Alliés (je t'aime, moi non plus)

Publié le par Corbeau Moqueur

Alliés (je t'aime, moi non plus)

Alors que la Seconde Guerre Mondiale bat son plein, l'espion allié québécois (en VF) Max Vatan est envoyé à Casablanca pour une opération d'assassinat en collaboration avec la résistante française Marianne Beauséjour. En moins de deux va débuter une relation très chaleureuse, qui, histoire ne pas perdre de temps, aboutira sur un mariage dans la ville toujours aussi ensoleillée et accueillante qu'est Londres. Entre deux bombardements, une tasse de thé et une petite culbute, leur vie est douce et tranquille. Heureusement pour nous, le scénario va être un peu bousculé quelques mois plus tard lorsque Max est informé par les services secrets britanniques que sa femme pourrait être une espionne allemande...

Dernier né de Bébert Zemeckis, Alliés est le film qui avait tout pour réussir avec un terreau favorable aux films de qualité (la Seconde Guerre Mondiale), un scénario certes léger mais porté par un duo potentiellement efficace, une ribambelle d'acteurs talentueux, son compositeur fétiche et une ambiance troublante. Sauf que Bébert a voulu faire vintage et s'est limité à une grosse romance débordante de sentiments et de dialogues plan-plan comme on évite d'en faire maintenant. Beaucoup comparent d'ailleurs ce film au tromblon Casablanca (1942 donc un vieux tromblon), ce que je ne risque pas de faire, étant donné que je ne l'ai pas vu. D'ailleurs je n'ai pas besoin. En fait ce film est une sorte de gros catalogue d'archétypes mis bout à bout, ce qui, en conséquence, n'exploite que peu le filon du cinéma d'espionnage et surtout donne un rythme furieusement mou du genoux.

Véritable trailer en VFQ

Sans compter que la direction d'acteur elle même est perfectible. Les gens renvoient la balle tantôt à Brad Pitt, tantôt à Marion Cotillard et c'est d'ailleurs les performances de cette dernière qui sont louches. En clair, l'actrice peine à convaincre en espionne ambiguë et semble beaucoup trop placide pour réellement investir son personnage. D'ailleurs comme l'essentiel du métrage se joue sur les sentiments, son personnage n'a que peu de profondeur et franchement si le grand final est un peu âcre, le dernier plan m'a fait hurlé intérieurement tant ce genre de mise en scène devrait être interdit.

J'ai trouvé ça épouvantablement chiant... et ça m'embête parce que j'apprécie tout ce que fait Zemeckis, mais ses deux derniers films manquent cruellement de profondeur. Le problème ici c'est que l'émotion qui s'étire pendant 2h quasi-non stop n'est plus d'actualité. Maintenant le cinéma c'est de l'instantané, des cuts trop serrés, une caméra remuante et non des décors parfaits, un cadrage minutieusement travaillé pour laisser place au souffle romanesque. Alors oui, c'est très bien filmé (niveau technique rien à redire) et bien aéré (ce dont beaucoup de films devraient prendre exemple), mais il semble qu'on soit devenu peu ouvert aux brusques élans sentimentaux.

Ce genre d'archaïsme va bien sûr plaire à une bonne tranche de personnes, mais avoir aussi pas mal de problèmes avec un public plus "formaté" et au-delà ça, un public peu amène au romantisme pur et dur... comme moi. Plus simplement, disons que pour les personnes avides de réalisme et de noirceur, il faudra passer votre chemin.

C'est vraiment trop clean...

C'est vraiment trop clean...

Publié dans le coffre à bobines, Films

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