L'instant Manga #6: Kuroko's Basket

Publié le par Mocking Crow

L'instant Manga #6: Kuroko's Basket

Kuroko's Basket ou Le Basket de Kuroko dans la langue de Molière, est un manga écrit et dessiné par Tadatoshi Fujimaki et publié dans le Weekly Shonen Jump de 2008 à 2014, pour un total de 30 tomes. Et là vous vous êtes déjà sans doute rendu compte que rien qu'au titre, on va pas parler baston et aventure, mais sport et amitié. Mais deux mots sur l'auteur avant tout, il est japonais, né en 1982, n'a à l'heure actuelle écrit "qu'une seule saga" (Kuroko's Basket) mais cela ne l'empêche pas de figurer à la 25ème position de la liste des meilleurs mangakas, établie par Nikkei Enterteinment's. Sinon à part ça, il aime les ramens et a de belles chaussettes.

Bien que figurant parmi les mangas sportifs, Kuroko's Basket est un Nekketsu, un genre très codifié propre aux mangas et shosetsu japonais, dans lequel le ou les héros obéissent à un certain nombre de critères et vont se surpasser pour accomplir leurs rêves (ce genre de chose se retrouve dans moult shonen, y compris la sainte Trinité du manga). Même si les nekketsu sont sur-exploités dans les shonen lambda, car propice à la baston, au pugilat, au combat, à l'empoignade, aux échaufourées, l'amitié aussi, l'amour tiens, l'aventure par exemple, mais surtout les chataignes, la castagne, la riflette, l'escarmouche, les tournois, la lutte et le sens de l'honneur ; on les retrouve aussi dans d'autres genres, puisqu'il est aussi question d'amitié, de rivalité, de progression et de transcendance. D'ailleurs, si c'est à Osamu Tezuka que l'on attribue la création du genre (sur Wikipédia), c'est surtout le manga Ashita no Joe qui a réellement initialisé la chose et qui est un manga de sport (bon techniquement c'est de la boxe, donc il y a aussi de la baston, mais bon vous avez compris le truc).

Kuroko's no Basket entre pile poil dans le moule, on suit donc le parcours de l'équipe de Basket du lycée Seirin, acceuillant fraichement de nouveaux joueurs, dont Kuroko, un gamin aux cheveux bleus, légèrement apathique et sixième membre de la génération des miracles, un groupe de joueurs de génie n'ayant jamais connu la défaite. Kuroko mène un basket un peu particulier, puisqu'il est capable de devenir invisible en combinant sa nature discrète et son talent dans la misdirection pour se faire oublier de ses adversaires et resurgir à l'improviste pour faire des passes ou piquer le ballon. Un basketball étrange, qui contraste sévèrement avec celui de son partenaire et futur ami, Taiga Kagami, un jeune joueur japonais explosif, parti apprendre cette discipline aux Etats-Unis et ayant une une très mauvaise opinion du basket japonais (en un sens, il a raison). Un duo pas du tout original donc, qui va tenter d'emmener leur équipe au sommet de la hiérarchie.

L'instant Manga #6: Kuroko's Basket

L'un des points fort du manga d'entrée de jeu, c'est que que ce soient les deux protagonistes principaux ou le reste de l'équipe, aucun personnage ne débute en basket, ce qui permet de fluidifier le récit et d'entrer dans le vif du sujet rapidement, évitant ainsi des chapitres entiers d'explication sur les mécaniques du sport ou l'initiation du héros (comme Hajime no Ippo, qui est un putain de bon manga, mais diablement long au démarrage). D'ailleurs si c'est un nekketsu des plus classiques, il est bien raconté : c'est fluide, les personnages sont bien développés, évitent de tomber dans les clichés et le rythme est soutenu. Par ailleurs, le personnage principal échappe à l'archétype du bourrin neu-neu, voulant vaincre l'adversité pratiquement au prix de son existence, au profit d'un protagoniste posé, franche et gagnant en consistance au fil du développement de l'amitié qu'il entretient avec son partenaire. Ce qui change au passage de la traditionnelle rivalité qui se tranforme en amitié que les mangakas ont tôt fait de balancer dans ce genre de shonen. Ici, à la limite c'est même plus centré sur la manière dont l'amitié va "survivre" face à l'adversité, une originalité qui apporte de la fraicheur dans le récit.

L'instant Manga #6: Kuroko's Basket
L'instant Manga #6: Kuroko's Basket
L'instant Manga #6: Kuroko's Basket
L'instant Manga #6: Kuroko's Basket

D'une manière plus générale, les personnages constituent un autre point fort du manga, leurs rôles sont équilibrés (ce qui n'est pas un mal dans un sport d'équipe), leur développement bien pensé et finalement peu d'entre eux sont réduits à de la simple figuration. On prend beaucoup de plaisir à regarder les liens se tisser et l'histoire se structure autour d'eux, tandis que le basket devient un moyen de la faire avancer. L'humour est au rendez-vous et surtout il y a un suspens de fou, qui fait que le manga est un bonheur à lire... même si ça parle de sport. J'aime pas trop le sport, encore moins le basket (j'en ai fait un an et j'en garde pas de bons souvenirs), mais le manga est très fun à lire et m'a permis personnellement de voir quelques aspects du sport, dont j'ignorais totalement la portée, notamment tout l'aspect stratégique de chacune des parties.

Des techniques très réalistes
Des techniques très réalistes

Des techniques très réalistes

Après c'est pas réaliste non plus dans le découpage, faut pas déconner. Sans attendre le niveau d'exagération d'un Prince of Tennis ou Inazuma Eleven, les techniques sont très surfaites : les passes de Kuroko ressemblent à des kamé hamé ha et les "pouvoirs" de la génération des miracles sont hautement improbables. Mais niveau efficacité, c'est exemplaire, on ressent bien la fatigue, l'effort et le plaisir des joueurs et on ne s'ennuit pas. Le dessin est quant à lui très carré, pas de quoi sauter au plafond non plus, mais il n'y a rien à redire (si ce n'est que certains protagonistes deviennent étrangement anguleux à partir d'une vingtaine de tomes).

Personnellement c'est un manga qui figure parmis mes shonens préférés, après Haikyu!!, qui est moins effréné, mais plus réaliste (même si les personnages donnent l'impression d'être sur la lune la plupart du temps) et qui traite du seul sport co. que j'apprécie : le volleyball. Il n'empêche que je me suis enfilé les 30 tomes en 3 jours... durant la période où je faisais mon mémoire pro en plus. C'est incontestablement une lecture que vous conseille si vous aimez les mangas, en plus son mangaka vient tout juste de terminer la séquelle (Japon VS Etats Unis). Après si vous aimez pas lire, vous pouvez regarder aussi l'animé (que je n'ai pas vu, mais paraît qu'il est bien) ; enfin si vous n'aimez ni les animés, ni lire, vous pouvez prendre une corde et allez vous pendre.

Publié dans L'instant Manga

Commenter cet article