parce que j'ai lu tout les Dan Brown, ensuite parce j'ai adoré Inferno et enfin que j'ai apprécié les très controversés adaptations. A dire vrai, j'ai lu la bête peu après avoir vu la première affiche au cinéma (c'est à dire en Juin dernier et oui, ils perdent pas de temps). Et pour tout dire (toujours dans le vrai), je l'ai lu en un peu moins d'une journée, signe que je l'ai adoré malgré ses deux twists surréalistes (le deuxième étant la fin complètement capillotractée). Mais le problème avec Dan Brown c'est que si la mise en scène de ses bouquins est très cinématographique (en particulier Deception point), ses scénarios très fouillés (et tarabiscotés sur les bords), son écriture riche et ses thématiques controversées rendent ses adaptations assez laborieuses.

Alors pour éclairer votre lanterne il se trouve que oui, j'ai apprécié les deux adaptations précédentes. Certes le Da Vinci Code était assez lisse dans son ensemble, mais la trame était là, les personnages aussi et finalement on s'y retrouvait, il en va de même pour Anges et Démons, qui est un film que j'adore (d'accord la bande-son y est pour beaucoup) et qui, quoi qu'en disent les critiques est loin d'être aussi verbeux que le roman (qui doit être le seul Dan Brown que j'apprécie guère). Non, en fait ce qui se fâche surtout, c'est que dès qu'on commence à tripoter la religion, c'est levée de bouclier d'office et lapidation en supplément. A mon sens Ron Howard a à chaque fois cerner la substance du livre et la retranscrivait efficacement à l'écran, c'est tout. Pour accuser les scénarii, c'est vers les livres qu'il faut se tourner.

Mon avis pour ce film est très contrasté, dans la mesure où je suis resté beaucoup trop scotché au roman (comme un gros puriste coincé, oui) pour véritablement apprécier le film en tant que tel. Evidemment comme pour toutes les adaptations, des concessions ont été faites et des choses ont été changées. Le problème c'est que ces changements ne sont pas tous judicieux, déjà parce que beaucoup d'éléments importants passent à la trappe (Sienna Brook y perd beaucoup), ensuite parce que le rythme déjà bien speed dans le roman, s'accélère encore davantage dans le film et alourdit la mise en scène. Par ailleurs, le rythme est inégal : les 20 premières minutes ont dû facilement résumer 100 pages faciles et après on alterne entre des moments de poursuite entre un cameraman fou et les acteurs et des accalmies très plates, ponctués de dialogues et de raccourcis scénaristiques douteux.

Malgré tout si le scénario avance en claudicant, tout va extrêmement vite ! Je me demande d'ailleurs si lorsqu'on ne connaît pas le livre, on est pas un peu paumé, parce que j'ai moi même eu quelques soucis pour suivre la trame, tant ça part dans tout les sens. Les révélations et les Deux Ex Machina s'enchaînent à 200 à l'heure, du coup la mise en scène en pâtit puisqu'on passe d'une course poursuite qui donne la migraine à un trilogue à l'océan, puis retour sur les fuyards et tac, on alterne avec les poursuivants avec un ratio d'une seconde chacun... Nom de Dieu, mais calmez-vous ! On comprend plus rien.

Vite courons !

Vite courons !

Vite courons à nouveau !

Vite courons à nouveau !

Par ailleurs le film souffre d'un gros défaut et non des moindre, à savoir un mauvais traitement de ses personnages. J'ai pas grand chose à redire quant au choix de casting (qui est à mon sens très judicieux), sauf pour le personnage d'Omar Sy, qui en plus d'être interprété laborieusement (en VO), n'est absolument pas justifié et embrouille davantage une trame narrative déjà bien chargée niveau personnage. Sienna Brook n'est absolument pas approfondie et surtout le personnage de Bertrand Zobrist n'a plus rien d'ambigüe et se résume à un gros fou furieux mégalo voulant éradiquer 90% de la population mondiale. Par contre, ils ont revisité la relation entre Robert Langdon et Elizabeth Sinskey, pourquoi pas.

Malgré tout, Inferno est là, peut-être pas comme je l'aurai voulu, mais la trame est là (avec plus d'incohérences), les décors sont là, la mise en scène est pas mal, surtout pour les séquences d'hallucination et les scènes d'action et Ron Howard a eu le bon goût de changer la fin (qui quoi qu'en disent les fans étaient complètement nawak dans le livre), quitte à supprimer la dimension réflexive qui en découlait. Je vais juste terminer par une chose qui moi m'a pas mal frustrer (en plus du reste, oui) c'est la bande-son.

Une fois de plus on retrouve certes Hans Zimmer derrière la partition, sauf que là j'ai vraiment trouvé son travail feignant. Le gros du thème ressemblait peu ou prou à la B.O. de Tron Legacy et le thème principal qui a traversé les deux premières adaptations est quasiment absent de tout le film (en fait il est présent de manière très éthéré dans quelques passages). Dommage. Néanmoins je préfère Hans Zimmer à la voisine particulièrement irritante à ma droite qui n'arrêtait pas de lâcher une foire de Hum. Hum ? Hum ! Huuuum. Hum !? et des Putains. Oh mon Dieu. Oh non. C'est pas vrai. Putain, à voix haute et en dépit des appels au calme fleuris de ses voisins.

Quelque part j'ignore s'il vaut mieux avoir lu Inferno ou non avant de voir le film, tant l'adaptation doit diviser les fans. A mon sens ce n'est pas la meilleure adaptation des Dan Brown, mais ça n'engage que moi. J'ai pas détesté ce film, mais je ne l'ai pas non plus vraiment aimé, en grande partie parce que j'étais trop proche de la version papier. A vous de voir, le film est pas mauvais, surtout venant d'un réalisateur qui a un plus de 60 ans, mais si vous avez vu le livre, sachez que ça peut coincer.

Publié dans Films, le coffre à bobines

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