Once Upon a Time (Disney Awaken)

Publié le par Mocking Crow

Once Upon a Time (Disney Awaken)

Quand l'imaginaire rencontre le réel

Once upon a time, la série qui a fait la joie de certains, pleurer de rire d'autres à son arrivée en 2011 et pourtant 5 ans plus tard, elle est toujours là plus en forme que jamais. Pour ceux qui vivent dans une grotte ou pour qui le titre n'évoque rien, si ce n'est de lointaines et douloureuses leçons d'anglais, les personnages de contes de fées et des classiques de la littérature plus ou moins fantastique se sont retrouvés propulsés dans une bourgade du Maine (Storybrooke) du monde réel. Passé le désagréable moment de penser à l'adaptation série du film homonyme rose bonbon de Kevin Lima, vous allez soit dire "pourquoi pas", soit "de la merde en bouteille". Mais en fait non. Pourtant, je dois bien admettre que moi-même je ne partais pas gagnant avant de visionner le premier épisode, sauf qu'au terme de celui-ci j'avais juste hâte de voir le suivant, et celui d'après et encore après... Parce qu'une fois remis du fait que Blanche Neige soit tout sauf belle, à l'inverse de la Reine Maléfique (ce qui prend totalement à l'envers le conte original, mais bon, après tout personne n'est là pour regarder un concours de Miss Monde) et ben force est de constater que c'est bien foutu. Les effets spéciaux sont réussis (pour une série j'entends), la musique est sympa, les chorégraphies des combats remarquables et les acteurs vraiment bons. Le plus surprenant côté acteur réside dans la présence de Robert Carlyle (Trainspotting, The Full Monthy, vous ne verrez plus jamais l'acteur de la même manière après avoir visionné ces deux films) dans un double-rôle taillé sur mesure. Disons-le tout net, c'est le meilleur acteur de la série... même si les autres n'ont pas à rougir.

Gni hi hi la magie a toujours un prix !
Gni hi hi la magie a toujours un prix !

Gni hi hi la magie a toujours un prix !

Derrière les caméras se sont Adam Horowitz et Edward Kitsis qui ont les commandes et ont admirablement bien fait leur taf jusqu'à la saison 4 (non incluse). D'ailleurs le second est un habitué des séries longues, puisqu'il était scénariste dans la série qu'on ne présente plus : Lost ; l'occasion de placer quelques références et easter eggs sur celle-ci au fil des saisons. Après tout n'est pas parfait, les couleurs pétantes et les costumes hollywoodiens constituent un parti-pris qui ne peut plaire à tout le monde (preuve en est dans mon entourage), de même le fond bleu est franchement dégueu par moment et la qualité des effets visuels inégal (le meilleur y côtoie le pire), tout comme la chorégraphie des scènes d'action.

Après une première saison étincelante, au final sans temps mort, une deuxième saison tout aussi réussie à vu le jour, ajoutant des personnages plus ou moins interessant (j'ai bien compris que le public féminin avait craqué pour Colin O'Donoghue) mais assumant complètement son univers fantasque (Dr Frankenstein contre la Reine Maléfique ?! What ?) et se clôturant sur un cliffhanger très prometteur. Les promesses ont été tenues à travers la saison 3, qui malgré ses longueurs a eu la bonne idée d'ajouter Peter Pan (le vrai, tuant froidement les enfants perdus) et Le Magicien d'Oz. Le succès aurait pu être total si Wonderland avait été de la partie (réunir les 3 oeuvres qui ont boulversé l'imaginaire à la fin du XIXème, certains en rêve dont moi), mais à l'inverse des deux premières saisons, l'univers d'Alice n'a pas répondu à l'appel.

En revanche on a eu droit à un spin-off, qui a dû faire tourner et retourner le cadavre décomposé de Lewis Carroll dans sa tombe par sa nullité, ses incohérences et sa crétinerie : Once upon a Time in Wonderland. N'ayant pas eu la patience d'aller jusqu'au bout, je me contenterai de dire que mélanger le monde d'Aladin (de Disney) à celui de Lewis Carroll ne  passe déjà pas bien à la base, mais en plus greffer une histoire d'amour entre un génie et Alice et changer la reine de Coeur en fille de joie, c'est juste... pas possible. Voilà pourquoi il n'y aura pas de saison 2. D'un autre côté c'est quand même dommage, puisque l'esthétique numérico-baveuse avait un certain cachet et les créatures fantasmagoriques du Pays des Merveilles étaient pas trop mal.

Comment voulez-vous que je reste sympa avec ce genre d'affiche ? On dirait Twilight sous LSD !

Comment voulez-vous que je reste sympa avec ce genre d'affiche ? On dirait Twilight sous LSD !

Tournant vers Disney

Et puis arrive la saison 4. Actuellement il y a 5 saisons au compteur et pourtant je vais me limiter à celle-ci. La raison est toute simple : la série commence à prendre une très, mauvaise, direction. Il est clair que j'aurai comme tout le monde pu télécharger les épisodes au compte goutte, mais très franchement je me contente de suivre sa diffusion télévisée ce qui me suffit amplement. Mais commençons par le début, la saison 3 se conclue à l'instar des autres par un final très plaisant (un voyage spatio-temporel) et un cliffhanger, qui malheureusement ne sent déjà pas très bon. Les scénaristes ont ajouté le conte de La Reine des Neiges. Bon d'accord une reine cruelle au coeur de glace... sauf que non. Plutôt que d'intégrer le conte originel ces andouilles ont décidé de prendre la version de Disney ! Le résultat est insupportable !!

​Je ne suis pas un grand fan de Disney (en terme d'animation je préfère d'ailleur les studios Ghibli), mais pour ce qui est de La Reine des Neiges ce n'est pas possible, c'est niais comme pas permi, les chansons sont plus insupportables les unes que les autres et merde, c'est bourré d'incohérences ! Maintenant transposez ce machin dans la série Once upon a Time et ça donne ça :

Bah ! C'est niais, c'est bleu, y a des paillettes, pas de doute c'est Disney

Bah ! C'est niais, c'est bleu, y a des paillettes, pas de doute c'est Disney

Je ne sais pas comment réagir en voyant le niveau de soin apporté à la reconstitution. Les trolls ont les mêmes doubleurs que le film (ainsi que la même apparence), les décors sont les mêmes et les acteurs ressemblent aux personnages animés à un point, ça force l'admiration. Sauf que le fond de la série en pâtit aussi, les dialogues deviennent très cucul (c'était un peu le cas avant, avec des contes se clôturant par des mariages et des bals, vous vous doutez bien qu'il y a des obligations... et des limitations) et puis il y a Anna, la soeur d'Elsa. Elle parle, elle parle, elle parle et c'est l'enfer ! On a juste envie de la claquer dès qu'elle ouvre son bec (mention spéciale pour la VF), pendant qu'elle nous déblatère des conneries et quand elle sourit pour conclure ! Sans compter qu'il y a son petit ami : loin de la canaliser il amplifie son caractère pénible en nous gratifiant de vans dude-bro à la première occasion ! Comment on a pu en arriver là ?! Les scénaristes ont sniffé du mercure c'est pas possible (Et là les personnages se réunissent chez Granny, chantent Let it Go et font une bataille de boule neige. Pas mal hein ?) !!

Bon je me calme, parce que les scénaristes ont quand même intégrer la vraie Reine des Neige. Elle est incarnée à la perfection par Elizabeth Mitchell, sauf qu'étant donné qu'elle a quasiment le même rôle que dans Lost (et ça lui colle à la peau, faut l'admettre), la subtilité part à l'incinérateur, puisqu'on sait que c'est une saloperie sans espoir. Mais cette attention, qui se révèle finalement être la pierre angulaire du scénario est très agréable et bigrement bien fichue au final (même si elle soulève beaucoup de questions et d'incohérences). Alors voilà tout est bien qui finit bien... mais à nouveau non. L'arc de La Reine des Neiges est terminé et une nouvelle galerie de méchants se manifeste. Trois pour être précis : Maléfique façon Angelina Jolie (l'actrice n'est évidemment pas là, pourtant sa remplaçante, Kristin Bauer, boudinée dans le costume ressemble beaucoup à l'image du film), le laidron tentaculaire des abysses Ursula (bien plus canon dans cette version) et... Cruella ??? Cruella, oui, des 101 Dalmatiens. En un sens ça devait finir par arriver étant donné que depuis le début de la série les seuls chiens de la ville sont des dalmatiens. Mais même, que vient faire Cruella dans ce trio ? Elle n'a rien de magique (si ce n'est ses goût vestimentaires douteux), ne figure pas dans un classique littéraire ou un conte... Pour ne rien arranger c'est Cruella comme on la connait, avec son immonde manteau à fourrure et ses mèches aussi peu raffinées que Valérie Damidot. Et dire qu'on est censé la craindre...

La fine équipe

La fine équipe

Je ne connais pas les détails de l'organisation interne de la série, mais pour pomper autant sur l'esthétique et les personnages Disney, c'est que l'entreprise n'y est pas pour rien. La seule chose que je vois pour l'instant, c'est que la série prend un très mauvais virage en infantilisant son contenu, qui, il me semble, ne s'adresse pas uniquement à eux, bien au contraire. J'ai eu le malheur de lire le pitch du début de la 5ème saison, ce qui m'a bien spoilé un point-clef de l'intrigue, mais aussi rassuré sur un point : l'intérêt est toujours titillé. Cependant dans l'état actuel des choses je n'espère que deux choses : que la qualité ne se détériore pas trop (la qualité d'une série se détériore toujours, c'est normal ; de même qu'il y a toujours une saison en deçà des autres) et que la patte de Disney ne vienne pas écraser la production plus que de raison (je n'ai pas parlé du chapeau de Yensid, mais sa présence dans la série semble corroborer mes impressions). Pour être honnête j'espère également que ça ne va pas virer au n'importe quoi en opposant une farandole de personnages façon combat de catch sous n'importe quel prétexte.

Licence Creative Commons
Once upon a Time... Disney du Mocking Crow est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

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