Joe Plastic (GCA #4)

Publié le par Corbeau Moqueur

Aller au cinéma c'est aussi le moment pour certains de se baffrer de confiseries, achetées une blinde à l'accueil ou au stand homonyme. Quoi de mieux après tout que de s'enfiler une queue supplémentaire pour avoir le privilège de machonner des pop-corns tièdes et des sachets de 500g de friandises vendus au même prix que ceux de 2 kg dans le commerce. Oui mais voilà, manipuler un sac plastique pendant la séance c'est assez pénible, déjà pour son heureux détenteur qui n'entend plus la moitié des répliques à chaque fois qu'il a la mauvaise idée de piocher une grosse pincée de sucre ; ensuite pour ses proches voisins, voire le reste de la salle, lorsque cet arriéré le fait en plein milieu d'un blanc, d'un passage oppressant, d'un dialogue brut ou d'un chuchotement.

Evidemment c'est le problème de ce genre de matériaux, mais il y a quand même plusieurs espèces de Joe Plastic, d'abord ceux ci-dessus, qui ont achetés quelques mets à grignoter durant leur séance, puis ceux qui viennent de faire leur shopping et clôturent leur dure journée par une séance de ciné (en fouillant compulsivement dans leurs achats avant et pendant la séance) et enfin ceux qui comptent ingérer des denrées trimballées dans des sacs en plastique. Mais dans pratiquement tous les cas, ces spécimens ont deux techniques différentes pour piocher dans leur musette :

  • la première consiste à penser (à tort) que si on y va doucement, ça réduira les décibels de 80%, dans la pratique on a juste tout le loisir d'entendre le plastique et/ou l'aluminium se défroisser pendant une éternité.
  • La seconde c'est d'y aller franco et de précipiter sa main dans le sac aussi soudainement et rapidement qu'un pochtron sur sa boisson, pour la ressortir aussitôt de manière à réduire la durée du vacarme. D'ailleurs si certains font ça pour la bonne cause, d'autres s'en battent la couenne et agissent comme ça juste pour se remplir la panse. Petit problème avec cette méthode bruyante (et salissante) : lorsque le Joe Plastic fait ça à la même cadence que le siphonneur de pop-corns* vous êtes dans la merde pendant 10 minutes.

​Ce genre de chose est normal dans un cinéma et on y a droit dans pratiquement chaque séance. Les choses se corsent quand les Joe Plastic font ça sciemment, parce que si le film ne correspond pas à leurs attentes ou qu'ils sont simplement là pour se divertir, il y va de leur honneur de malaxer avec hargne le sac ou la bouteille (toujours en plastique) qu'ils ont sous la main pour ruiner la séance de tout le monde. Vous l'avez compris c'est encore une fois dans les films étiquettés horreur ou thriller que ce genre de choses arrivent... mais pas seulement. Dans n'importe quel film, de n'importe quel genre, il arrive qu'un Joe Plastic se mette compulsivement à chiffoner ou fouiller dans un sac pour... pour rien. La théorie la plus plausible serait que le mâle appelle à la reproduction et cherche à faire tourner la tête (et le rectum) d'une femelle réceptive.

Joe Plastic (GCA #4)

*Les siphonneurs de pop-corns et autres enflammés du tactac fonctionnent peu ou prou de la même manière que les Joe Plastic, c'est à dire involontairement (si l'on excepte les irrigateurs de maïs). Il y a trois catégories de mangeurs de pop-corns :

  • Les charmants ruminants qui machonnent paisiblement au fil de la séance, comme une vache apathique devant cow boy excité.
  • Les tendus de la pousse qui vont se contenter de picorer prosaïquement, avant d'engloutir une bonne moitié du paquet pendant les scènes dynamiques (s'investir ça consomme).
  • Les siphonneurs de pop-corns se rapprochent beaucoup des tendus de la pousse, si ce n'est qu'ils vont se mettre à s'empaffer à partir de n'importe quel moment et ne cesseront leur aspiration compulsive que lorsque l'intégralité du contenu de leur paquet ait atteri dans leur bide. Suivant ce genre de pathologie, la main du spécimen se transforme pratiquement en pelle et ammasse une quantité colossale de maïs toutes les 3 ou 4 secondes jusqu'à épuisement des stocks. Le machonnement et le souffle du spécimen est également immodéré.

​Pas de risque de contamination, mais une tendance au mimétisme notée sur les différents cobayes et spécimens rencontrés, un conseil donc : maîtrisez-vous.

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