Gods of Egypt (Game of Gods)

Publié le par Mocking Crow

J'ai déjà vu cette affiche quelque part...

J'ai déjà vu cette affiche quelque part...

Gods of Egypt fait partie de ces blockbusters qui ne tentent rien, n'inventent rien, mais font leur taf, à savoir nous divertir. C'est le genre de film qui vide efficacement l'esprit et sait nous faire passer un bon moment pourvu qu'on apprécie l'action décomplexée façon Le Choc des Titans (le remake), sans pour autant devenir un gros navet. Personnellement, j'ai été voir ce film vendredi, soit juste avant de débuter mes "vacances" et honnêtement, je dois dire que j'ai bien aimé, pourtant je n'aime pas trop qu'on fasse mumuse avec ma mythologie préférée (c'est pas pour rien si Les Voies d'Anubis figure parmi mes romans préférés).

Bon, l'histoire ne vaut pas tripette : alors que les Dieux vivaient parmi les humains, Seth assassina le bon roi, arracha les yeux d'Horus, le destitua et plongea le royaume dans le chaos pour... on s'en fout, il est méchant, c'est comme ça. Mais un jeune voleur, Bek va aider Horus à sortir de son exil pour renverser Seth. Voilà, le tout sur une relecture du mythe d'Orphée et d'Eurydice, sans aucune valeur philosophique, juste prétexte pour un humain d'aider un Dieu.

Parlons de ce qui saute aux yeux, l'esthétique et la patte artistique. C'est très réussi, très beau, la 3D est parfaitement intégrée et les paysages sont le plus souvent mirifiques. Les scènes d'action sont efficaces, même si je m'interroge sur la nécessite de placer des travelling scirculaires à toutes les occasions... Déjà que le rendu visuel m'a donné l'impression de regarder les cinématiques d'un jeu-vidéo, l'abus de ces plans, m'a surtout fait penser à un joueur qui a coincé le joystick de la caméra. D'ailleurs il n'y a pas que le rendu visuel qui fait penser à un jeu vidéo, en fait tout le film y ressemble.

Vous savez, dans les trois-quarts des RPG on a toujours, un volcan, une montagne enneigée, une forêt luxuriante, des égouts ou une mine (en général c'est chiant), un bateau fantôme ou une maison hantée, des ruines, un chateau volant, une tour et un donjon technologique. Ici on a quand même la forêt, les ruines, le chateau volant, la montagne et la tour, sans compter que l'évolution du scénario ressemble plus à un Zelda ou un God of War avec ces "pour vaincre machin, il faut détruire truc, allons solliciter bidule pour qu'il nous donne l'arme fatale". Alors si en plus les personnages sont hyper stéréotypés, à tel point qu'on sent venir les rebondissements mille lieues à l'avance, c'est clair qu'on est pas dans du Christopher Nolan.

L'attaque des Titans egyptiens

Outre le fait que les personnages vivent au pays des clichetons (même si on a quelques fantasies comme Chadwick Boseman, dont la seconde apparition a failli partir en comédie musicale sur une salade), le casting est joliment campé, les fans de Game of Thrones ont été ravis de retrouver Nikolaj Coster-Waldau (Jaime Lannister, je l'ai jamais vu ailleurs moi non plus) au côté de Gérard Butler et de Brenton Thwaites. La VF m'a paru assez pathétique dans la Bande Annonce, donc je l'ai vu en V.O. et même là, j'ai eu quelques doutes quant à la justesse de l'interprétation des acteurs. Mais bon passons, puisqu'il y a un autre point que j'ai trouvé sympathique : la taille des Dieux. Pour les différencier des humains, toutes les divinités font dans les 3 mètres grâce à la magie du numérique, ainsi qu'à celle des perspectives. Sauf qu'en jouant sur ces dernières, le réalisateur s'est un peu chié dessus, puisqu'on peut clairement sentir la supercherie sur certains plans (Seth a la caméra à hauteur d'épaule, tandis que l'humain qui le précède est situé deux mètres derrière. Si Gérard Butler avait fait un ou deux pas en arrière sur ce même plan, les acteurs auraient eu peu ou prou la même taille... et ça se voit).

Du reste, les images de synthèse ont quelques ratés comme en témoigne une morphine bien dégueulasse lors du premier combat entre Horus et Seth. Bon après, il y a tout de même un peu d'éléments sympathiques (Ra combattant chaque jour Apophis autour de notre monde aplati), mais dans l'ensemble le film reste dans le classicisme de bout en bout. Dommage qu'on est quand même droit à un twist très "mais à quoi tout ça a servi ?", un peu dans la même veine que l'épouvantable navet La Colère des Titans (le camp des gentils est au pied du volcan duquel sort Kronos, mais les héros ont fait le tour du monde et plus encore pour le rejoindre, pour rien).

Maintenant, le film ne s'enlise pas dans la médiocrité et le réalisateur assume son côté déluré sans faillir. Le résultat est divertissant, même si voir autant de millions (140 pour être exact) partir dans un tel projet me met toujours mal à l'aise lorsque la production cède à la facilité. C'est d'ailleurs pour ça qu'on peut tout à fait considérer ce film comme un gros navet, mais bon la salle a eu l'air d'apprécier, donc parfois le classicisme ça marche aussi. A titre personnel, ce film m'a fait le même effet que Pompéià savoir gros budget, gros casting, pour un résultat agréable et pas trop niais.

Licence Creative Commons
Game of Gods du Mocking Crow est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

Publié dans le coffre à bobines, Films

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Louisa 05/01/2017 15:40

Je suis tombée par hasard sur ce film via l’application suivante : https://itunes.apple.com/fr/app/playvod-max-films-en-streaming/id1024490133?mt=8. Je voulais voir un long-métrage mêlant fantastique, action et aventure. Je n’ai pas été vraiment emballée par l’ambiance certes, mais il faut quand même avouer que les effets spéciaux sont hallucinants. Étant donné que je ne me suis pas endormie, on peut dire que je ne me suis pas ennuyée (rire).

Corbeau Moqueur 05/01/2017 21:57

Oui c'est à peu près l'idée générale du film, certains l'ont aussi mis dans la catégorie "navet" (sans doute à côté du Choc des Titans). Si je me souviens bien, j'étais clairement pas à fond dans l'histoire (ultra-prévisible), mais ça m'avait bien diverti, donc en un sens le film a rempli son rôle.