Warcraft : le commencement (fan service pour geeks opprimés)

Publié le par Mocking Crow

Orcs must die : le film

Orcs must die : le film

Voilà une adaptation typiquement destinée aux fans du jeu. Je n'ai jamais joué à World of Warcraft et ce, pour deux raisons. Primo, c'est et ça reste un MMORPG comme on en voit temps, avec une mécanique de gameplay qui a à peine évolué depuis sa création en 2005 (et ce n'est d'ailleurs pas le premier MMO, loin s'en faut). Deuxièmement, la communauté se la pète. Pas dans la réalité, mais dans le jeu, j'ai l'impression de voir un simulateur politique, tant les joueurs se la racontent et regardent tout le monde de très haut. En allant voir ce film, je savais que j'allais à avoir affaire à beaucoup de fan service et à un rassemblement de geeks, ce qui n'était pas peu dire, tant les 3/4 de la salle donnaient l'impression de passer leur vie devant des moniteurs pc et jouaient à qui qu'aura le plus de connaissance sur la fantasy (pour vous dire le niveau, c'est la première fois que j'entends des rires sur la bande annonce de Ninja Turtles 2 et des "whoa" d'admiration devant celle d'Independance day 2).

Et que vaut le film dans tout ça ? Eh bien visuellement c'est magnifique, le soin apporté à la retranscription du jeu force le respect, y compris dans les combats, beaucoup plus punchies que dans le jeu, à la mise en scène calibrée et... et c'est tout. Parce que le scénario est littéralement à chier. Le bouzingue est très classique dans le fond et la forme, les personnages sont creux et stéréotypés (mention spéciale pour le jeune mage Khadgar, qui débute au niveau 1 pour devenir l'élu pété de niveau 99 au bout d'1h de film) et c'est bourré d'incohérences et de conneries à tout bout de champs. Je ne vais rien spoiler ceci étant (et je me contiens énormément), mais j'ai eu l'impression d'assister à n'importe quelle histoire d'heroic fantasy, ensevelie sous un dégueuli de fan service écoeurant, sans tenir pourtant compte de la profondeur de l'environnement de World of Worcraft  (qui est de qualité et qui en fait sa force). 

Hische va pouvoir s'en donner à coeur joie tant le déroulement est brouillon mais malgré tout prévisible comme pas permis, auxquels s'ajoutent des cuts mal fichus, un cosmoplitisme au rabais, des dialogues débiles (les personnages vident leur sac à la moindre occasion, allant presque étaler leur vie sexuelle au premier venu), une romance sortie du cul du pape, un humour de bac à sable, des twists sans intérêt, des bastons qui n'apportent rien, un combat final à la Derrick et un Deus ex machina de flemmard, ça m'a rappelé les calamiteuses adaptations de Donjons et Dragons (surtout celle de Courntey Solomon).  Rien ne sauve ce film... en terme de qualité cinématographique, puisqu'après c'est avant tout un film pour les fans, dont je ne fais pas partie, tout comme la presse, ce qui n'a pas pu biaiser mon jugement comme dans Star Wars 7 (qui était un film moyen si l'on enlevait le statut légendaire de la saga). Enfin même en sachant ça, les fans semblent avoir eu du mal à défendre le film aussi, donc il y a quand même des trucs qui collent pas.

Donc en gros, on a un bel emballage et pas grand chose à l'intérieur, en plus il s'avère que l'emballage a été acheté en solde, ce qui n'augure rien de bon pour la suite qui s'amène (le cliffhanger était tellement nécessaire... de quoi nous montrer que le film est bien creux comme il faut). D'ailleurs, il est possible qu'il y ait une scénette post-générique, quand je me suis rendu compte que pratiquement l'ensemble de la salle soit resté assis une fois la première partie  des crédits dépassée... Malgré tout, même si je me suis beaucoup ennuyé, ça reste divertissant mais beaucoup d'indulgence est nécessaire pour faire passer la pilule. Donc à moins d'être un fan hardcore, je vous déconseille d'aller voir ça, ce sera juste une perte de temps et d'argent.

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Publié dans le coffre à bobines, Films

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