Halloween et l'horreur, que du bonheur !

Publié le par Corbeau Moqueur

Halloween et l'horreur, que du bonheur !

Debout les morts, c'est votre jour de gloire... ou votre nuit, selon. Halloween, la fête qu'on ignore royalement en France, mais qui pourtant fait la joie des dentistes, du cinéma d'horreur, des métalleux,  la phobie des âmes sensibles, ainsi que le beurre de la presse. Mon programme est très simple : ça fait plus de deux mois que les Halloween de Rob Zombie traînent sur mon disque dur juste pour cette occasion, je vais enfin pouvoir les visionner en circonstance (c'est cliché, mais je les ai jamais vu, pas plus que l'original de Big John)

Grosse ambiance en perspective

Grosse ambiance en perspective

Alors plutôt que de regarder pour la énième fois The Nightmare before Christmas, Scream, Halloween, Ring, A nightmare on Elm Street et autres joyeusetés. Voici peut-être de quoi passer une bonne soirée potiron de bien des manières (oui c'est en quelque sorte un top) :

1) Trick 'r Treat

Un film bien sympa réalisé en 2007, signé Michael Dougherty et prenant place un soir d'Halloween dans une ville paumée entre une forêt et un ancien lac (probablement dans le Maine donc) où moult événements vont venir se télescoper dans la soirée. A mi-chemin entre l'horreur pure et dure et la comédie noire déjantée, le film est plutôt originale dans son montage et n'hésite pas à prendre les clichés à contre-pied, tout en mélangeant allègrement les genres horrifiques : de la classique épouvante au torture porn en passant par la home invasion et le slasher habituel. Les acteurs sont bons, la bande-son aussi, reste que si le film est généreux en contenu, on est tenté d'en redemander davantage (1h20 c'est trop peu).

2) Society

Alors là attention, on entre dans la sphère du bizarre et du kafkaïen. Society est un film qui date un peu (1989), qui fut également la première réalisation de Brian Yuzna et qui est vraiment particulier (j'aurai même pas pensé à le proposer si je ne l'avais pas croisé purement par hasard dans des tops hasardeux). Le film suit Bill Whitney vivant à Beverly Hills avec ses parents et sa soeur. Comme c'est un film d'horreur, le garçon est un peu dérangé et suit une thérapie à cause des cauchemars malsains qui se répètent chaque nuit. Il devient rapidement paranoïaque et en vient à soupçonner que ses proches ne sont pas ceux qu'ils prétendent être.

Alors la paranoïa c'est du classique c'est vrai et ça donne du bon, du très bon ou du mauvais. Society est bon et utilise la paranoïa comme outil satirique des classes bourgeoises, où derrière la belle prestance et les grandes masures se cachent tous les excès de leur petit monde (orgie, inceste et plus si affinité). Le film met du temps à démarrer, mais l'humour et l'intrigue bien écrite contrebalance cet aspect. Le final est très gore, les effets spéciaux ne sont pas sans rappelés l'Oeuvre de Big John, mais le vrai point horrifique de ce film aujourd'hui réside à n'en point douter dans les épouvantables coupes ringardes des protagonistes branchés, surtout la quasi-nuque longue de Bill.

Une bande annonce comme on en fait plus !

3) The Grudge

Pour ce film vous pouvez aussi bien regarder la version japonaise de Takashi Shimizu ou le portage américain de... Takashi Shimizu, qui quoi qu'en disent les critiques (acerbes) est un très bon film qui reprend l'horreur dégénérée de son prédécesseur japonais en s'adaptant à un public moins patient. En fait son réalisateur a réalisé trois fois ce film : une première fois pour la vidéo, une seconde pour les salles japonaises et une troisième pour le cinéma américain (qui fut également produit par Sam Raimi). C'est d'ailleurs la version américaine que j'ai visionné. Une fois que vous aurez visionné ce film vous ne vous coucherez plus jamais de la même manière : A Tokyo, dans ce qui paraît être en apparence une paisible demeure, se terre en réalité une épouvantable malédiction : quiconque en franchit le seuil se voit pourchasser par deux entités jusqu'à sa mort. Et devinez quoi ? Une jeune américaine va se retrouver confronté à ce petit problème...

Il y a beaucoup d'éléments intéressants dans ce film, à commencer par sa construction narrative sympathique, les multiples avatars de la malédiction et surtout pas mal de moments horrifiques. Les acteurs jouent bien et le mélange américain-japonais est bien mis en scène (les japonais ne parlent pas anglais entre eux). On entre très rapidement dans le vif du sujet et le rythme est plutôt soutenu. D'autre part le thème de la vengeance qui est ici au coeur du film, n'étouffe pas non plus l'enquête du commissaire Sushi et les sous-intrigues. Indéniablement c'est une bonne purge, même si ça ne peut plaire à tout le monde, de par ses ressorts horrifiques et son ambiances particulière. Le réalisateur a fait une suite, déclinée en deux versions et si la version japonaise a des qualités, je ne les ai absolument pas perçues dans la version américaine. Au passage le réalisateur va nous sortir un film dans la lignée de Freddy VS Jason en opposant Sadako (la créature de The Ring) à Kayako (la chevelue de The Grudge), dans un film sobrement intitulé : Sadako VS KayakoAvis aux amateurs.

L'affrontement ultime ? En tout cas le choix de la chanson est douteux (même si en soi elle sonne bien, noroi no shanana pour ceux qui veulent savoir).

4) Martyrs

La french touch entre en scène, dans un film sorti en 2008 et signé Pascal Laugier. Moitié thriller psychologique, moitié horreur et beaucoup de drame par-dessus, le film prend un virage à 90° passée la première moitié. Mais je peux peux déjà parler du début : dans les années 1970 la jeune Lucie fut victime d'un kidnapping et retrouvée errante sur une route de campagne. Quinze ans plus tard, elle se lance à la recherche de ses ravisseurs... et retrouve l'un d'entre eux, mais réalise que son calvaire est loin d'être fini...

Ce que j'aime dans ce film c'est son histoire. Bien qu'en apparence très déjà-vu, elle est en réalité très déroutante et prend une tournure totalement inattendue. Très violent et pourtant jamais gratuit, le film n'est surtout pas pour les plus jeunes, surtout avec la réputation sulfureuse qui l'accompagne et son aura médiatique lors de sa sortie (une histoire de censure abusive). Certains y voient une oeuvre grotesque ennuyeuse et/ou misogyne, tandis que d'autres y voient un coup de génie. Mouais, personnellement j'ai plutôt apprécié la chose, même si l'ensemble fait vraiment too much une fois la dernière image estompée. A vous de voir. Sachez cependant que Martyrs a droit à un remake américain et comme les américains pompent surtout ce qui marche...

Pegi 18

5) James Wan

Je pouvais difficilement ne pas parler d'un de mes cinéastes préférés en matière d'horreur, mais difficile de choisir parmi toute sa filmographie : Saw, les Insidious, le plus classique Dead Silence, les deux Conjuring, le thriller Death Sentence, Fast and Furious 7 qui quelque part est une oeuvre horrifique et... Aquaman ?? Sérieusement ?! Meilleure nouvelle de la journée ! Malgré quelques écarts, le cinéma de James Wan est essentiellement tourné vers l'horreur et c'est un terrain qu'il maîtrise pratiquement à la perfection.

Que ce soit dans les cadrages, les techniques de filmage, les atmosphères ou les ressorts horrifiques, en regardant l'un de ses films vous êtes sûr de flipper un bon coup. Si je devais en retenir seulement un seul, ce serait Insidious pour son imaginaire glaçant, ses jumpscares décalés, son atmosphère lourde et son scénario propre et direct. Faîtes vos jeux.

6) Une nuit en enfer

Je parle ici du film et non de la série du même nom, sur la même trame, ce qui la rend d'ailleurs beaucoup trop longue et lente. Dans le genre gros mélange ce film est particulièrement réussi. Tout commence comme un bon vieux Tarantino (qui joue d'ailleurs dedans) avec des dialogues longs et volubiles ponctués de détonations sanguinolentes, avant de basculer brutalement dans le gros n'importe quoi. Pour ce genre de film je ne devrai même pas parler du scénario, pour ne rien vous gâcher, mais voici quand même le début : Après un braquage réussi, deux criminels prennent en otage une famille bande à Raoul près de la frontière mexicaine pour franchir la-dite sans encombre et terminer leur mission en retrouvant leur patron (ou équivalent) dans un bar pour routier. Mais la soirée va s'annoncer très mouvementée.

A sa sortie le film a mis à mal les critiques qui ne savaient pas vraiment dans quoi le ranger. Un running gag récurrent des "oeuvres" de Robert Rodriguez, qui s'est clairement fait plaisir avec son pote Tarentino. Certains comme Télérama (une fois de plus) ne ce sont d'ailleurs pas fait chier : brouillon de sous-culture, vilain petit nanar de l'été. Dommage pour eux, ils sont complètement à côté de la plaque. Le film n'est pas un chef d'oeuvre, mais fait passer un très bon moment c'est certain : les acteurs sont excellents et leurs personnages juste hilarants, la mise en scène est géniale et le mélange des genres est un joyeux bordel éclatant. Allez pour bien se marrer ce soir regardez-le.

Attention ! La bande annonce en dit trop !

7) Dead Snow

Voyons voir, on continue dans la parodie avec cette fois une comédie disjonctée complètement hystérique avec des nazis zombies à la montagne contre des étudiants de médecine. Vous n'aimez pas les médecins et encore moins leurs apprentis, alors vous allez être heureux parce que la chair va voler dans toutes les directions pendant 1h30 de délire. Evidemment la nanardise est voulue et son réalisateur (Tommy Wirkola) l'assume jusqu'au bout en incitant les acteurs à en faire des caisses et en se laissant aller aux clichés du genre. Problème : la première partie manque clairement de rythme. Mais bon les spectateurs apprécieront peut-être les références aux classiques de l'horreur, dont le film est jonché. 

J'ai besoin d'en dire plus ?

8) Shaun of the Dead

Parodie à peine voilée de Dawn of the Dead de Zach Snyder sorti un an avant, lui-même un remake du film Zombie de Romero, cette parodie d'Edgar Wright fait plus que le café en mélangeant le style volubile et burlesque du cinéaste et la parodie classique de zombie. L'histoire est très simple : alors que Shaun s'est fait larguer par sa copine, les zombies envahissent Londres. Un mal pour un bien, puisque le valeureux pochtron va pouvoir montrer de quoi il est capable à sa belle...

Premier volet de la Trilogie Cornetto, ce film est pour moi le moins bon, mais comme il y a des zombies... On retrouve déjà les stars iconiques de la trilogie : Simon Pegg et Nick Frost entourés de toute leur clique et de leur aura légendaire. Ce film aurait pu être un gros nanar et pourtant a réussi à tirer son épingle du jeu principalement grâce au traitement de ses personnages. Ces derniers priment en effet sur les zombies qui font plus office de figurants, bon à mettre en lumière les protagonistes. Et ça marche. Le film ne fait pas peur, mais ne crache pas non sur le gore pour autant. On appréciera les multiples références aux icônes de l'horreur, aux jeux-vidéo, aux multiples séries B, bref à tout ce qui a trait à la pop culture. A voir en priorité si vous aimez l'humour anglais (difficile avec le Brexit mais tant pis).

9) Scary Movie

Difficile de ne pas parler de la parodie sans passer par les Scaries Movies. Alors autant être clair, l'humour est beaucoup plus démonstratifs, trash et lourds que Shaun of the Dead, mais si les allusions sexuelles et le registre scato ne vous dérange pas alors faites vous plaisir parce qu'on passe par Scream, la Maison du Diable, Charlie et ses drôles de Dames, l'Homme invisible, Ususal Suspects, Signes et j'en passe. Des fois ça rate et ça bascule dans le gros navet, mais force est de constater que dans l'ensemble ça fonctionne plutôt bien, même si franchement l'humour devient de plus en plus lourd au fil des opus.

Les acteurs sont inégaux, certes le cabotinage est de mise, mais certains force beaucoup trop le trait et la VF n'arrange pas franchement les choses. Mais bon Anna Faris se démerde plutôt bien et Leslie Nielsen rejoint le casting à partir du troisième volet. Outre les références à la pop culture et les blagues lourdingues, parfois limites-limites, l'humour général s'inscrit dans ce qu'on peut trouver dans les Y a-t-il un flic pour..., le côté ado branché en plus. Et en soi, c'est pas une mauvaise idée, d'autant plus que ça fonctionne et ça colle au genre. Bon par contre, on sent qu'avec le quatrième volet, les scénaristes n'avaient plus trop d'idée, pourtant c'est le seul film où pourrez voir The Grudge, la Guerre des mondes, The Village et Saw assemblés dans un tout à peu près cohérent.

Parfois il faut penser à s'arrêter à temps

10) La cabane dans les bois

On revient dans un registre plus sérieux, sans pour autant être dénué d'humour (noir) avec ce film sorti en 2011, signé Drew Goddard et prenant à rebours tout les codes du genre de manière assez originale. L'histoire commence comme n'importe quel Evil Dead et autre hantise forestière : Thor et ses quatre amis vont passer un week-end dans une cabane perdue dans les bois, sauf qu'en moins de d'1h tout va dégénérer...

Oui, la cabane dans les bois c'est du vu et revu, je sais... sauf que là non, passée la séquence Evil Dead le film prend un virage complètement barré et dégomme tous les gros clichés du genre en prenant un cadre plus mythologique, voire science-fiction à coups d'effets spéciaux aussi réussis que violents. Les acteurs sont biens et leurs personnages prennent à contre-pied les stéréotypes du genre, d'autre part la bande-son est sympa et l'atmosphère réussie. La fin est quant à elle à l'image du film : awkward et complètement à l'ouest. Honnêtement voilà un bon moyen de mixer horreur et humour sans concession, même si l'ensemble relève plus de la comédie horrifique que du film d'horreur pur et dur.

Voilà, il va de soi que l'ensemble n'est absolument pas exhaustif, j'ai d'ailleurs volontairement écarté les grands classiques types L'Exorciste, Shining, Poltergeist et The Thing, pour me tourner vers le moins conventionnel. Et vous, qu'allez regarder ce soir ?

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