La 5ème Vague (Tsunami scénaristique)

Publié le par Mocking Crow

D'entrée de jeu l'affiche ressemble à un montage avec celles de 2012 et d'Oblivion

D'entrée de jeu l'affiche ressemble à un montage avec celles de 2012 et d'Oblivion

Très franchement je ne savais pas trop à quoi m'attendre, les bandes-annonces ne me disaient rien et le scénario n'avait rien de bien transcendant ; ceci étant je pensais quand même passer un bon moment... et ce ne fut pas le cas. Quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre que c'est l'adaptation d'une énième trilogie pour young adult. L'aspect young adult, ça pas de soucis j'avais compris ; mais l'adaptation d'un best-seller (une fois encore inconnu du grand public) peut annoncer tout et n'importe quoi depuis quelque temps, surtout lorsque c'est annoncé d'une manière à peine pompeuse peu avant la projection (la trilogie qui risque de détrôner Hunger Games... rien que ça, bonne chance). Et verdict ? C'est... mauvais. Vraiment, je ne vois pas d'autre qualificatif, c'est mauvais. En fait c'est en quelque sorte la variante aquatique de Terre Brûlée : c'est bourré de clichés, de grosses ficelles et de coïncidences invraisemblables, les incohérences se comptent à la pelle et les faux raccords... Sérieusement, je n'ai jamais vu autant de faux-raccords dans un film de ce genre ! Certains relèvent du détail (l'héroïne change de paires de chaussures durant les 100 mètres à pied de la toute première séquence du film), mais d'autres sont carrément des points fondamentaux du scénario ("Nous n'avons qu'un bus, on ne peut pas transporter beaucoup de monde..." Vraiment ? Pourquoi on en voit deux sur le plan suivant ?). Après tout n'est pas à jeter, puisque l'esthétique post-apocalyptique est somme toute réussie (pas trop futuriste), le casting possède quelques gueules intéressantes (en dépit de la démarche de canard et des mordillements de lèvres de Chloë Grace Moretz qui feraient pâlir Christian Grey) et la musique remplie plutôt bien son rôle. Mais dans l'ensemble, le niveau est très bas.

Falling Skies, le film

Pourtant ça partait pas trop mal, durant la première demi-heure c'était même plaisant, je me suis même surpris à penser qu'il manquait juste la petite étincelle de quelque chose pour le hisser sur les marches du podium. Sauf que plus le scénario avance, plus ça sent le resucer et le manque flagrant d'inspiration, à tel point que j'ai plus eu l'impression d'assister à une tentative d'adaptation cinématographique de la série Falling Skies. Que ce soit les vaisseaux aliens, le vaisseau mère, les parasites aliens ou les liens du sang, tout ressemble à s'y méprendre à la série... en plus creux. Ben oui, difficile de condenser un pavé de 600 pages en un peu moins de 2h de film et cet allégement se fait très vite sentir, puisqu'une fois les bases du scénario posées, les relations entre les personnages se développent à la même vitesse que chez les Sims et s'enlisent dans les clichés. A cela s'ajoute un tronçonnage narratif très mal fichu, dont découle une échelle temporelle bizarrement construite.

Tant qu'à faire autant vous présenter un peu le scénario qui donc commence par un faux-raccord et un excès de stress, avant d'entamer un flash back nous indiquant comment le monde est partie en vrille. On suit donc les péripéties de Cassie Sullivan, une Mary-Sue follement amoureuse du "beau" Ben Parrish (l'ado dude bro de Jurassic World​), chantant - comme toute les grandes soeurs - des chansons à son frère dans ses coups de blues (remarquez l'originalité) et menant sa dernière journée de lycéenne américaine aisée (je dis bien aisée, les américains n'ayant pas la même notion de normalité que nous). A la suite de quoi, le monde entier se prend une décharge électromagnétique mettant H.S. pour toujours (?) tous les appareils électriques. Comme il n'y a pas assez de noirceur dans le scénario, l'humanité se prend tour à tour une vague de cataclysmes, une pandémie et une invasion parasitaire. Heureusement tout va très bien pour Cassie, si on met de côté le fait qu'elle se soit retrouvé séparée de son frère. Elle s'est d'ailleurs mis bille en tête de le retrouver, même si cela implique de faire 130 km à pied dans un monde hostile, où n'importe quel individu peut être un ennemi.

Une B.A. du plus bel effet

Dit comme ça, c'est sympathique, sauf que plus l'histoire avance, plus le film essaie de manger à tous les râteliers en se cassant une dent à chaque fois, si bien qu'au final il reste plus grand chose, si ce n'est une vague bouillie sentimentale à la Stephenie Meyer et un bullshit scientifique justifiant d'énormes raccourcis scénaristiques. Pire, à force de tenter de justifier la présence d'ados et d'enfants dans les rôles clefs, les scénaristes ont fini par leur filer des armes à feu façon Full Metal Jacket, quel que soit leur âge... bravo. Le tout se ponctue par un twist scénaristique à peine convenu, pour finalement se conclure sur une morale à deux francs et une fin semi-conclusive.

A mes yeux et surtout mes oreilles, le meilleur passage du film était la chanson du générique (interprétée par Rihanna), c'est vous dire. C'est creux, convenu, les tentatives d'humour sont toutes plus lourdes les unes que les autres, la VF est minable (les tournures sont tout sauf naturels et les doubleurs récitent beaucoup trop leurs textes), les dialogues sont téléphonés et les personnages inconsistants. Vendue comme la trilogie qui va dépasser Hunger Games, elle s'est finalement retrouvée être un sous-Divergente (je parle de l'adaptation, le livre m'étant totalement inconnu), un comble. Un conseil, inutile de payer pour aller voir ça, lisez plutôt le livre, ce sera plus rentable pour vous.

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Publié dans le coffre à bobines, Films

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