Dieumerci ! (un noir et un blanc ne sont pas toujours intouchables)

Publié le par Mocking Crow

Intouchables, chapitre 2 : la guérison

Intouchables, chapitre 2 : la guérison

Dieumerci, 44 ans, tout juste sortie de prison décide de changer de vie et suivre son rêve : devenir comédien. Pour y parvenir il se permet de passer par la voie dorée en s'inscrivant au cours Vendura. Vous savez cette école de bourges où on est obligé de vendre sa voiture pour se faire engueuler pendant un an. Eh bien il y entre et finance ses cours par des boulots d'intérim. De base, c'est déjà bien fantasque, mais la suite aurait pu lui faire perdre tous ses cheveux si le bon Dieu avait eu la grâce de lui en filer. Non content de mener une vie précaire, dans un hôtel miteux, à l'ambiance... particulière (la voisine a décidé de réécrire les Fifty Shades), il doit en plus se coltiner son partenaire, Clément, 22 ans et sa parfaite Némésis. Evidemment ça part très mal, mais au fil des anicroches, le duo va finir par s'apprécier et entrer dans la lumière.

Dieumerci n'invente ni l'eau chaude, ni l'eau tiède : c'est convenu, la musique est fade, les personnages sont creux (dans le sens où on ne creuse pas trop leurs personnalités respectives, à part celle de Dieumerci) et la narration d'un classicisme dangereux. Non ce qui compte c'est l'humour, après tout c'est une comédie sans aucun adjectif la subtilisant ou la démarquant des productions françaises actuelles. A ce niveau-là, c'est réussi, le film fait son taf et on passe un bon moment sans trop se poser de questions. Le problème (qui au fond n'en est pas un) c'est que son réalisateur (et acteur principal) tente d'aborder des sujets plus graves et plus sérieux, mais de manière beaucoup trop superficielle. Lucien Jean-Baptiste s'inspire de son vécu en abordant les difficultés d'être un comédien noir sur la scène française et l'esclavage des ouvriers en intérim. L'ennui c'est que le résultat est bancal, en partie à cause du tandem à la Intouchables (l'estropié en moins).

Si Lucien Jean-Baptiste affirme son tempérament de comédien, son binôme est beaucoup plus amorphe. Sans être mauvais, Baptiste Lecaplain a juste un rôle qui colle avec sa gueule, à savoir un étudiant à deux de tension, perpétuellement dans le lointain. En outre son personnage est totalement vide et inintéressant donc on l'oublie très vite. Les autres acteurs sont tous bons, surtout lorsqu'il s'agit de faire du théâtre dans du cinéma, où la tâche est comme chacun sait, très ardue. Mais ce ne sont pas ceux-là les meilleurs. Non les meilleures ce sont Firmine Richard et... une autre, dont l'accent noir incompréhensible rend chacune de leur apparition à l'écran totalement jouissive. Ah et il y a aussi Michel Jonasz, qui vit dans sa voiture et qui est devenu avocat, son personnage est inutile mais le chanteur est très bon dans ce rôle (il a déjà prouvé qu'il était bon acteur de toute manière).

Mais pas de méprise Denise, le film est réussi, c'est juste une comédie sans prétention, bourrée de bonnes intentions, c'est tout. Le hic supplémentaire c'est que si vous avez déjà eu l'occasion de visionner la bande-annonce eeeeh bien vous avez vu tout le film, la structure étant rigoureusement la même dans le teaser. Bon d'accord vous manquerez d'excellents gags, les trois quarts des meilleures répliques et surtout l'ex-bondissant Michel Jonasz, mais vous aurez une petite idée de ce à quoi vous en tenir...

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Intouchables 2 du Mocking Crow est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 InternationalEt abonnez vous les moineaux.

Judas ! Ce fut court, mais j'ai pas grand chose à dire de plus.

Publié dans le coffre à bobines, Films

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