Rosalie Blum (Bref, j'ai harcelé une femme pour finir avec une Punk)

Publié le par Mocking Crow

Rosalie Blum (Bref, j'ai harcelé une femme pour finir avec une Punk)

Bref, je me suis emmerdé. Vincent Machot, looser apathique de son état mène une vie trépidante, entre son salon de coiffure, son chat, son cousin beau gosse (habillé en cuir, parce que c'est un rebelle) et sa mère (Anémone) beaucoup trop maboule pour pouvoir mourir, son existence ferait pâlir celle de Derrick. Jusqu'au jour où il rencontre la banale Rosalie Blum, une épicière atrabilaire, menant une vie tout aussi ratée que la sienne. Ni une, ni deux, le voilà convaincu de l'avoir déjà rencontré et se met à la suivre nuit et jour par curiosité. Dommage pour lui, Rosalie s'en rend compte et charge sa nièce de le suivre à son tour... Voilà tout est dit.

Acclamé par la critique et les spectateurs, je suis profondément insensible au pseudo-charme de ce film. Et dire que certains le rapprochent du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (qui est une vraie merveille), tu parles d'une publicité mensongère ! A la différence de son illustre modèle, le film n'a aucune surprise, bénéficie de dialogues téléphonés et d'une mise en scène qui était sensationnelle au début des années 2000, mais d'un banal maintenant. Ici point de poésie (à part dans le dernier quart d'heure) ou une importance quelconque de l'insignifiant (sauf si l'on parle du scénario), juste un film mélancomique aussi insipide que mou du bide. Bref, c'est du vu, revu et déjà-vu.

L'idée même de transformer le harcèlement névrotique en pratique "excitante" (en français, dans le film), je sais pas, y a que moi que ça dérange ce genre de chose ? Avec un scénario pareil, même ma vie quotidienne pourrait faire un bon film. En plus de ça, il n'y a aucun rebondissement. Enfin si, il y en a, mais c'est tellement conventionnel, qu'on peut tout prévoir avec 5 minutes d'avance tant les plans sont suggestifs. Et je dis pas ça parce que mon voisin quadragénaire de derrière, racontait à son épouse les moindres actions des personnages de ce film, qu'il avait visiblement déjà vu une fois (peut-être en compagnie de sa maîtresse, je sais pas, mais ça pourrait faire un film tout aussi "excitant"). Bref, j'avais un voisin de merde en supplément, il faudrait d'ailleurs que j'écrive quelque chose sur tous les trucs qui peuvent à coup sûr vous gâcher une séance de cinéma.

Bref, j'écris autant de "bref" que Jeff Goldblum fait de "euh" en parlant, parce que Kyan Khojandi incarne le même personnage que dans sa série "bref". Mais j'en écris aussi beaucoup pour bien vous montrer que c'est tout aussi pénible à lire, qu'à entendre. Bref, les personnages sont sympas, bigarrés et plutôt attachants, mais les 3 personnages principaux ne prennent aucun risque dans leur interprétation, à tel point que j'en ai rien eu à cirer de leurs problèmes et de leur vie barbante, faignante et/ou médiocre, selon. Non côté désaxé, Anémone obtient la palme d'or, Philippe Rebot celle d'argent et Sara Giraudeau celle en bronze, on en oublierait presque la chanteuse de cabaret qui ferait presque passer Barbara pour le pendant féminin de Khaled.

Bref, même si c'est une adaptation et même si c'est le premier film de Julien Rappeneau (fils de J-P Rappeneau), j'ai trouvé ça rasant. Quelques dialogues sortent du lot, de même que certaines situations, mais le seul véritable bon point que j'ai pu trouvé à ce film vient de son découpage et sa manière d'alterner les personnages. Si le procédé n'a rien d'innovant, il est bien exploité et apporte une conclusion empreinte de la poésie dont le reste du film est dénué. 
Encore une fois, il ne s'agit que de mon point de vue, ne le prenez donc pas comme vérité absolue, car je peux parfaitement comprendre qu'on apprécie ce film (qui, pour une première réalisation, est bien fichu), allez donc le voir pour vous faire votre idée, sachez seulement qu'on est loin de la fable merveilleuse de Jean-Pierre Jeunet.

Licence Creative Commons
Bref, le film du Mocking Crow est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

Publié dans le coffre à bobines, Films

Commenter cet article