Five (Wesh ! Auteuil, Neuilly, Passy ! Yo !)

Publié le par Mocking Crow

Yeppa !

Yeppa !

Cinq amis d'enfance, un abruti, un hypocondriaque, un obsédé, une chieuse et un bourge sont dans un appart'. Le bourge est à sec et bascule dans la drogue pour payer les deux tiers du loyer, que fait le reste de la colocation ?
Voilà peu ou prou le scénario de cette comédie particulièrement libidineuse pour dire ça poliment. Certes, le but d'une comédie est de faire rire, ceci étant balancer des bites, roulages de pelle et de l'astiquage du service trois-pièces pour une soirée Kem's en écoutant du Pitt Bull, me rend particulièrement satisfait de ne pas avoir payé pour voir ça.

Nom d'une corneille que l'humour est lourd... et passablement crade ! Vous allez me dire que c'est inadmissible que je sorte un truc aussi gros après avoir vu deux fois Deadpool et d'aller me faire seppuku pour assumer... Parlez à ma main, elle vous fera un plaisir de vous coller une tarte dans la gueule. Suivre une bande de petits bourgeois replets de Paris Neuilly, en pleine crise financière ne rend pas le tableau particulièrement agréable. Et puis merde, regarder un ramassis "d'étudiants" imbus d'eux-mêmes se pavaner en distribuant des "guedins", "golmon", "kiffage de gonzesse" autour d'eux est passablement énervant. Alors si en plus je dois me coltiner leurs "tableaux de chasse" respectifs et une histoire de drogues bien clichée, pour nous mitrailler de gags faciles et d'un humour mal embouché, merci, mais non merci.

Bon, si les personnages me sont particulièrement antipathiques, les acteurs sont a contrario singulièrement bons, surtout Pierre Niney. La derrière fois que j'ai vu cet acteur, c'était dans un homme idéal ; autant dire que sa prestation dans ce film tranche radicalement. Mais d'une manière générale les acteurs sont tous impliqués. D'ailleurs si l'on se penche sur la structure et la technique du film, c'est bien écrit et bien mené (même si on retrouve cette voix-off nunuche propre aux films français), par contre le côté scatologique poussif au possible ne risque pas de plaire à tout le monde (si vous êtes pudiques, fuyez). Tout comme sa bande-son. Entre le rap clinquant et le dubstep à la Jean Michel Jarre, c'est du grand n'importe quoi.

Avec un tel contenu, vous pensez bien qu'il ne peut qu'y avoir un public de guedin, parlant le verlan au quotidien avec un accent djeun... non. A ma gauche, j'avais un jeune couple venu chercher l'inspiration, derrière moi la préquelle Three, dont les rires gras ont eu tendance à offusquer mes voisins de droite (au sens propre et figuré), à savoir Bernadette Chirac et son amant à l'accent d'Arletty. Rien de bien transcendant donc.

Il n'empêche qu'on rit et même assez souvent au final. Je ne sais pas si je dois m'en inquiéter, en tout cas ça détend et ça nous empêche de pencher à autre chose, maintenant payer pour aller voir ça... Mieux vaut que vous alliez planter votre dard ou vous faire arroser l'Eden, ce sera plus rentable et plus amusant pour vous (je suppose) que ce spectacle aussi comique que vulgaire. En revanche, si vous êtes un éphèbe aussi pur que puceau, ou simplement asexuel, bah allez le voir, c'est toujours meilleur que 50 nuances de Grey et Banlieue 13 réunis.

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Auteuil, Neuilly, Passy ! Yo ! du Mocking Crow est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

Publié dans Films, le coffre à bobines

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