L’hécatombe de Janvier

Publié le par Mocking Crow

Ils tombent comme des mouches, certains ont pratiquement un siècle, mais d'autres sont partis trop tôt. C'est fou le nombre de grands noms décédés en Janvier 2016, à croire que c'est le mois qui veut ça. Pas de films, ni de musique aujour'hui, mais un retour sur les "célébrités" qui nous ont quitté avec fracas récemment, rougissant davantage un mois maudit depuis maintenant un an.

Musique : 5 en moins

On commence par les frenchies, avec une tête d'affiche de la musique populaire et une autre de la musique dite "savante" (terme très souple depuis le début des années 2000).

Michel Delpech (1946-2016), mort le 2 janvier 2016

Personnellement je ne suis pas un grand fan de la variété française et pour être franche, je n'aime pas ça. Michel Delpech est un grand nom du genre (comme tant d'autre me diriez-vous), je ne connais que très peu de chanson de lui (et à vrai dire j'ignorais qu'elles étaient de lui) et ne connaissais que très peu le bonhomme, donc autant vous dire que sa mort m'a à peine fait hausser un sourcil. En revanche il a une superbe voix, qui n'a cessé de se bonifier avec le temps (comme du bon vin) et possède un nombre incalculable de fans... en tout cas en France. Donc comme tout le monde le sait maintenant, il est mort à 69 ans d'un cancer, avait auparavant déjà été touché par un cancer de la gorge et de la langue en 2013 et a composé un nombre démentiel de classiques (que je n'ai jamais entendu, mais on s'en fiche) centrés principalement sur la France des années 70, la famille, l'exode rural, tout ça, tout ça. Des titres ? Chez Laurette, Quand j'étais chanteur, Wight is Wight, Pour un flirt, Loir-et-Cher, Divorcés...

​Pierre Boulez (1925-2016), mort le 5 janvier 2016

Voilà un artiste que je connais beaucoup plus (je suis sérieux). Alors pour ceux qui ne connaissent pas ce monsieur, il s'agit d'un compositeur-chef d'orchestre très célèbre durant la seconde moitié du XXème siècle. Pour ne rien vous cacher, la musique de cet homme est très... compliquée, que ce soit Le marteau sans maître ou Repons, c'est particulier et ne s'adresse pas aux néophytes. Par ailleurs, son Oeuvre est en fait assez courte puisqu'il n'a eu de cesse de retravailler ses compositions, de façon à les rendre les plus parfaites possibles. Donc si je vous cite : Le visage nuptial, Polyphonie X, Pli selon pli, Anthèmes, Incises... il y a une forte probabilité pour qu'à votre tour vous haussiez un sourcil. 
Son palmares et la liste de ses distinctions est trèèèèèès longue, donc pour faire simple Pierre Boulez fait partie de ces génies qui ont su marquer leur époque et insuffler un nouvel élan à la musique dite "savante".

Je doute que tout le monde arrive au bout des 40 minutes mais bon.

On change de territoire maintenant puisqu'on s'attaque à trois têtes plus ou moins connues et on commence avec le grand et l'étrange...

David Bowie (1947-2016), mort le 10 janvier 2016

On ne le présente plus et pourtant je ne vais me géner pour le faire, David Bowie, icône de la pop (de la vraie) s'est éteint paisiblement après 40 ans de carrière et 18 mois de cancer, deux jours après la sortie de son 25ème album (Blackstar). Evidemment les fans ont pleuré et évidemment les prix ont enflé, va-t-on voir le même effet médiatique que pour un autre roi de la pop ? C'est bien parti, mais dans le cas présent on s'en fiche. Mais pas de chance pour vous je n'accroche pas non plus à David Bowie et c'est pas faute d'avoir essayé, Chanteur, compositeur, producteur, peintre (?) et acteur, en voilà hein qui touche à tout... qui est bon en tout et excellent dans certains. Voyons voir, Space Oddity, Heroes, Let's Dance, Life on Mars ?, Changes... autant de titres hyper connus, qui ont marqué toute une génération et le monde de la pop et, à mes yeux, du rock. En attendant d'acheter ses albums (vendus au prix fort), streamez les, il y a l'embarras du choix.

Clip minimaliste, chorégraphie inexistante mais ça reste un tube

BOtis Clay (1942-2016), mort le 9 janvier 2016

Masqué par la mort de David Bowie, l'une des icônes phares de la soul et du blues s'est éteinte de manière nettement moins agréable que celui-ci à la suite d'une crise cardiaque. Après son premier succès en 1967 avec That's how it is (When you're in love) sa carrière était lancée et donna naissance à un nombre non négligeable de tubes : She's about a Mover (reprise de Sir Douglas Quintet), Trying to live my life without you, I can take you to Heaven tonight, Save a seat for me... 

Lemmy Kilmister (1945-2015), mort le 28 Decembre 2015

Alors là je vous arrête tout de suite, je sais exactement ce que vous pensez : "il a rien à faire là ce type, il a claqué en Décembre !". Ouaip, tout juste, en Décembre... et l'impact médiatique a été quasiment nulle, surtout en France, donc je me permets. Ce type, c'est pas n'importe qui, puisque c'est le bassiste et le chanteur du groupe Motörhead, qui a été dissout avec sa mort. Une légende du Hard-rock, du Heavy et du Speed, né dans une période où le rock'n'roll n'existait pas, rien que ça. Abusant de drogues et apparement de sexe (guitare = aimant à chattes), son slogan reste "jouer vite et fort", très fort (plus de 120 dB), à tel point que les membres du groupe sont quasiment tous sourds. D'ailleurs selon ces mêmes membres, le meilleur moyen de lui rendre hommage serait d'écouter "Motörhead à plein volume, Hawkwind [autre groupe de sa carrièreà plein volume, du Lemmy à plein volume et de boire quelques verres." 

Voilà, avec ça vous avez tout compris.

Cinéma : 2 en moins

Michel Galabru (1922-2016), mort le 4 janvier 2016

"Un géant au coeur tendre", ainsi désigné par la presse française, le comédien est mort dans son sommeil à l'âge de 93 ans. Que ce soit des films grands publics (la série des Gendarmes, signée Jean Girault), des films plus sérieux (Le juge et l'assassin de Bertrand Tavernier), ou ses oeuvres de boulevard, la mort de Galabru a pesé sur la France entière la semaine passée ; et pour cause sa bonhomie et son tempérament comique faisaient de sa personne un des acteurs français les plus appréciés.

Alan Rickman (1946-2016), mort le 14 janvier 2016

Le premier qui me sort Alan Rickman = Severus Rogue, je lui presse un citron dans les yeux et l'attache à un cactus du désert de Sonora. Oui je sais, c'est comme ça que le visualise le grand public et le représente la presse, sauf que d'un, je ne suis pas la presse et de deux, on dit Severus Snape. Avant d'être dans le cinéma, ce brave homme était dans le théâtre, pas n'importe lequel puisque c'est un ancien membre de la Royal Shakespeare Company. Bien sûr sa notoriété mondiale lui vient d'Harry Potter (en un sens c'était, avec Maggie Smith et Michael Gambon, le meilleur acteur de la saga), fort heureusement il ne s'y est pas limité en tourant également dans Piège de Cristal (eh ouais), Robin des bois (1991), Sweeney Todd (montrant au passage qu'il a du coffre), Alice in Wonderland et plus récemment Through The looking glass (c'est lui qui double Absolem, vous savez la chenille...), Gambit arnaque à l'anglaise... On le connait également acteur de télévision, scénariste et réalisateur (on lui doit le malheureusement insipide Les jardins du roi et le nettement plus réussi L'invitée de l'hiver)

Voilà un homme qui a laissé une empreinte imposante dans le monde culturel et ironiquement qui ne pourra apparaître ni en tant que fantôme ou sous la forme de peinture dans la suite d'Harry Potter (si suite il y a).

L’hécatombe de Janvier
L’hécatombe de Janvier

Voilà, peut-être avez vous trouvé l'article très sec, car peu d'images, mais ayant un curieux problème avec ma carte réseau, je ne peux que mettre du texte pour l'instant. Bon je vous rassure j'y ajouterai des images, du son et des vidéos quand j'en aurai la possibilité, de même, je vais écrire un peu plus à partir de la semaine qui vient. L'hécatombe est de taille et ne va pas s'arrêter (c'est la vie et c'est comme ça), quitte à obscurcir le monde culturel dans les temps à venir et alors que certains considèrent le bleu comme une couleur chaude, le rouge semble s'attiédir, éclaboussant janvier de sa funeste couleur et teintant la nuit d'une nuance écarlate.

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