Miss Peregrine et les enfants particuliers (Le retour de Tim Burton)

Publié le par Corbeau Moqueur

Miss Peregrine et les enfants particuliers (Le retour de Tim Burton)

Jake, adolescent ordinaire et peureux, vit une vie paisible en Floride en compagnie de ses parents pétés de thunes, jusqu'au jour où son grand-père - qu'il adulait tant - meurt de manière douteuse. Il découvre alors que les histoires que son aïeul lui racontait dans son enfance, sont basées sur un endroit et des personnes bien réelles : l'Orphelinat de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Le mystère et le danger vont toutefois s'accroître rapidement lorsqu'il va nouer des liens avec les résidents et connaître leur "particularité", ainsi que leurs puissants ennemis...

Enfin un bon Tim Burton ! Après le très coloré, mais mal aimé Big Eyes et avant ça, la parodie Dark Shadows, le réalisateur a décidé de renouer avec son style fantasmagorique qui le caractérise tant. Ce qui n'a en fait rien d'étonnant, puisque le livre original est du sur-mesure pour le réalisateur et s'inscrit sans problème dans son imaginaire tordu. Même si c'est de notoriété publique depuis un bail maintenant, Miss Peregrine et les enfants particuliers c'est avant tout une trilogie de littérature jeunesse, avec une ambiance inhabituelle et un univers singulier. A titre personnel, j'ai lu les deux premiers bouquins (j'ai raté la sortie du troisième), quand j'ai su que Tim Burton allait s'occuper d'une adaptation. Et effectivement ça sort de l'ordinaire, le premier tome rappelle même Big Fish, avant de basculer dans un récit plus conformiste.

Dans l'adaptation, on retrouve ce qui faisait le charme du premier livre, avec l'empreinte burtonienne et tout ce qui va avec, c'est à dire une colorimétrie calculée, des double sens chers aux critiques-analystes obsédés et surtout du fantastique oscillant entre le macabre et le merveilleux. En conséquence et ce malgré l'absence de "PG", c'est pas vraiment pour les (jeunes) enfants... et je pense que les nombreux parents qui ont emmené les leurs durant la séance ont dû s'en mordre les doigts dans certaines séquences. Parce qu'avant d'être Mars Attack et Charlie et la Chocolaterie, Tim Burton c'est surtout Sleepy Hollow et Sweeney Todd, donc Miss Peregrine le film, c'est un peu comme offrir Le Labyrinthe de Pan à son gamin de 8 ans (en plus abordable, il est vrai)...

Plutôt que d'adapter entièrement la trilogie, Tim Burton s'est contenté du premier tome, qui collait plus avec son univers à lui et surtout, qui autorisait davantage les disgressions et une fin différente. Parce que comme toute adaptation lambda, des disgressions il y en a, quelques fois mineures, mais la plupart du temps elles changent radicalement les relations entre les personnages (les personnages d'Olive et d'Emma sont inversées), voire les personnages eux-mêmes (les sépulcreux) et simplifient l'intrigue (les origines des sépulcreux et des estres). Je dirai que c'est normal puisque le matériel de départ est assez lourd, mais il y a quand même quelques faux pas, avec un certain nombre d'incohérences (tout ce qui est lié aux boucles n'est pas très maîtrisé), de lourdeurs (l'affrontement final) ou de moments awkward (le sépulcreux dans la boucle). Mais du côté des disgressions, les sépulcreux s'en sortent gagnants, parce qu'ils sont beaucoup plus "classes" que dans le livre en ressemblant énormément au Slenderman.

Mais là je pinaille, je vais certainement pas gâcher mon plaisir, ça fait un bail que j'ai pas passé un moment comme ça devant un film de Tim Burton. L'adaptation est réussie, la bande originale, même si elle n'est pas signée Danny Elfman (et c'est dommage), enveloppe magistralement le film (pour les influences : Alice au Pays des Merveilles et La jeune fille de l'eau), la 3D est pratiquement inutile et le casting a 5 étoiles.

La star du film... qui n'est présente que durant 1/3 du métrage

La star du film... qui n'est présente que durant 1/3 du métrage

Bon la plupart des gens ont taillé un piedestal de diamant pour Eva Green (considérée aussi comme le gros plus du film), comme Leonardo DiCaprio pour The Revenant. J'aime pas ce genre d'imagerie et je partais pas gagnant, mais je dois avoué que l'actrice fait plus que du bon boulot, puisqu'elle parvient même à donner de la profondeur à son personnage (qu'on a bien du mal à cerner dans les livres) et avoir une forte présence à l'écran. Donc à ce niveau là rien à redire, mais elle est pas toute seule puisque les professionnels cotoient les amateurs (parmis les enfants et les ploucs). Je serai tenté de dire que Samuel L. Jackson fait du Samuel L. Jackson (type Pulp Fiction), mais c'est pas trop le cas, l'acteur a surtout choisi de ne pas accentuer le côté sinistre de l'antagoniste, en lui donnant un ton plus léger par ses mimiques et son cabotinage. Judi Stemp ne sert pas à grand chose, tout comme Ruper Everett, par contre il y a un caméo de Tim Burton (dans la bataille de la fête foraine durant un peu moins d'une seconde).

Les choses sont moins agréables lorsqu'on passe du côté des gamins. Pas grand chose à redire avec Asa Butterfield (même si le personnage original a un côté plus bad boy), ni pour les autres ados, par contre la justesse des plus jeunes est beaucoup plus perfectible... surtout en VF. La VF n'est pas mauvaise, loin de là (Thierry Desroses et Marc Cassot sont quand même de la partie), elle manque par contre cruellement de conviction (le doubleur d'Asa Butterfield est vraiment aux fraises). Donc VO, si vous avez le choix.

Miss Peregrine et les enfants particuliers (Le retour de Tim Burton)
Miss Peregrine et les enfants particuliers (Le retour de Tim Burton)
Miss Peregrine et les enfants particuliers (Le retour de Tim Burton)

Franchement c'est un film à voir, dès les premières minutes un sentiment d'étrangeté se dégage de l'écran et c'est ça qu'on aime chez Tim Burton. Malgré un début assez lent (également présent dans le bouquin), le film est vraiment bon et les 2h de métrage passent sans soucis. On retrouvera donc le réalisateur pour la suite de Beetljuice (Beetljuice 2), mais là je sais pas trop si je doit m'en réjouir ou non...

Publié dans le coffre à bobines, Films

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vivi 16/10/2016 23:00

Je ne suis pas fan de Tim Burton. Néanmoins, ton article donne envie d'aller voir ce film :o)

Corbeau Moqueur 16/10/2016 23:07

Eh bien j'espère que tu passeras un bon moment, mais je te l'accorde Tim Burton c'est particulier et je connais pas mal de personnes dans mon entourage qui n'aime pas, mais alors pas du tout sa production.