Alice de l'autre côté du miroir & Retour chez ma mère

Publié le par Mocking Crow

Comme convenu, Alice et l'éventuel autre film, qui suivant la logique de la dernière fois se trouve être une comédie française.

Une affiche à l'image du film : un beau merdier

Une affiche à l'image du film : un beau merdier

Si le monde n'a absolument aucun sens, qui nous empêche d'en inventer un ? On va considérer que le réalisateur de cette suite biscornue du film de Tim Burton a pris cette citation de Lewis Carroll un peu trop à coeur pour nous sortir un tel bazar. Sans être mauvais, le film part dans tous les sens et esquinte avec aplomb l'univers de Lewis Carroll en tentant d'y instaurer un semblant de logique. Tim Burton avait déjà engagé le processus dans le premier film (qui aurait d'ailleurs dû plutôt s'appeler Alice retour au pays des merveilles), mais là l'actuel réalisateur a été plus loin, en allant chercher les origines de la folie de la reine de coeur (?), celle du Chapelier (??), des relations de celui-ci avec sa famille (???), quitte à faire gicler toutes les caractéristiques du livre original (??!!).

Alice passe bien de l'autre côté du miroir, mais exit le monde inversé passé la première pièce, puisqu'elle re(re)fait son coming back dans son frabieux Pays des Merveilles. Si vous n'avez toujours pas vu le film, oubliez très vite les pitchs présents sur Internet, le but n'est pas de combattre le Temps, mais d'aider le Chapelier à retrouver ses parents (comme ça sur un coup de tête). L'antagoniste est toujours la reine de coeur, tandis que le Temps est juste un bouffon inutile qui passe son temps à courir après les jupes d'Helena B. Carter et les nippes d'Alice, qui lui a piqué sa seule et unique chronosphère (car monsieur a beau être le Temps, il est pas foutu de le contrôler par lui-même).

Le thème central est le Temps, ce qui nous fait profiter d'un joyeux bordel tant scénaristique que visuel, où les personnages font des allers-retours dans le passé et le présent, pour essayer de changer le cours des choses ; ou plutôt Alice (les autres personnages sont justes des figurants) fait preuve d'un égoïsme incroyable et est prête à faire sauter le monde pour régler ses petites affaires (tiens et si j'allais voir comment la reine est devenue cintrée, zut trop tard, je pourrais réessayer mais non, si je passais plutôt à travers ce miroir pour retenter un petit trip, oh c'est nul la réalité, je retourne dans mes fantasmes, attendez-moi j'ai un chat invisible à nourrir.).

L'intrigue n'est pas si mauvaise que ça, mais en essayant de donner du sens à ce qui n'en a pas, elle soulève plus de questions, qu'autre chose. Le problème vient aussi des personnages qui sont tous sous-exploités, n'en foutent pas une rame tout le long des 1h50 de film et sont tous bien trop placides pour s'ancrer dans l'univers de Lewis Carroll. Même Johnny Depp, qui est pourtant le point clef de l'intrigue, se paluche les burettes durant les 2/3 du métrage avant de se dire que ce serait pas mal de se remuer l'autre côté, histoire de justifier son cachet. Et puis Mia Wasikowska est si fade, on s'ennuie rien qu'à la regarder siffler son thé... Pour compenser ce capharnaüm, quoi de mieux... que de faire avancer l'intrigue à un train d'enfer, après tout c'est le seul moyen pour nous empêcher de trop nous pencher sur les faiblesses du film ! C'est d'ailleurs réussi, puisque c'est très divertissant et on ne s'emmerde pas. Heureusement, j'espère maintenant qui ne vont pas tenter une nouvelle suite sur la chasse au Snark façon Alice contre Moby Dick dans la mer du nylon.

Alice de l'autre côté du miroir & Retour chez ma mère

Cette comédie française avait retenu mon attention avec ces deux extraits qui faisaient office de Bande Annonce et étaient plutôt efficaces. Le film a fait d'ailleurs des scènes de ce genre (c'est-à-dire cumulant moments de flottement, incompréhensions et doubles sens) son moteur principal. Ce que j'ignorais, c'est que ça s'inscrit aussi dans la lignée des films types Le Prénom, Nos femmes ou Carnage, où les personnages, en nombre restreint, en profitent pour régler leur compte au cours d'une soirée tonique et légèrement arrosée. Sans se hisser au niveau des films précédemment cités, la dynamique est plutôt efficace et la trame plutôt bien fichue.

La technologie pour les nuls... ultra nuls

Après qu'on aime ou non les figures du casting (Josiane Balasko, Alexandra Lamy, Mathilde Seigner, Philippe Lefebvre), les acteurs font leur job, facilement. L'ennui de ce genre de petite comédie, c'est qu'on l'oublie finalement assez vite, c'est drôle, OK, mais passé deux-trois jours son efficacité s'est étiolée. Par ailleurs, ça surfe sur les problèmes de société actuels (chômage et divorce en tête de liste), sans vraiment chercher à interroger quoi que ce soit à part la technophilie.

La revanche de la vioc

Bref, du vu et revu, mais au fond on s'en carre, le réalisateur n'a après tout jamais eu l'ambition de faire un grand film, mais plutôt une comédie familiale sans prétention. Voilà. Ben oui, qu'est ce que vous voulez que je dise de plus ?! C'est pas plus profond qu'un avis sur Allociné, mais c'est tout ce que j'ai trouvé à dire, c'est bien point.

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Alice et retour chez ma mère du Corbeau Moqueur est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

Publié dans Films, le coffre à bobines

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