Le point sur... Myrath

Publié le par Mocking Crow

Le point sur... Myrath

L'histoire de Myrath a commencé assez tôt. En 2001, trois musiciens âgés entre 13 et 14 ans, créèrent X-Tazy, un groupe reprenant des chansons de Blues, d'Heavy Metal et de Death Metal. Les choses prirent de l'ampleur en 2003, où le groupe commença à composer ses propres chansons, parce que des reprises c'est bien, mais les droits d'auteurs c'est plus chiant. Par ailleurs, X-Tazy perdit deux membres (une guitare et le chant), mais intègre un nouveau membre, un claviériste et chanteur à la capilosité grandissante. Avec cette nouvelle équipe et des chansons bateaux, le groupe part en tournée, même si les concerts "se réduisent" à des reprises (le plus souvent de Symphony X, un autre groupe de Metal porgressif, auquel X-Tazy voue un culte). Après plusieurs années de bonheur, le groupe entreprend de créer son propre son et sort, suite à de nouveaux changements de membres, X-Tazy sort un premier album en 2005 (uniquement en Tunisie). Le groupe entre alors dans la cours des grands, il change alors de nom, pour devenir Myrath (qui signifie Héritage en arabe), change aussi plusieurs membres et sort un nouvel album en 2006 (Hope) qui les fait connaître à l'étranger et notamment en France, la production étant géré par Kévin Codfert, le claviériste du groupe Adagio (un groupe  de Metal progressif français hétéroclite).

A partir de là, la renommée augmente, un nouveau chanteur fait son arrivée (considéré apparemment comme le meilleur chanteur de métal tunisien) et Myrath sort trois albums supplémentaires : Desert Call, Tales of the Sands et Legacy. Cinq albums en 15 ans (4 si l'on ne compte pas le premier), c'est peu diront certains, mais chacun d'entre eux est de qualité. Le dernier en date, Legacy est sorti cette année et est déjà considéré par les fans comme le meilleur de leur discographie, avis que je rejoins d'ailleurs. Pour être franc, Myrath est un groupe que j'apprécie surtout pour sa sonorité : du métal progressif carré avec des sonorités orientales, sans pour autant renier les claviers cheapos et des sons un peu plus électro. Les chansons sont souvent longues, cassent la structure traditionnelle du couplet/refrain et les compositions sont tout simplement excellentes. Malgré ça, j'ai toujours eu du mal à rentrer dans leur petit monde, comme ce fut le cas avec Desert Call, album avec lequel j'ai découvert le groupe et un peu plus tard Tales of the Sands (en dépit de son excellent single).

Ce n'est pas le côté Metal oriental qui est en cause, mais l'aspect progressif de leur musique avec une instrumentation lourde, une structure volontairement complexe et des mélodies insaisissables (que les sonorités exotiques ne rendent pas plus facile à choper). Mais ça c'était avant, parce que leur dernier album fait tout voler en éclat. Legacy est un très bon album (on en attendait pas moins de l'album éponyme), à mon sens plus facile d'accès que les autres et surtout débordant d'énergie et d'inventivité.

Leur single Believer met dans l'ambiance d'entrée de jeu. C'est percutant, ça transporte et ça s'écoute sans souci, de quoi donc faire rentrer dans le monde des mille et une nuits efficacement (surtout avec l'aide du clip à la mise en scène très... clipesque). Si les titres suivant risqueront d'hérisser les néophytes, les habitués du Metal porgressif y trouveront leur bonheur que ce soit avec l'intro instrumental de Get your freedom back avec ses riffs agressifs ou Nobody's Live et ses violons gémissants. D'ailleurs, si l'on met de côté les sonorités orientales, le son rappel un peu celui de Kamelot (un groupe de Power progressif), en particulier durant les refrains.

The holy green screen

Bref passons, on retrouve l'instrumentation pétaradante et punchy du single Believer dans la chanson Through your Eyes, même si le sujet est bien plus mélancolique. Deux chansons se démarquent allégrement de l'album : Duat pour ses claviers cheap et aériens, ainsi que Endure the Silence également pour son clavier, mais surtout pour son vieux gramophone. Après si l'ensemble transporte et très agréable à l'écoute, tout en privilégiant l'écriture complexe, j'ai quand même eu l'impression que les titres se ressemblaient beaucoup. Outre les sonorités habituelles du groupe, la technique vocale du chanteur entre aussi en ligne de compte.

Alors j'ai pas de reproche à faire question performance, puisqu'à ce niveau là Zaher Zorgati défend plus que bien son titre de "meilleur chanteur de metal tunisien". Non, ce que je pointe du doigt c'est sa façon récurente d'alterner les phrases courtes, presque agressives dans les couplets et les phrases longues et mélismatiques dans les refrains de chaque chanson. En gros, les mélodies changent, mais pas la manière de les interpréter. C'est peut-être un détail pour les fans, mais je peux vous garantir que quand on a du mal à rentrer dans leur petit monde ou qu'on est un parfait néophyte du genre, c'est lassant.

Malgré tout, ça reste un très bon album et à l'heure actuelle mon préféré du groupe, par contre si vous n'êtes pas habitués avec le metal progressif, commencez par autre chose, parce qu'à part le single et deux-trois chansons vous n'allez pas aimer grand chose. Vous pouvez toujours tenter Symphony X, c'est pas plus "facile d'accès", mais il n'y a pas le côté metal oriental, donc peut-être que vous pouvez tenter votre chance de ce côté.

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