La reine des Glaces & Adopte un veuf

Publié le par Mocking Crow

En temps normal, 2 films = 2 articles. Mais dans le cas présent aucun des deux n'en a besoin et comme en plus j'ai pas trop de temps en ce moment, ce sera un billet double.

Les chroniques de Blanche-Neige... yeah ! (sic)

Les chroniques de Blanche-Neige... yeah ! (sic)

La reine des glaces (la psyché givrée)

Décidément les Contes de fées ont le vent en poupe. Le problème c'est que s'il y a du très bon et du bon, il y aussi du mauvais et ce film en fait partie. Après le déjà moyen Blanche Neige et le Chasseur, Hollywood a cru bon de nous vomir une suite (et en même temps une préquelle) en massacrant une fois de plus le conte de La reine des neiges d'Andersen (sans doute à cause du succès du film d'animation de Disney). Et nom d'un chien, on s'en serait bien passé.

Scénario cousu de fil blanc, rebondissements aussi prévisibles que surréalistes, dialogues téléphonés, discours plan-plan, humour enfantin et punchlines débiles, le film accumule tous les clichés de ce genre d'histoire d'amour, ce qui en plus le bourre d'incohérences en tout genre. A part un petit cachet visuel, déjà présent dans le premier film et une bonne direction d'acteur, cet opus n'a rien pour lui. Côté casting d'ailleurs, le trio principal sauve le film de la noyade en tentant de donner un semblant de profondeur à leurs personnages (ce qui est difficile, vu les répliques qu'on leur a filées). J'ai dit trio, pas quatuor comme semble le suggérer l'affiche, car si Charlize Theron s'est construit un pied d'estale en or, elle est absente durant les 3/4 du film, ce qui finalement n'est pas plus mal tant son jeu orgasmique est irritant au possible.

C'est bien simple, le personnage est littéralement transformé en tapineuse de première, expulsant tout l'air de ses poumons dans chacune de ses tirades racoleuses, sublimé par des gros plans sur différentes parties de son corps. Peut-être que c'est dû en partie à la VF catastrophique du film, mais vu sa gestuelle, j'en doute ; on a dû lui faire croire qu'elle tournait pour une énième pub pour Dior, voilà tout. C'est d'ailleurs à ça que ressemble la Bande-Annonce, une grosse pub de parfum.

Dior... j'adore... oooh...

Pour couronner le tout, la résolution de ce problème de miroir dédie 7 ans de malheur à Chris Hemsworth (oui, 2h pour ça), dont la psyché de mâle alpha lui colle à la peau du début à la fin, tandis que la voix suave du narrateur nous annonce une suite (peut-être Le Chasseur et Baba Yaga). Oui, ben sans moi, je veux bien qu'on déconne avec les contes de fées, mais il y a des limites et ce film les a largement atteints. 

On s'éclate à la retraite

On s'éclate à la retraite

Adopte un veuf (la coloc' c'est trop génial !)

Ben c'est une comédie française... mais qui a le mérite de fonctionner grâce à un humour crescendo, jamais vulgaire (sauf si on considère que la scène du sèche-cheveux l'est) et un quatuor attachant (un vrai cette fois). On appréciera ou non le jeu pétulant de Bérangère Krief, de même que le côté perpétuellement sainte nitouche de Julie Piaton, en revanche il y a un truc avec Arnaud Ducret. Je n'apprécie pas particulièrement cet acteur (en fait je le trouve même très lourd), mais sa seule présence à l'écran suffit ici pour déclencher l'hilarité d'une salle pourtant assez léthargique. Quant à André Dussolier, rien à redire : le retraité endeuillé contraint à la suite d'un malentendu de côtoyer le reste du casting dans son appartement, apporte un petit cachet au film.

C'est sympa, bien construit (mais très classique, tout est encore une fois très prévisible), on rit bien, même si le running gag de Nicolas Marié, prêt à tout pour organiser son gang bang tout le long du film, fait un peu tout much par moments. Petite bizarrerie : l'abus d'un flou (artistique ?) dans pratiquement chaque scène d'appartement n'apportant finalement que peu de choses au film. Bref (j'avais dit que ce serait rapide), une comédie française qui n'invente pas la poudre mais reste efficace, même si la fin aurait pu être plus aboutie, quitte à se teinter d'amertume. A présent, faites vos jeux.

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L'étron des glaces et adopte un veuf du Mocking Crow est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

Publié dans le coffre à bobines, Films

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