Les Visiteurs : La Révolution (Poiré en a trop bu)

Publié le par Mocking Crow

Vive la France... sigh

Vive la France... sigh

Qui n'a pas vu les films Les Visiteurs ? Ou plutôt quel français n'a pas vu au moins un des deux opus ou ne serait-ce entendu une réplique d'un de ces monuments du patrimoine français (sic). Si vous en faites partis, je... je... je... mais allez vous faire lobotomiser ! L'ignorance à des limites ! Quoi qu'il en soit, voilà que 20 ans après l'excursion de Godefroy de Montmirail et Jacquouille la Fripouille dans les couloirs du temps, Jean Marie Poiré nous annonce une suite. Chic, voilà qui nous fera oublier le reboot foireux qu'était Les Visiteurs en Amérique... réalisé par Poiré... j'ai comme un doute quant au succès de cette suite moi, je sais pas vous, enfin qui vivra verra.

Deux heures plus tard

Dwaaaaargh. Mon Dieu, comment on peut ruiner à ce point un héritage pareil ?! Le film est une catastrophe à tous les niveaux ! Passé le générique à la Star Wars et une séquence de sorcellerie hors sujet, le film bascule très vite dans un humour gras, carburant avec des blagues éculées sur l'odeur, les vieilles nippes et le parler grivois en boucle. Et dire que la projection a duré deux heures (en comptant les pubs précédant le film), deux heures ! J'aurais pu faire des choses bien plus excitantes, que regarder ce truc encore plus bas de gamme que Les Tuche (je pensais jamais dire ça un jour).

L'humour du film en 1 minute 20.

Alors quoi ? On retrouve les deux bouseux du Moyen-Age en l'an 1793, sous la Terreur, ou plutôt l'abolition des privilèges pour les nuls, tant tout y est caricaturale. Les sans-culottes sont des ploucs repoussants, les nobles des racistes méprisants plus stupides les uns que les autres et Maximilien Robespierre, dont le prénom m'a toujours paru anachronique, est aussi froid que mal poudré. On apprendra au passage qu'il adorait le boudin, mais pas au piment, puisque ça lui filait une diarrhée carabinée (sic). Et histoire de reprendre la recette qui a cartonné 23 ans plus tôt, Poiré nous balance un comique de répétition particulièrement bien lourd, pour être sûr qu'on est bien mémorisé les "Hourra, c'est plus laïc !" et autres "On leur prend tout, ça leur fera les pieds !" martelés par un Christian Clavier surexcité.

Christian Clavier qui est cette fois vraiment l'élément central du film. Jean Reno étant totalement absent du métrage. Enfin non, il est là mais en même temps il l'est pas, ses répliques se résumant à des "Hum" et des "Certes", ainsi qu'un regard éteint (et 30 kilos de plus). Mais où est passé l'ahuri des deux films précédents, le personnage est là, mais plus la flamme... Vous allez rire (ou pas d'ailleurs), mais le seul qui soit vraiment convaincant c'est Franck Dubosc ! Les autres essayent vaille que vaille de rentrer dans leurs personnages, pour un résultat... branlant, entre les concierges prêts à toutes les magouilles pour plaire à Marat qui fait trempette et Adélaïde de Montmirail et sa tribu de bras cassés, dont le jeu grimaçant pourra peut-être vous détendre un dimanche soir ; tout ça manque fortement de punch (au moins on a plus Muriel Robin).

En plus de ça le scénario est bourré d'incohérences ! Pendant une heure Jean Reno veut absolument remettre le Dauphin sur le trône (sans qu'on sache comment il a pu avoir eu vent de cette appellation), avant de changer son fusil d'épaule et de se dire que finalement un enchanteur suffira. De même beaucoup de relations ambiguës partent dans la cuvette tout au long du film et les 10 dernières minutes donnent tout simplement l'impression d'avoir atterri dans un autre film. D'ailleurs on s'y perd dans toutes ces foutues histoires de familles à deux balles, entre la mère, le fils, le frère, le cousin, les faux noms, les quiproquos, c'est le bordel ! Si on ajoute à ça que les personnages ne se taisent jamais et nous braillent dans les oreilles tout au long du film avec des accents tous plus caricaturaux les uns que les autres, le résultat est débilitant à souhait.

Je passerai outre les raccords secs, voire foireux du métrage, pour me tourner sur la reconstitution catastrophique du métrage. La Terreur était marquée par des massacres sanglants et pourtant les rues sont cleans et les façades immaculées, à tel point que j'ai tout simplement eu l'impression d'osciller entre un spectacle du Puy du Fou et plusieurs sketchs de Kaamelott. Mais c'est sans compter sans les costumes WTF des nobles, tous fringués comme des clowns (tenue d'Arlequin, veste léopard et moumoutes fantaisistes) et pourtant parvenant à se pavaner comme des coqs (seul animal à pouvoir chanter les deux pattes dans la merde après tout). 

Et puis j'ai pas trop compris l'intérêt des références appuyées à la troupe du Splendid. Que ce soit la très longue séquence de l'immeuble de Robespierre, bourrée de gags rebâchés ou les répliques réutilisées de manière complètement saugrenue...pas compris, si ce n'est que Christian Clavier a pris un peu trop son pied en écrivant les dialogues.
Etant donné la fin en cliffhanger, il y a de très fortes chances qu'on nous refasse une suite, dans une période déjà parodiée par Poiré ; mais si c'est pour nous ressortir encore les mêmes gags dont tout le monde peine à rire maintenant, c'est pas nécessaire merci. D'ailleurs à ce propos, la salle était coupée en deux de manière très net ce soir, d'un côté ça riait franchement et de l'autre, rien. Saurez-vous deviner dans laquelle j'étais ?

Licence Creative Commons
Poiré en a trop bu du Mocking Crow est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

Publié dans le coffre à bobines, Films

Commenter cet article