Midnight Special (Attaque de Lens Flare)

Publié le par Mocking Crow

Les étoiles roses tombent du ciel !

Les étoiles roses tombent du ciel !

Midnight Special, voilà un film qui, avec 10 Cloverfield Lane a manqué et manque toujours cruellement de médiation en France. Pourtant, les notes des critiques et les avis parlent d'eux-mêmes : c'est l'une des meilleurs sorties de l'année (même si celle-ci est encore peu entamée) et je rejoins les avis, même si le film m'a déçu et que je fonde de plus grands espoirs sur la mystérieuse suite de Cloverfield. 

Contrairement à ce que tout le monde dit, il est facile de parler du scénario sans rien spoiler. Celui-ci prend place aux Etats-Unis où un père de famille au passé ombreux, son fils Alton et son ami Lucas s'efforcent d'échapper à une sorte de secte religieuse et à toutes les forces fédérales du pays. Si la raison de tout ce chaos tente en vain d'être camouflée durant une bonne demi-heure, elle est toute simple le gamin est une bombe atomique ambulante. Voilà je ne vous spoil rien, puisque vous avez peut-être vu la B.A. ou tout simplement regarder l'affiche. 

Le film est un mélange de Science-Fiction, de Thriller et de Road-drive, très nostalgique car n'étant pas sans rappeler les films de J.J. Abrams louchant vers les années 80 (genre Super 8). Mais à la différence de la production de ce réalisateur, les films de Jeff Nichols (le réalisateur de Midnight Special) sont construits bien plus intelligemment. Pour une fois je vais citer une critique (Premiere) : Midnight Special ressemble plus à un film des années 80 qui regarde vers aujourd’hui qu’à un film d’aujourd’hui qui se souviendrait des années 80. Tout est dit dans cette simple phrase, pour une fois qu'un pro me coupe l'herbe sous le pied... 

Comme tout film qui rend hommage à Spipiel, le lens flare est omniprésent.

En outre, exit la déblatération du scénario et des raisons de telle ou telle action par les protagonistes de manière aussi peu naturelle qu'une mamie faisant des rollers, ici tout est expliqué au compte goutte. Dans la majeure partie des films, lorsque les personnages entrent en scène et veulent bien nous faire comprendre le contexte, on a droit une déblatération complète du passé de chacun, commenté à coup de "arrête avec tes salades", "on sait, ça fait 10 ans que tu nous en parle". Ici niet. Vous voulez tout savoir ? Et bien regardez le film, bande d'ingrats. De quoi prendre à contrepied un certain nombre de codes cinématographiques et pourtant... pas tant que ça.

Je ne veux pas faire ma langue de bois, mais je vais tempérer les ardeurs de beaucoup, parce que ce film n'a rien de révolutionnaire. Des déconstructions scénaristiques de ce genre, on en a vu plein (Mulholland Drive par exemple), en outre à force de zieuter sur Spielberg avec les valeurs de la famille et une SF kitsch, l'entrain du film retombe dans le dernier quart d'heure, se dote d'incohérences, d'un climax prévisible et surtout d'une fin convenue (le dernier plan est pourtant parfait pour clôturer le film). De même le développement minime des personnages engendre quelques étrangetés (la relation du père adoptif et du père biologique ? Rien à cirer) et certaines scènes des B.A. se sont tranquillement retrouvées évincées du produit fini.

Le film n'est pas mauvais pour autant, il est juste bon, voire très bon, mais possède des défauts que l'on veut beaucoup trop passer sous silence. Côté acteur on a Michael Shannon (Zod dans Man of Steel pour les ignares), Jaeden Lieberher (qui ne jouit pas d'une VF exceptionnelle et tire une tête de narcoleptique tout le long du métrage), Joel Edgerton et Kylo Ren (Adam Diver, beaucoup plus convaincant qu'en Sith victimisé), entre autres. Tous endossent parfaitement leur rôle, le contraire aurait été en un sens étonnant dans un film aussi intimiste. Autre point important, la bande-son. Les musiques atmosphériques emplissent progressivement l'espace, tandis que la gestion du silence et du bruit blanc apporte son lot de tensions.

Alors en quoi est-ce une déception ? Tout simplement parce que j'en attendais plus (avec 10 Cloverfield Lane et Batman V Superman, c'est l'un des films que j'attendait au tournant cette année), on m'avait promis un film étonnant à l'atmosphère mystérieuse, pour au final me retrouver avec un film à la J.J.Abrams croisé avec Looper, empreint d'une atmosphère mystérieuse. Mais ça n'en reste pas moins une bonne pioche, qui aurait mérité d'être autant oscarisé que The Revenant, s'il était sorti plus tôt.

Licence Creative Commons
Midnight Special du Mocking Crow est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

Publié dans le coffre à bobines, Films

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