The revenant (Mononoke le trappeur)

Publié le par Mocking Crow

The revenant (Mononoke le trappeur)

Alors voici donc le film qui défraie tant la chronique et dont on nous sermonne depuis des mois avec des bandes-annonces tapageuses. Ouais. Bah c'est bien quoi, mais pas au point de justifier une telle médiatisation. Ceci étant, je suis divisé : j'avais adoré Birdman, sa direction d'acteur, ses plans-séquences et sa photographie aboutie méritait largement ses 4 oscars et voilà que son réalisateur nous sort un nouveau film. Alejandro Inarittu a semble-t-il voulu péter plus haut que son cul et en un sens il a réussi... quitte à gazer tout le parterre. D'un point technique on retrouve donc cette espèce de prise de vue continue, limitant ainsi l'enchainement classique des champs/contrechamps et surtout renforçant efficacement l'immersion. Je comprenais pas trop le délire autour de la scène de l'ours qu'on entrevoit finalement que fugacement dans le trailer, mais effectivement elle est foutrement bien fichue. D'un point de vue esthétique, le film est une vraie claque visuelle, le gigantisme des paysages et la majestuosité de l'environnement sont parfaitement retranscrits dans la photographie d'Emmanuel Lubezki (qui avait déjà fait un excellent boulot dans Birdman). A ce niveau-là rien à redire.

Et DiCaprio me direz-vous ? Eh bien il va se prendre un petit capuccino et nous foutre la paix avec son oscar, très poudre aux yeux. Je n'ai rien contre l'acteur, au contraire, mais de là à dire que ce film est génial wouah, qu'il va péter le box-office nyaa, encore plus que Titanic yaaaah, non. Merci les médias, mais non. Puisqu'il faut quand même dire un truc sur le sujet, on va dire que l'oscar lui est décerné pour l'ensemble de sa carrière plus que pour ce seul rôle. Dans ce film, l'acteur est un survivaliste, il a failli se faire bouffer par un grizzli, a vu son fils se faire déglinguer, a été laissé pour mort, jure vengeance et va en chier comme pas possible. Je me fous totalement qu'il ait dû ingurgiter un coeur de bison (en plus il en prend trois bouchés seulement dans le film) ou qu'il ait failli crever, même s'il avait montré ses burnes ça m'aurait rien fait, moi ce que je vois c'est du cinéma grand spectacle, très violent et putain, très long. 2h35 !

Pour un film avec une ambiance aussi pesante (soulignée une bande-son du plus bel effet), c'est long et malgré des scènes d'action haletantes, une direction d'acteur irréprochable, l'ennui pointe forcément le bout de son bec. D'ailleurs restons du côté des acteurs, parce que c'est sans doute grâce à eux que la coqueluche du moment a eu sa statuette. Parmi les plus connus on retrouve le rouquin nazi de Star Wars 7 (Domnhall Gleeson), Will Poulter qui a enfin réussi à sortir du Labyrinthe et surtout Tom Hardy. Ouais, on a tendance à l'oublier mais Tom Hardy joue dans ce film et plutôt bien d'ailleurs. Après pour Titanic VS Mad Max, c'est sûr que c'est facile pour un gros paquebot d'écraser une carlingue du désert australien, pour peu qu'on ait une armée de crabe pour le déplacer sur la terre ferme. L'apparence et le rôle du personnage principal tranchent tellement avec le reste, qu'effectivement on le remarque beaucoup plus, même si rien ne fera oublier au public la sonorité de la langue de Molière dans la version originale.

Alors attention, ça veut pas dire que j'ai détesté ce film, loin de là. Je l'ai apprécié et aimé, même s'il m'a mis mal à l'aise à bien des moments de par sa cruauté (mais je ne peux pas considérer cet aspect comme un défaut), en revanche il n'y avait nul besoin de le surmédiatiser de la sorte, parce qu'au final on ne peut qu'être déçu. Fort heureusement je n'en attendais pas grand-chose, donc j'ai plutôt été surpris par la qualité du spectacle et son réalisme. En fait, si Birdman avait été un vrai film de super-héros, tout en conservant la psychologie du personnage initial, déjà ça aurait donné une adaptation de Moonknight, ensuite ça aurait donné sans doute ce genre de spectacle, mais étiqueté au rang de meilleur film de super-héros. Voilà, je vous conseille quand même d'aller le voir, pour toutes les qualités citées avec en plus des indiens présentés de la même manière que dans Le Nouveau Monde (très clean, par opposition à ces crados d'européens), mais ayez le coeur bien accroché, parce que c'est vraiment PEGI 18.

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Ah si seulement la cérémonie des oscars s'était passée comme ça...

Publié dans le coffre à bobines, Films

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