Krampus (N'oubliez pas l'esprit de Noël)

Publié le par Mocking Crow

Krampus (N'oubliez pas l'esprit de Noël)

Le fameux Krampus, alias mon coup de gueule de Décembre. Le film n'est toujours pas sorti en France (pour ça il faudra toujours attendre en Mai), mais ça ne m'a pas empêché de le visionner quand même via une méthode... une méthode.
Les films d'horreur sur le thème de Noël, il y en a déjà eu un certain nombre (Père Noël Origines (sic), Silent Night, Saint, Sanglante Nuit ou encore Black Christmas) et il y en aura encore dans les années qui viennent. Autant dire que ce film-ci n'invente pas la poudre, mais c'est de loin le meilleur que je connaisse à l'heure actuelle.

Je ne reviens pas sur le scénario que j'avais déjà mentionné dans mon billet de Décembre, en revanche je tiens à souligner ce qui fait la force du film : sa manière de prendre à contre-pied les traditionnelles comédies de Noël que l'industrie du cinéma adore nous offrir durant cette magnifique période. Les 20 premières minutes du film y sont d'ailleurs dédiées, ainsi après une variante violente de la Course au jouet (le film avec Schwarzie), on retrouve tous les clichés qui nous plaisent tant dans ce genre de film, à savoir les tensions familiales, les mauvaises surprises qui les accompagnent et l'effervescence de la fête du capitalisme. Bref, tous les éléments pour faire de Noël un moment mémorable propice à la réconciliation et la franche camaraderie. En un sens, c'est ce qui se produit après que Max ait déchiré sa lettre et décidé - à l'instar de pratiquement tous le quartier - de ne plus croire en l'esprit de Noël, mais d'une manière un peu plus sanglante que d'habitude.

En fait ce film est un huis clos, auquel viennent se superposer une flopée de créatures fantastiques en tous genres. Rarement l'expression nanarde "se battre contre une peluche" n'aura autant pris un sens véritable dans un film. Si Krampus est l'antagoniste principal, il est entouré de toute une clique de diablotins, de jouets et autres bonhommes en pain d'épice agressifs. Et franchement, ça rend bien, même si les bastons n'ont aucun sens (celle du grenier notamment) et que le film oscille en permanence entre l'horreur et la parodie. C'est d'ailleurs le point noir de Krampus : le public visé. Si la bande annonce et l'intrigue sont assez sérieuses, un certain nombre d'éléments comiques tranchent avec l'ambiance oppressante. De même, le bruiteur a littéralement pété une durite dans une séquence dramatique en ajoutant un "zwipp" cartoonesque au possible, sans doute pour réaliser un pari.

Grahou grou

Grahou grou

Côté casting, rien à redire, même si Toni Collette a bien du mal à s'énerver pendant les trois premiers quarts d'heure et Krista Stadler (australienne de son état) a un accent allemand bien poussif (mais pourtant très bien reproduit). Les vraies stars du films sont indubitablement les cousins beaufs avec le glouton amorphe, les filles débiles, la mère hagarde et le papa redneck jusqu'au cou. Bon il y a aussi Conchata Ferrell dans le rôle de la tante insupportable et si l'actrice fait bien son job, j'aurais préféré y voir Kathy Bates ; mais peut-être était-elle trop cher pour un film d'un budget de 15 millions de dollars...

D'ailleurs pour un budget finalement aussi restreint (surtout comparé aux Visiteurs 3) et bien c'est bien fichu. Krampus fait un peu carton pâte, mais les effets spéciaux sont franchement réussis, tout comme l'esthétique générale du film (moitié féerique, moitié The Thing). Le film comporte même un passage d'animation, bien réalisé, bien intégré et souligné pas une bonne bande-son. OST qui, sans inventer l'eau chaude, colle avec l'ambiance du film. Non honnêtement c'est bien fichu ; après sa réussite vient de "l'originalité" du contexte, puisque le déroulement de l'intrigue est conventionnel et la mise en scène prévisible. Fort heureusement la fin (qui prend un dangereux virage) n'est pas trop naïve et plutôt pas mal au final. 

J'ai beaucoup apprécié ce film, mais cet avis est finalement assez subjectif, dans la mesure où je sais pertinemment que le fond est classique et que si le sujet s'était centré sur Halloween par exemple, mon avis aurait été plus mitigé. En gros, si vous souhaitez regarder un film d'horreur, un peu série B, mais sortant du cadre habituel (surtout si vous décidez de regarder ça en Décembre), alors faites vous plaisir. Après si vous voulez quelque chose de plus percutant avec Krampus, vous pouvez regarder ça :

Gné ?

Gné ?

C'est sûr que là l'ambiance est légèrement différente, avec un Père Noël maniant le bâton contre des elfes zombies (?), un Krampus en mode gladiator (??), une histoire à la Insidious (???) et un combat qui ne devrait même pas exister entre Krampus et le Père Coca (????). La parodie est évidente et pourtant le trailer lui se veut sérieux (montage à la Michael Bay), à tel point qu'on ne sait finalement pas si on doit rire ou vomir. Mais bon, comme le film ne sortira jamais chez nous, vous pouvez toujours le dégotter quelque part sur la toile.

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Krampus du Mocking Crow est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

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