Avé, César ! (Hollywood Madness)

Publié le par Mocking Crow

Des affiches en veux-tu en voilà !
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Des affiches en veux-tu en voilà !

Avé, César !, dernière production des frères Coen, ne se situe clairement pas parmi leurs meilleurs films, mais n'en reste pas moins un film que j'ai attendu dès la première bande-annonce et apprécié. Apprécié au point d'aller le voir deux fois d'ailleurs. Avé, César ! est un film dans un film sur le machine à gaz hollywoodienne des années 50, avec ces immenses hangars où étaient indifféremment tournés des comédies musicales, des romances à deux balles, des thrillers, des odyssées et des péplums, dans le seul but de vendre et de divertir la masse humaine. Dans tout ce joyeux bordel, on suit une journée d'Eddie Mannix, un fixeur chargé de régler les problèmes des grands studios dans le plus grand secret. Et nom d'un chien ça rigole pas, enfin si ça rigole et plutôt bien d'ailleurs, mais la journée est un vrai capharnaüm de folie furieuse, tournée comme un film des années 50, alternant les personnages à la moulinette, les plateaux de tournage à la sulfateuse et un narrateur grandiloquent. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'on ne s'ennuie pas, en revanche pas sûr que toute cette densité plaise à tout le monde.

Après le style des frères Coen est là, sans égaler The Big Lebowski, certaines situations sont excellentes, la parodie réussie et l'humour caustique fait son taf, même si le tout s'essouffle dans la "seconde partie". La faute peut-être à un scénario bizarrement fichu, qui de par cet aspect échappe au cinoche de fripier, mais se perd un peu dans ses visions rêveuses en multipliant les excentricités et les personnages inutiles. Les personnages... les personnages sont campés par des acteurs de renom, que ce soit les têtes d'affiche ou les seconds couteaux, le film renvoie Spotlight au bac à sable tant les gueules célèbres sont nombreuses. L'ennui c'est que tout ce beau monde ça fait cher, donc la plupart n'apparaissent que dans une scène ou deux et ne servent strictement à rien, si ce n'est montrer qu'Eddie Mannix ne risque pas d'être au chômage. J'ai quand même été agréablement surpris de voir Christophe Lambert, que je n'avais pas vu depuis un bon moment, sauf dans le Palmashow, même si son rôle ne sert à rien. Mais bon les acteurs s'amusent (surtout Channing Statum qui a moulé son petit cul dans un uniforme  de marin) et certaines situations, comme le face à face Halden Ehrenreich - Ralph Fiennes ou la réunion religieuse, sont déjà cultes.

Niveau musique, c'est correct. Il n'y a qu'un thème, qui est repris à toutes les sauces (du jazz au biblique) jusqu'à l'overdose, histoire de nous montrer que le cinéma et le recyclage, c'est tout une idylle. Niveau scénario c'est pataud, mais sympa, l'idée de présenter le film comme un cycle sans fin est bonne, même si justement la fin donne l'impression d'avoir été torchée au papier buvard (ça arrache et ça vous fait mal durablement). Qu'à cela ne tienne, j'ai bien aimé et je le recommande à tous les cinéphiles avides de bons temps modernes comme vintages. Je vous quitte avec la liste des personnages qui valent le détour.

  • Eddie Mannix (Josh Brolin), le fixeur et véritable protagoniste principal dont le seul souci est sa passion pour le tabac.
     
  • Baird Whitlock (George Clooney dans son rôle) acteur de renom à la gestuelle mi-Mr Bean, mi-César au lendemain d'une cuite à la vodka mélangée à 7 kg de cocaïne (me demandez pas ce que ça fait j'en sait rien, mais c'est cool à écrire).
     
  • Hobbie Doyle (Halden Ehrenreich), le Lucky Luke du western forcé de tourner dans un drame psychologique victorien. Si seulement c'était aussi simple. 
     
  • DeeAnna Moran (Scarlett Johansson), bien qu'en tête d'affiche elle n'apparaît que deux fois, jure comme une roturière russe et se contente d'avoir le béguin pour...
     
  • ... Joe Silverman (Jonah Hill) dont le charisme se situe entre un flamby et une chouette.
     
  • Thora et Thessaly Thacker (Tilda Swinton), critiques de presse aux goûts vestimentaires douteux.
     
  • Burt Gurney (Channing Tatum)... j'hésite entre une pub de J.P. Gautier qui aurait mal tourné ou une adaptation maritime de West Side Story.
     
  • Les communistes, enfin plutôt sophistes-communistescomposé de l'auteur de Once upon a Time (je sais plus le nom), de Rodolphe de free, de quelques hystériques et d'un prof de philo qui passe son temps à déblatérer des propos oiseux incompréhensibles, comme tous les philosophes.
     
  • Les religieux : un orthodoxe à la rammasse, un imam terre à terre, un pasteur volubile et un rabbin agressif, dans une séquence particulièrement jouissive pour les athées et les agnostiques.

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Ah oui, certaines scènes ne peuvent bien passer qu'en VO, donc...

Publié dans le coffre à bobines, Films

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