Dans le noir (Achluophobes passez votre chemin)

Publié le par Corbeau Moqueur

Dans le noir (Achluophobes passez votre chemin)

Adapter un court-métrage est un pari risqué : ça passe ou ça casse. David F. Sandberg a franchi le pas et s'en est plutôt bien tiré, il faut dire aussi qu'avec son court-métrage on en redemandait et à ce niveau là on est servi. Dans le noir est donc la version scénarisée incluant 1h18 de film supplémentaire et reprenant le même principe : à chaque fois qu'on éteint la lumière, une créature humanoïde à la chevelure abondante fait son apparition.

Une idée simple, mais qui introduit un grand nombre de possibilités horrifiques, très souvent bien exploitées dans le film. Ceci étant, ça reste une idée simple dont la substance risquait d'être vite exploitée, c'est pour ça qu'il y a un scénario. Un scénario qui montre très rapidement ses limites, car trop focaliser sur ses personnages, sans compter que la bande-annonce en dit beaucoup trop.

Une bande annonce qui spoil beaucoup trop une intrigue bien trop fine

Mais si on se concentre sur l'ambiance, c'est une franche réussite : l'ambiance est oppressante, les jumpscares sont majoritairement réussis (et pas trop nombreux) et la dernière demi-heure répond à toutes nos attentes. Bon par contre la fin est un peu vite torchée. Sans égaler celle de Sinister qui bat tous les reccords à ce niveau là, on était plus en droit d'attendre une fin ouverte pour ce genre de métrage, surtout quand on connait les facultés de l'entité. Malgré tout j'en aurais pas redemandé, parce que vous le croyez ou non, mais j'ai quand même senti quelques longueurs au cours de la projection. Toute cette fichue langueur autour de la famille alourdit le film et certaines séquences de dialogues auraient carrément pu être gommé, au profit de quelques apparitions de nocturnes.

Enfin c'était le risque, passer d'un court métrage à un (petit) long métrage n'est pas une tâche aisée et en cela, le film est sujet à un certain nombre de défauts. Outre le scénario malingre et le ryhtme claudicant du métrage, les personnages tombent aussi dans les archétypes du genre : une famille, un père barré, un beau-père en charpie, une femme éffondrée, un gamin de primaire et une soeur aux gouts musicaux irréprochables, devinez qui va faire la connaissance de la bestiole en premier. Oui, le gamin avec les dessins qui révèlent sa psyché (bon techniquement c'est la mère et la soeur, mais au montage c'est le môme en premier).

Derrière toi idiote !

Derrière toi idiote !

Je vais quand même passer l'éponge pour ce film, parce que les bons films d'horreur c'est rare et que j'ai eu ce que je voulais (j'en attendais pas moins d'un film produit par James Wan). Comme c'est une production de James Wan, il y avait aussi le risque que ce soit un poulailler, mais là j'était plutôt chanceux puisque c'était assez calme. "Assez" et "plutôt" parce qu'il y avait un groupe de 4 pétasses sur ma rangée, qui avait la ferme intention de se payer une bonne tranche de rigolade, à la place elles ont eu un grand moment de solitude, doublé d'un rappel à l'ordre cinglant. 

Un bon film pour tous les amateurs d'horreur donc et on retrouvera son réalisateur dans la suite d'Annabelle (à vrai dire je sais pas trop s'il faut s'en réjouir ou non), toujours produit par James Wan. Autant donc vous laissez en charmante compagnie...

Et dire que j'en avais repéré certaines, mais je pensais pas à tout ça...

Publié dans le coffre à bobines, Films

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