Divergente 3 (les mêmes et on recommence)

Publié le par Mocking Crow

Une équipe de winners

Une équipe de winners

Ce 3ème film de la saga Divergente va-t-il la sauver de la noyade eeeett la réponse est non. Un peu de logique dans ce barda lisse et fade c'est déjà ça. Non ce troisième et malheureusement avant-dernier opus n'est pas mieux que les précédents... en fait il est même pire. Non content d'avoir des personnages toujours aussi insipides (j'y reviendrai) et une réalisation encore brinquebalante, on nous ressert une fois de plus la même soupe, à savoir le nouveau camp, il est bien ou il est pas bien, ah bah finalement un peu des deux. Sérieusement depuis le premier, qui pourtant était déjà rasant, on nous balançait ce pitch avec les factions c'est bien ou pas ? Moi j'en ai marre de mon mien et j'ai bien envie de me faire bizuter dans celle de Rocky. Ah bah finalement c'est pas terrible, surtout que la soeur de Snow a décidé de prendre la grosse tête.
Le deuxième rebelote, la soeur de Snow rendu manchot à la fin du premier est comme neuve et a pris le pouvoir sans raison sur son troupeau de ruminants, tandis que Tris décide de tester le camp des résistants. Alors finalement c'est bien ou c'est pas bien ? Ah bah, en fait un peu des deux, ces faux anarchistes amateurs de combats de teckels veulent juste renverser Janine et... prendre sa place, comme ça, tranquille. Que nous réserve donc, ce troisième bouquin coupé en deux et apparemment mal adapté ? Eh bien si on quittait ce vieux ghetto de mâchouilleurs de marijuana pour voir de l'autre côté de cet amas de poutrelles ancré dans du béton histoire de voir s'ils valent mieux que tous ces cas sociaux. Ah bah finalement ce sont aussi des petits incontinents... Tris, tu peux arrêter de prendre des initiatives, toi ou ton copain hormonalement déréglé je m'en fiche, mais renouvelez-vous merde !

Parce que ce troisième épisode suit la même structure que les précédents, possède un scénario débile et creux et nom d'un corbeau qu'est ce que c'est lisse ! La trame scénaristique a gardé des rebondissements vieux comme le monde, pour la fin, mais dont n'importe qui pourrait se douter, avec un effet de mise en scène particulièrement caricaturale au possible. En plus de ça, c'est bourré d'incohérences, d'une part à cause d'un certain nombre de plans boiteux où les personnages se sortent de toutes sortes de situations à coup de pirouettes et de ratures scénaristiques. 

Au passage la bande annonce ne semble pas être d'accord sur le titre du film

D'autre part à cause des personnages en eux-mêmes. Tris est un réverbère. Cette fille est censée se dépasser, sauf que quand c'est pas Quatre qui fait tout le boulot, on la remet gentillement à sa place à coup de misogynie et "laisse faire les événements fillette à la chevelure multiple". Véritable Mary Sue, elle laisse toute l'intrigue lui glisser dessus et surmonte tous les obstacles avec un grand sourire aux lèvres. Même la relation avec son frère qui normalement aurait dû faire naufrage, est totalement passée sous silence. En fait les trois quarts de l'intrigue reposent sur Quatre, qui bave beaucoup trop après sa chérie et castagne tout le casting à coups de poing surlignés à grand renfort de bruitages et de figurants en carton. 

Les autres acteurs sont tranquillement ignorés, même si on perd notre temps à regarder les citadins s'entretuer pendant des heures, d'une manière inutilement complexe, pendant que ces voyeurs d'aryens les observent avec un système de surveillance qui ferait pâlir la NSA. J'en retiendrai deux, Miles Teller qui a l'air de se faire chier mais à un point et nous gratifie d'une tête de trois pieds de long à chacune de ses apparitions. Et puis il y a Jeff Daniels, dont les motivations de son personnage sont encore plus fumeuses qu'une discussion avec Jean-Claude Van Damne et sujet à des incohérences en tous genre. Bref les personnages sont beaucoup trop formatés pour être attachants.

Et putain, qu'il est chiant ce film mon Dieu ! Entre les invraisemblances, les éléments comme la Marge ou Edgar qui n'apportent rien (et qui pourtant le devraient), les rebondissements prévisibles et les expériences brumeuses de David, c'est la mort ! Certes les Divergente n'ont jamais brillé par leur rythme, les deux films précédents avaient des longueurs principalement consacrées au pelotage de Tris et la romance à la Twilight qui en découlait. Eh bien ici c'est pareil, non c'est même pire en fait, parce que cette fois Tris a décidé d'assumer son rôle de godiche, en se laissant dorloter par David et ses sous-fifres, pendant que les autres font mumuses avec des gadgets technologiques. Le tout saupoudré de scènes d'action efficaces, mais trop rares et de retrouvailles humides entre les deux godelureaux, après 20 minutes de séparation.

Bref c'est chiant, prévisible mais possède un certain cachet visuellement : les environnements sont bien fichus et les villes futuristes très réussies. Maintenant ça ne suffit pas à compenser les défauts du film, magnifiés par une des fins les plus putassières et mal fichues que j'ai pu voir dans ce genre de métrage. Visiblement le livre ne devait pas être fait pour être divisé en deux, de sorte que la coupure donne l'impression d'arriver en plein milieu d'un dialogue. C'est limite si au prochain film Evelyne, Quatre ou Tris va nous sortir au début "Et donc c'est maintenant l'heure de nous venger !".

Maudit soit ce binoclard balafré pour avoir lancé la mode des sagas pour young adults dont le dernier bouquin se retrouve coupé en deux. En plus c'est toujours pareil ! D'une part c'est toujours le dernier, d'autre part la deuxième partie est toujours réservée à la baston et si dans Harry Potter et Hunger Games les deux parties étaient cohérentes et bien organisées, dans Divergente c'est juste rasant et insipide (ne me parlez pas de Twilight, je me suis arrêté au trois et ça me suffit grandement). En fait de toutes les sagas pour young adults, Divergente est (avec La Cinquième Vague) de loin la plus stéréotypée, la moins originale et surtout la plus barbante ! Et je ne compare pas qu'avec Hunger Games, je prends aussi L'Epreuve et The Giver, c'est dire. On est vraiment dans le fond de la corbeille et la dernière partie ne risque pas de relever le niveau.

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Divergente 3 du Mocking Crow est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

Publié dans le coffre à bobines, Films

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