X-Men : Apocalypse (Allez les bleus !)

Publié le par Mocking Crow

Thanos m'a tout piqué

Thanos m'a tout piqué

De tous les Marvel, la saga des X-Men m'a toujours ennuyé : toujours la même construction narrative, toujours le même genre de scénario, d'enjeux, de personnages... Bref, j'accroche pas vraiment, ce qui est paradoxal puisque c'est devenu l'une des seules sagas Marvel non estampillée Disney, mais bon passons. Donc rebelote : une introduction grandiloquente pour le grand méchant Apocalypse dans une Egypte antique Hollywoodienne, un générique à base de tuyaux et de X (dont on va avoir droit tout le long du film, pour bien nous rappeler qu'on est dans les X-Men) et une énième présentation de Scott Summers, encore au lycée. Il serait temps que la recette change d'ailleurs, les nouveaux mutants étant les 3/4 du temps des ados complexés ou je m'en foutiste, des putes, des punks et des agents Smith. Pour en revenir à Scott, celui-ci est admis dans l'école de James McAvoy après avoir cramé son arbre préféré. Pourquoi c'est important ? Parce qu'on va devoir se le coltiner pendant tout le métrage à l'instar des deux premiers X-Men de Bryan Singer, lui et d'autres jeunots déjà-vu, parmi lesquels Jean Grey (qui à l'art de rendre toutes ses répliques aussi palpitantes qu'un roman de Théophile Gautier). Quant à Apocalypse, il pique le boulot de Magneto et veut détruire le monde.

Qu'est ce que c'est original dit donc, pour compenser on a droit à une foule de clins d'oeil, de teasing et d'explications, notamment sur les origines de la calvitie frontale du professeur X (je vous avoue je m'en fous totalement) ! Qui nous amène à un duel de chauves qui s'étire comme pas possible et m'a donné la désagréable impression de regarder la version animée du combat entre Goku et Freezer. Putain, c'est long, au point que j'ai eu envie de gueuler aux personnages de se manier le fion durant l'ultime combat, tant les situations s'étirent pour nous faire profiter des effets spéciaux et gagner 10 minutes de métrage supplémentaires. Par contre le Phénix est là, en petite forme certes, mais le vrai Phénix et non celui en mousse que nous avait pondu X-Men 3. C'est aussi la dernière apparition de Hugh Jackman dans le rôle du glouton (qui sera vraisemblablement remplacé par X-23), venant tout juste de se faire "poser" ses griffes en adamantium (si vous avez trouvé la version de Gavin Hood trop lite, vous allez apprécier ce passage). En revanche c'est le retour de Quicksilver, qui monopolise l'écran à chacune de ses apparitions, fout une bonne rouste à Apocalypse et pour parler franchement, je vous inciterai à aller voir le film juste pour lui, tant son intervention au manoir est particulièrement mémorable.

Bon par contre on n'échappe à pas à de nouvelles crétineries dans le scénario, notamment le coup des missiles nucléaires balancés dans l'atmosphère par Apocalypse ou la redondance des changements de camp de Magnéto. Tout ça mis bout à bout fait que des longueurs se font sentir malgré le rythme soutenu du film (mais c'est pour le coup purement subjectif). 

D'une manière générale j'apprécie plutôt bien la filmographie de Bryan Singer. Il a de très bonnes idées, mais le don de ne pas les exploiter voire de les foutre par terre et ce film en est une parfaite représentation. En fait le film mange à pas mal de râteliers, sans vraiment chercher à se goinfrer, ce qui fait qu'on se retrouve avec beaucoup de thèmes abordés (superpuissances, religion, survie du plus fort, la traditionnelle question de la légitimation des mutants) et ça a tôt fait de basculer dans la surenchère. Dommage, une fois de plus. Bon par contre côté acteurs j'ai pas grand-chose à épiloguer, à part peut-être pour Jennifer Lawrence qui enfile à nouveau son costume du geai moqueur en hululant à tue tête qu'elle n'est pas une héroïne mais que chacun doit se battre pour sa liberte ; parce que oui, cette fille n'arrive pas (ou ne peut pas) à se détacher de Hunger Games, ce qui déforme plantureusement son personnage. Mais bon, les personnages sont assez nazes dans ce film (surtout celui de Moira MacTaggert, encore moins utile que Loïs Lane dans BvS), qui les multiplie par paquet de sorte que si vous n'avez pas vu les films précédents (depuis X-Men le commencement), vous allez devoir vous accrocher. D'ailleurs tant qu'à faire ça, à quoi bon nous réexpliquer pour la énième fois le fonctionnement du Cérébro que tout le monde connaît maintenant, quand les évènements passés sont à peine réexposés ?

Enfin bref, c'est un bon film, même si ce n'est pas le meilleur des X-Men (qui pour moi reste le deuxième), c'est juste qu'il est bourré de défauts comme ses prédécesseurs et desservi par une mise en scène rebâchée depuis le premier opus de Bryan Singer. Allez le voir si ça vous chante, de préférence en 3D, mais ne vous attendez pas à quelque chose de réellement nouveau (c'est le moins qu'on puisse dire). Il y a aussi une scène post-générique, d'un intérêt très limité (un couloir, des croque-morts, une seringue dans une mallette et voilà que je t'embrouille) J'attends toujours l'adaptation de Gambit, qui devait initialement faire un caméo dans ce film (à la place on a Stan Lee et sa femme).

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Allez les bleus ! du Mocking Crow est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

Publié dans Films, le coffre à bobines

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