Instinct de survie (les vraies dents de la mer)

Publié le par Corbeau Moqueur

Instinct de survie (les vraies dents de la mer)

Si vous êtes thalassophobes ou squalophobes, je vous déconseille franchement d'aller mater ce film (sauf si vous souhaitez vaincre votre pire phobie), qui est en quelque sorte une version hardcore et plus réaliste des Dents de la mer de ce cher Spiepiel. Le scénario est donc très simple, on prend une surfeuse photogénique, on fait en sorte qu'un squale vienne lui croquer les guiboles, on la place sur un rocher à 150 mètres de la terre ferme en compagnie d'une mouette (ça aurait pu donner lieu à une blague, mais c'est pas le cas ici) et hop, 1h15 de survie anxiogène.

Pourtant ça partait mal, avec une séquence maillot de bain et de surf boosté par des ralentis à la Alerte à Malibu (ça devrait être interdit ce genre d'effet de mise en scène), où l'on a tout le loisir d'admirer les formes rebondies et ballotées par les flots de Blake Lively. Très franchement si c'est bien filmé, je vois pas trop ce qu'ils cherchaient à faire à travers ces angles de caméra vicieux. Mais hormis les cadrages sulfureux du début et les ralentis houleux, la mise en scène est extrèmement immersive et fait preuve aussi d'ingéniosité (la communication par smartphone notamment, montrant au passage que Nerve n'est pas un pionnier du genre).

Le film aurait presque pu être un fan footage, les premiers images du film le laisse d'ailleurs penser. Etant donné qu'on suit surtout la surfeuse boiteuse et que beaucoup d'effets de mise en scène (le chrono) nous mette à sa place, le film aurait été tout aussi réussi (quitte à donner mal à la tête et introduire une go pro). Mais plus important, on a enfin un beau squale (ou plutôt une belle d'après ce que j'ai compris,), réalisé entièrement par ordinateur et incorporant un certain nombre de moments de stress.

Cependant, ce serait trop beau de penser que le film est parfait, parce que c'est pas le cas. J'y connais rien en matière de courant océanique et de créatures marines, mais je doute franchement qu'il soit possible de voir le même jour une escadrille de dauphins, un(e) grand(e) requin blanc et une baleine sur une plage du Mexique. J'ai pas vraiment l'impression après qu'il y ait eu beaucoup d'incohérences dans le film (à part peut-être la présence du pochtron sur la plage), mais je trouve la solution finale un peu capilotractée. Sans compter que c'est une manie visiblement chez les requins de se coincer un truc dans la mâchoire au cinéma... Le film se conclut d'ailleurs par une morale singulière, mais qu'on retrouve finalement dans pratiquement tous les faits divers liés au surf.

L'héroïne du film

L'héroïne du film

Je parlerai pas de la bande son, à laquelle je n'ai pas fait attention mais qui accompagnait admirablement ce qui se passait à l'écran. Niveau personnage, ça se résume à une mouette et Blake Lively qui prend très cher tout le long du film (et accessoirement un requin). A croire que les gros plans du début étaient placés là à des intention purement sadomasochistes de la production (Vous aimez ses longues jambes ? Regardez. *SHRAC* mwah ah ah ça gicle, j'aime quand ça gicle).

Bon ça casse pas trois pattes à un canard (ou une mouette selon) mais ça reste une sympathique série B et un bon film de requin, ce qui change des Sharknado à la pelle, Mega Shark VS Mecha Shark et toutes les autres merdes habituelles.

Publié dans le coffre à bobines, Films

Commenter cet article

Louisa 26/12/2016 15:12

J’ai voulu voir ce film, car la bande-annonce m’avait beaucoup plu, mais quelle déception ! Le scénario est trop simpliste, ça tourne en rond. Cependant, il faut avouer que la prestation de Blake Lively est remarquable.