The Hateful eight (bla-bla-bla, pan-pan, argh)

Publié le par Mocking Crow

The Hateful eight (bla-bla-bla, pan-pan, argh)

La dernière production de Quentin Tarantino, The Hateful eight (ou pour reprendre la désastreuse traduction française les huit salopards)est sorti dans nos salles obscures depuis maintenant près de deux semaines ; ce qui veut dire que cela fait 13 jours que j'ai assisté à la projection de la chose et n'est rien dit jusqu'ici. Pourquoi ? Manque de temps tout simplement, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Si je devais rapidement présenter la chose, c'est comme si Inglorious Bastard et Django avaient fusionné en organisant un gang bang avec Dix petits nègres d'Agatha Christie et Huis clos de J-P. Sartre (la philosophie en moins, le délire en plus), voilà.

Vous l'avez peut-être déjà compris, cet article va radicalement trancher avec le précédent. Nulle poésie et point de sensibilité, à la place on a huit personnages coincés dans une auberge en plein milieu des montagnes, balayées par le blizzard. Et comme c'est un film signé Tarantino réservé au plus de 12 ans, vous vous doutez bien qu'ils ne vont pas s'asseoir autour d'une bonne soupe en jouant aux echecs. Non bien sûr que non, chaque personnage ayant une part d'ombre, la soirée est plutôt placée sous le signe de la tromperie, des trahisons et des réglements de compte.

Une fois encore Tarantino use et abuse de son style si particulier avec ses dialogues à rallonge, bourrés de tension, son humour aussi noir que décalé et sa violence totalement exagérée (même si on n'atteint pas les mêmes sommets que dans Django). Mais autant le dire tout de suite, si vous n'aimez pas le style du réalisateur passez votre chemin, parce que vous allez vous ennuyer ferme. J'adore les films de Tarantino et pourtant, j'ai trouvé certains passages longuets, à force de développer ses dialogues, il semblerait que le réalisateur se soit perdu en chemin, avant de balancer une explosion de violence. Violence, comme toujours très caricatural, puisqu'une fois encore (et la médecine vous le confirmera) un corps humain contient 30 litres de sang et explose comme une pastèque trop mûre. Mais ce déchaînement de violence bien gore ne se manifeste que tardivement, le premier coup de feu n'étant tiré qu'au bout d'une heure et demie !  

Le trailer qui ne veut rien dire, allez plutôt voir le film.

Malgré tout, les acteurs s'amusent, le réalisateur également et les spectateurs aussi semble-t-il. Pour les personnages je n'ai qu'un regret, que Christoph Waltz n'incarne pas le personnage du bourreau, celui-ci rappelant fortement le dentiste-chasseur de prime de Django. À la place on a un de ses acteurs fétiches : Tim Roth, qui incarne parfaitement le petit anglais guindé en total décalage avec sa profession. Passé ce regret, les acteurs sont excellents, au même titre que la bande-son. Ah la bande-son ! Finalement c'était une bonne chose que Tarantino se fasse engueuler par Ennio Morricone puisqu'en composant une B.O. spécifiquement pour le film, le maestro montre qu'il peut encore nous réserver des surprises. Suivant le principe de l'amplification, les différents thèmes se démarquent clairement des western spaghettis chers au compositeur. D'ailleurs le film n'est en rien un western, plutôt un cluedo sur fond de western, teinté de thriller. Le twist final est magistral, bien sanglant et franchement si vous aimez Tarantino, n'hésitez pas, foncez !

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Ze Hateful Eight du Mocking Crow est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

Publié dans le coffre à bobines, Films

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