Mocking Spoil : Le Pôle Express

Publié le par Mocking Crow

Non ce n'est pas un Disney

Non ce n'est pas un Disney

Le Pôle Express, pour ceux qui ne connaitraient pas est un film d'animation (encore, je sais) de Robert Zemeckis. Pourquoi je dis ça d'emblée ? Parce qu'on bien souvent tendance à penser que c'est un film estampillé Disney, ce qui je pense ne plait guère à Zemeckis, surtout depuis le rachat de son ex-studio ImageMovers par Disney justement. Donc c'est un film sorti en 2004, marquant le début de la performance capture (le truc qui permet de reproduire les expressions et les gestes des acteurs en infographie, sorte d'évolution de la motion capture) et basé sur un conte de Noël très connu en outre-Atlantique : Le Boréal-Express. Quoi donc, sinon que ce film marque la 3ème collaboration entre Tom Hanks et Robert Zemeckis (après Forrest Gump et Seul au monde) et pour marquer le coup (visiblement) Tom Hanks s'est retrouvé cloné dans pas moins de 4 personnages du film (et prête sa voix à six personnages).

Le film s'ouvre donc sur un quartier résidentiel enneigé sur la musique d'Alan Silvestri, qui est, avec l'animation, l'un des gros points forts du film. Bref, la voix de Tom Hanks (qui fait aussi le narrateur) se manifeste pour nous sortir qu'étant jeune il essayait vaille que vaille de ne pas s'endormir durant la nuit du 24 décembre pour tenter de surprendre le Père Noël (Coca Cola Power !) en pleine besogne. Alerté par le son des grelots, le petit malandrin décide d'aller jeter un oeil dans le salon depuis le haut des escaliers et tombe sur... le Père Noël. Voilà fin du film, à plus et bonnes fêtes !
Plus sérieusement, il surprend son père et sa soeur cadette (qui elle a le droit de se coucher plus tard) en train d'agiter des grelots et se réfugie dans sa chambre pour ne pas être repéré (?). Alors que sa soeur (effroyablement mal doublée en VF) se fait border par Tom Hanks (qui double le père), celle-ci laisse tranquillement filer le scénar en ânonnant que son frère ne croit plus au Père Noël, qu'il n'est pas sûr qu'il existe etc... Pour nous le prouver, le-dit frère (dont on ne connaitra jamais le nom, mais que je vais appeler Tommy, car doublé par Tom Hanks en VO) entreprend de sortir des coupures de presse sur d'affreux moujingues arrachant la barbe des Pères Noël et regarder dans l'Universalis des infos sur le Pôle Nord avec une moue sceptique, histoire de nous montrer qu'il n'y a rien là-bas. Pourquoi regarder des bouts de magazines pris à droite à gauche qu'il a lui même récolter en pleine nuit, là, comme ça, sur un coup de tête, sinon pour j
ustifier ce que le scénar a la flemme de mettre en scène... Un détail, soit, mais diable ! Tommy entend ses parents approcher et feint le sommeil, tandis que ceux-ci viennent murmurer à deux centimètres de son oreille que c'est la fin de la magie (Oooooh !).

Sauf que la magie n'a pas dit son dernier mot, puisqu'une heure plus tard, un train déboule en plein milieu de la route en déclenchant un mini séisme. Heureusement c'est magique et seul Tommy se rend compte de l'arrivée fracassante du train, il décide donc de mettre une robe de chambre (déchirant l'une des poches au passage) et de sortir en chaussons dehors, par -10° au bas mot, afin de voir de quoi il en retourne. Passé la surprise de voir le Hogwarts Express devant chez lui, il se fait interpeller brutalement par un inconnu qui se trouve être... son père ?! Ah non pardon, il y a écrit "conductor" sur la casquette, donc c'est un autre Tom Hanks, moustachu ce coup-ci, et carrément bipolaire, expliquant à Tommy qu'il est dans une année critique et qu'il doit vraiment monter dans ce train pour conserver la magie de Noël (Tiens, vas-y gros, c'est de la bonne).

Viens, monte dans mon train mon petit.

Viens, monte dans mon train mon petit.

Se fiant à son instinct, Tommy refuse de monter dans le train, avant de sauter dans le wagon, une fois le Pôle Express en marche. Un bien beau spectacle, la patte artistique étant des plus réussie, retranscrivant parfaitement l'ambiance magique de Noël et le monde onirique s'y rattachant. Tommy est cependant coupé dans sa contemplation par la toux sèche du contrôleur qui l'invite à entrer dans la wagon passager rempli de marmots en pyjamas. Et ça coure, et ça crie, et ça chantonne et c...

Gnyaaah !

Gnyaaah !

Un sale gamin insupportable, incarnant le sidekick comique et surtout pénible, fait irruption devant la caméra, sorte de croisement entre Géo Trouvetou et un zombie en latex laissé trop longtemps au congélo (apparement c'est la vrai tête d'Eddie Deezen, désolé vieux mais là c'est pas possible). D'ailleurs d'une manière générale les personnages ont quelques problèmes niveau expression faciale. La Performance Capture c'est bien, mais pour l'instant le procédé n'est pas encore au top, les personnages (surtout les gamins) ont un regard vide et un visage figé, voire botoxé par un babouin, comme si voyager dans ce train aspirait lentement mais surement l'âme de ses passagers... La démarche du contrôleur est également très mécanique, par comparaison avec le reste du casting, par contre les cheveux sont bien animés, et ça c'est l'essentiel !

Donne moi ton âme !

Donne moi ton âme !

Ton âââme !

Ton âââme !

Passé ce moment inconfortable, Tommy commence à se rapprocher de sa voisine, ignore Géo et se fait composté son billet (ou ticket d'or) par Tom Hanks, apparu magiquement dans sa poche (pas la trouée, l'autre). Puis le diabolique contrôleur essaye de kidnapper un nouvel enfant dans les "bas-quartieeeerrrs" (merci M. je sais tout) ! Sauf que celui-ci fait le même coup que Tommy et décide de prendre le train en marche (l'american touch sans doute) et... s'étale de tout son long dans la poudreuse. N'écoutant que son instinct Tommy tire sur le frein d'urgence pour permettre au malheureux d'aller lui aussi au Pôle Nord (je l'ai pas dit, mais c'est la destination du train). Ensuite ? Eh bien:

- Sacré nom de nom de bachi-bouzouk d'extoplasme de mammouth ipocondriaque, qui a osé tirer sur le signal d'alarme que je lui dévore son âme immédiatement !? (Tom Hanks mode controleur)
- C'est lui (Géo Je sais tout et connard de surcroît) !
- TOI ! Noël importe peu pour toi, ce n'est pas une raison pour gacher celui des autres petit *** ! Je vais te faire regretter cet affront et...
- Stop ! C'était pour faire monter le petit garçon dans le train.
(la copine sans nom)
- Le petit garçon ? Quel petit garçon ?
- Celui auquel vous venez de rendre visite.
- Vraiment ? Ah oui bien sûr, mais ô mazette d'un boudin farci ! Je suis plus en retard que le lapin blanc ! Vite on repart ! Qui veut du chocolat cho-cho-chaud ?

D'accord j'ai rajouté quelques trucs, mais ça se passe quasiment comme ça: le contrôleur arrive avec une intention malsaine, à l'air d'avoir quasiment oublié qu'il a tenté de kidnapper un enfant pauvre (je reviendrai là-dessus d'ailleurs), remet le train en marche et propose du chocolat chaud aux gamins. Et là, c'est grandiose. Ah les gens vont prendre ça pour un Disney ? Je vais leur montrer moi ! Tenez voilà une vraie comédie musicale ! 
Parce que oui, il y a des passages chantés et celui là en fait partie: 8 serveurs et 2 cuistots viennois déboulent dans le wagon pour arroser des coupelles de chocolat bouillant en faisant des claquettes et du moonwalk, tout en martelant le mot "cho-cho-chaud" à tue-tête, tandis que Tom Hanks pousse la chansonette... Tout ça pour leur servir une boisson chaude durant 30 secondes, après quoi, digérez bande de sales mômes ! Alors que Géo Je sais tout entame l'histoire du chocolat inca au XIIIème siècle et ses répercurssions sociologiques sur le monde littéraire et notamment le milieu professionnel des bibliothèques, la copine sans nom a caché un bol sous son siège pour en apporter au retardataire, parti s'asseoir dans un autre compartiment. C'est accompagné par un Tom Hanks cho-cho-chaud qu'elle lui apporte son breuvage, tandis que Tommy s'apperçoit qu'elle a laissé son billet non composté sur son siège. Plutôt que d'attendre qu'elle revienne avec son ami bipolaire, il décide d'aller lui apporter et le paume dans la tempête durant cette opération.

S'ensuit tout un passage durant lequel on suit les pérégrinations du billet, emporté par le vent, les loups, un aigle et finalement revenir dans la grille d'aération du train, sauf qu'il est trop tard. Son amie a été controlée et aucun nouveau ticket d'or n'est apparu par magie. Tommy a bien essayé de lui donner le sien, mais la réaction du contrôleur (BAH ! Ses billet, ne sont pas, transmissiiibles !!) ne l'a pas poussé à insister. Alors que Tom Hanks mène la jeune fille à l'arrière du train (pour éviter qu'elle ne soit broyé sous les roues, merci M. Je Sais Tout), Tommy apperçoit le ticket d'or dans la grille d'aération et décide à nouveau d'aller le lui apporter. Pour éviter de le lâcher encore une fois, il glisser le-dit billet entre ses dents blanches, répandant une douce chaleur chocolatée sur la surface dôrée du billet, passe dans l'autre wagon et, en machonnant le précieux billet, tente d'interroger le gamin solitaire présent dans la pièce. Demande inutile, puisqu'il apperçoit dans le reflet de la vitre d'une des fenêtres, la silhouette de Tom Hanks éclairée par une lanterne, trainant derrière lui la jeune fille sur le toit du train. Décidément impétueux, il monte à son tour sur le toit (via une échelle à l'arrière du compartiment) et faisant fi du blizzard (c'est magique, on s'en fout) commence à les poursuivre, les perd de vue et tombe sur un clochard installé tranquillement sur le toit du wagon. 

Tom Hanks 3.0

Tom Hanks 3.0

Clochard qui est évidemment la copie mal peignée de Tom Hanks et une sorte de Klabautermann du train. Un peu dérangé, il propose quand même du jus de chaussette à Tommy et lui informe qu'il est probablement en train de rêver. [En fait ce personnage est la matérialisation du doute du héros, sorte d'ultime barrière de la raison testant son esprit empirique], c'est ma théorie en tout cas. Laissant Tommy seul un petit moment sur le toit du train, afin de le laisser réfléchir, le Klabautermann revient une minute plus tard sur des skis (?), pour l'aider à gagner l'avant du train. Après avoir failli se faire tuer un nombre incalculable de fois sur le train à rallonge, Tommy finit par arriver dans la soute à charbon et se retrouve face à... Sans nom ? Bon sérieusement ça devient lourd, son absence de dénomination, je vais l'appeler Marie-Claire, ça va rappeler à une de mes connaissances qu'elle a de la chance dans la vie et une autre, ben que c'est pas le cas. Marie-Claire donc a été chargée de conduire le train pendant que les mécaniciens changent l'ampoule du phare de la locomotive. Les mécaniciens se sont Laboule et une asperge croisée avec un orang-outan, en train de faire mumuse sur la locomotive en laissant une fillette, mineure, piloter un train lancée à pleine vitesse dans le blizzard.

Leeeesss bricoleurs ! Peut-on le faire ? Leeesss bricoleurs ! Oui on peut.

Leeeesss bricoleurs ! Peut-on le faire ? Leeesss bricoleurs ! Oui on peut.

Sauf qu'une fois le phare réparé, le train est contraint de piler juste devant une meute de caribous (Tabarnak !) en plein milieu de la voie, ce qui ce fait après maintes hésitations de Marie-Claire quant au bon levier, laquelle préfère que ce soit Tommy qui s'y colle (un méfait de plus ou de moins sur sa liste qu'est-ce que ça changera ?).

Maudit calice ! On n'atteindra jamais le terminal d'autobus à temps, badluckés que nous sommes !

Maudit calice ! On n'atteindra jamais le terminal d'autobus à temps, badluckés que nous sommes !

Invoquant le Deus ex machina, les cris que poussent le mécano orang outan lorsqu'on lui tire la barbe permettent de communiquer avec les caribous (??), donc à force de lui arracher quelques poils, les caribous décident de chrisser leur camp. C'est la boutte ! Mais pas le temps de foirer, Tommy, Marie-Claire et Tom Hanks décident de rester à l'avant du train (ou ont la flemme d'aller dans les wagons), afin d'avertir les mécanos la présence d'éventuelles bibites. Attendez j'ai pas fini, le train va trop vitement et l'un des mécanos a cassé le frein (la goupille a sauté !), ce qui déclenche une nouvelle chicane entre les deux patenteux. L'ennui c'est que le trio est un peu en danger, surtout face à la pente la plus raide du monde (99% d'inclinaison) qui s'en vient.

Hostie ! On va s'bêcher ce coup-ci !

Hostie ! On va s'bêcher ce coup-ci !

Après une lutte acharnée et tandis que le train file sur un lac gelé (la track ayant été recouvert par l'eau et celle-ci gelée par le frette), le niochon orang-outan a arrêté de se pogner le cul et utilisé l'épingle qui retenait ses cheveux planqués sous sa calotte pour re-fixer le frein... et le français. Désolé les québécois, mais avec les caribous j'ai pas pu m'en empêcher...
Puis le Pôle Express nous fait un remake de l'âge de glace, puisque la-dite glace se fissure derrière le train à cause de la goupille destructrice, lorsque celui-ci essaie de rejoindre la sécurité des rails. Ils y parviennent à l'instant où les wagons commencent à être submergés (magie !). Une fois ce petit incident passé, Marie-Claire, perchée sur la locomotive, se fait composté son billet, par un Tom Hanks une nouvelle fois bipolaire (le danger est passé... snif, snif, billet ? Mademoiselle, billet je vous prie.). 

N'importe, une fois ceci fait, notre trio peut donc regagner tranquillement les autres wagons, les mécanos ayant bien entendu arr... non ? Non, non bien sûr que non, ils rejoignent l'arrière du train pendant que le train est en marche, pire Tom Hanks les oblige à passer sur la locomotive glissante, pendant que celle-ci gravit une montagne assez étrange, tout en expliquant que lors de son premier voyage, il a été rattrapé par quelque chose d'invisible alors qu'il tombait d'un des toits en se prenant pour une ballerine. Ceci afin de montrer subtilement à Tommy que parfois, il n'est pas nécessaire de croire que ce que l'on voit (par opposition à l'autre Tom Hanks... le clochard, pas le père).

Une montagne en spirale, quoi de plus normal.

Une montagne en spirale, quoi de plus normal.

Une fois dans le wagon précédant la locomotive, Tommy et Marie-Claire font face à un étrange spectacle : un bric-à-brac de vieux jouet, destiné à être réparé par le Père Noël (dixit Tom Hanks). Alors que Marie-Claire et le contrôleur retourne tranquillement dans le wagon de la marmaille, Tommy se fait agripper par une marionnette de Scrooge qui - sous contrôle du Klabautermann, sur le toit du wagon - lui sort qu'il est un incrédule, qui doute et ne croit pas gnya ah ah. Ah ah ah lol, ce film est destiné pour les enfants ou pas au final ? Parce que cette scène est ultra-flippante pour un môme de 7 ans : Tommy se retrouve perdu parmi les marionnettes cassées à essayer désespérément de trouver la sortie au milieu de clowns, vieux pirates et animaux déglingués.

Tu es comme moi petit ! Viens ! Approche, j'ai la voix de ton père non ?!

Tu es comme moi petit ! Viens ! Approche, j'ai la voix de ton père non ?!

Heureusement, enfin malheureusement il trouve la sortie et partage avec nous l'horrible doublage de l'armada de gamins au nombre variable du wagon (hi hi tu m'attraperas pas, hi hi si touché, eh ben moi je te retouche, oh oh oh, la la la, hi hi hi, brû-lez les !) et Géo Je sais Tout, toujours aussi insupportable, qu'il plante là pour aller voir Marie-Claire partie rendre visite au solitaire (au passage Tom Hanks a transplané, Tommy ne l'ayant pas croisé et celui-ci n'est présent dans aucun des deux wagons). Et là, deuxième passage chanté, cette fois-ci sans Tom Hanks et dégoulinant de mièvrerie (J'appel de tous mes souhaiiits, l'étoile du Père Noëëël. Qu'elle traverse le cieeel, et l'aide à me trouveeer.). Autant l'arrangement musical est beau, autant la chanson ne paie pas de mine; alors c'est bien chanté (même si la synchronisation labiale est catastrophique en VF), mais... bordel, qu'est ce ça fout là ?! C'est absolument pas justifié et en plus dérangeant, puisque la Performance Capture gagne en substance ici, sauf que les têtes de Marie-Claire et Billy (c'est le nom du renfermé) sont lisses et ne laissent transparaître les émotions que très vaguement. Du coup on se retrouve avec des gamins grimaçants essayant de nous montrer que Noël, oh ben ch'est boooo. Enlevez le son, et c'est un aller simple au pays des cauchemars.

Leurs petit trip se termine et Tom Hanks vient leur annoncer de manière théâtrale que le Pôle Nord n'est plus très loin, puisqu'il vienne de franchir le cap décisif, du reste on commence à apercevoir une île illuminée que la NASA n'a pourtant jamais pu repérer depuis sa création.

Mais que fait la NASA ?

Mais que fait la NASA ?

Mais moi j'ai bien envie... de me retaper un autre passage musical pardi ! Bien sûr, deux en moins de 5 minutes, allez banzaie comme on dit. Celui-là c'est The Polar Express, chanté par un choeur de moujingues (non je vous rassure pas ceux du wagon), les paroles sont encore une fois naiseuses mais collent déjà mieux à l'arrivée dans le royaume du Pôle Nord en pleine effervescence. Dans la version complète de cette chanson, Tom Hanks donne une fois encore de la voix et plutôt bien d'ailleurs. Dans le cas présent, il ne chante pas mais est plus que content de voir qu'il est arrivé avec 5 minutes d'avance, au point d'enlever sa calotte (d'accord, d'accord j'arrête avec ça, sortez de chez moi voulez-vous) et montrer sa belle calvitie frontale.
Mais tandis qu'il explique où les elfes se rassemblent et ce que va faire le roi du Coca Cola, un môme jusqu'alors silencieux pointe un doigt sentencieux en criant:

 

les eeeeeeeelfess (oui malgré la forme de sa bouche, c'est bien ce qu'il dit en VF) !! Je préfère le terme lutin d'ailleurs.

les eeeeeeeelfess (oui malgré la forme de sa bouche, c'est bien ce qu'il dit en VF) !! Je préfère le terme lutin d'ailleurs.

Voilà qui m'évite de décrire quoi que ce soit

Voilà qui m'évite de décrire quoi que ce soit

Mocking Spoil : Le Pôle Express

C'est donc sur un remix symphonique de O Tannenbaum que le Pôle Express arrive sur la grande place (et la seule) du Pôle Nord où trône fièrement un sapin démesuré (même pour un humain), allant faire la fortune d'EDF (si, EDF va dans le nord, j'ai vu la pub). Donc le train arrive et les enfants descendent pour aller voir le Père Noël. Tous ? Non, un petit résistant refuse d'aller voir un vieux pédophile gouvernant le Pôle Nord avec son armée de lutin, kidnappant des enfants la nuit de son réveil. Ce "héros", c'est Billy, bien décidé à faire chier le monde jusqu'au bout. Marie-Claire et Tommy sont donc une nouvelle fois contraint de désobéir au bipolaire, pour remonter dans le train, sous le regard estomaqué de Géo Je Sais Tout, afin de convaincre Billy de se joindre à eux. Pas de chanson, juste un dialogue mièvre au possible, dont la structure donne :

- Noël c'est beau.
- Oui mais ça me réussit pas trop...
- Ecoute viens avec nous, c'est tout.
- Bon d'accord.

Sauf qu'en montant Tommy a décroché le wagon de queue en s'appuyant sur un levier et c'est reparti pour un nouveau passage de folie. La ville ayant l'architecture de San Francisco, le wagon dévale les rues à 300 km/h facile. Heureusement le Klabautermann lui indique qu'il faut tourner la roue à l'avant du wagon pour freiner, montrant au passage qu'il est vraiment un fantôme et qu'il n'y a pas de raison de regarder ses singeries.
 

Allez tourne la roue, tout seul. Je pourrais t'aider, mais j'ai les mains prises et puis je suis pas le héros.

Allez tourne la roue, tout seul. Je pourrais t'aider, mais j'ai les mains prises et puis je suis pas le héros.

Terminus non piéton, vous avez pas le vertige j'espère

Terminus non piéton, vous avez pas le vertige j'espère

Malgré tout, le train finit par s'arrêter (brutalement) à son terminus (une plateforme rotative, pouvant accueillir uniquement un seul wagon). Attiré par le bruit des grelots, comme un chien à sa galtouse, Marie-Claire décide de traverser le précipice sur l'un des rails. Evidemment plutôt que d'y aller à califourchon, mieux vaut passer en funambule, histoire d'avoir des sensations fortes. Dis donc sale gamine, si toi t'as la chance d'avoir des pantoufles anti-dérapantes, va expliquer ça à Billy, qui n'a pu se payer que des bottes trop grandes pour lui (normal, c'est un pauvre).
Alors cet aspect a le chic pour m'énerver, histoire de montrer que Noël se destine à tout le monde, on nous colle cet enfant vivant dans les bas-quartiers (prononcé dédaigneusement par le binoclard), mal chaussé avec le mal de vivre, manquerait plus qu'il soit quotidiennement battu et on a tout. Et justement à la fin, Billy... non je déconne c'est pas vrai, il n'empêche que ce cliché (certes assez innocent) pour avoir le quota d'enfant miséreux est très malhabile. Bref, de fil en aiguille et après un clin d'oeil à Retour vers le futur, le nouveau trio finit par arriver devant l'accès au sous-sol d'un bâtiment d'où émerge le bruit des grelots (sauf pour Tommy qui doute
et ne les entend pas). Sous-sol qui les mène dans l'atelier d'un général elf avec un accent italien hyper-caricatural (Rrrah, le petit-bambino n'a pas été saaageuh, merci Marseille !) en train de prendre les dernières commandes et nous montrer que ces lutins sont pires que la NSA, en planquant des caméras dans la chambre à coucher des enfants du monde entier !

Les lutins mégalos prennent donc "l'aspiromatique" pour se rendre à la grande place, sorte de capsule, propulsées sous pression dans un tuyau. Sans hésiter les héros font de même, quitte à se tasser dans l'engin et déformer leur masque en latex face à la vitesse de la capsule. Finalement après un passage à la Rasta Rocket, la petite bande se retrouve dans la chaîne de montage (ou d'emballage) des lutins, pas de doute le Père Noël est un authentique despote. Persipace, Tommy décide de suivre les flèches du tapis roulant, une bonne idée, qu'il va amèrement regretter, puisque Billy va partir à la poursuite de son cadeau tout juste emballé et en cours d'acheminement. Petit passage chanté, non, mais un trip en toboggan c'est pas mal non plus. Personnellement j'ai vu un film qui ressemble assez à celui-là (L'attaque des clones qu'il s'appelait) et je me serais pas jeté la tête la première dans un tunnel d'une chaîne de montage, juste pour le fun.

Le retour du grand Raoul !

Le retour du grand Raoul !

La hotte magique du Père Noël

La hotte magique du Père Noël

Finalement, ils finissent par tomber sur un tas de cadeau démesuré, qui se trouve être la future hotte du Père Noël (c'est magique, cherchez pas). Celle-ci se fait embarqué par un double zeppelin des lutins et survole la ville. Jolie ville au passage, même si la vapeur issue des cheminées est un peu suspecte. Sauf qu'un danger se terre dans ce gros sac de jouet : Billy s'est fait attrapé la cheville par quelque chose ! En tentant d'écarteler le gamin, son agresseur apparaît et se trouve être... Géo ?! (Oh noooooon !). Oui Géo, ce sale persifleur est venu vérifier ses cadeaux de Noël et espionner le trio pour tout balancer à la première occasion à Tom Hanks, sans se douter que c'est lui qui va finir par être balancé par dessus bord. Malheureusement pour nous, les étranges vapeurs crachées par les usines semblent ramollir les esprits et répandre le venin douçâtre de Noël dans l'âme des protagonistes (c'est pour ça qu'ils ont une telle tête, tout s'explique !) et lui évite une fin funeste.

Après ce petit détour, le quatuor (sic) arrive enfin sur la grande place et le sac du Père Coca est déposé tranquillement sur son traineau au pied du sapin. Mouarf, bien sûr que non, ces lutins consanguins accrochent l'étoile qui surplombe le conifère et l'empêche in extremis d'aller embrocher un gros lutin au pied de celui-ci. Mis à part ça, tout est bien qui finit bien, le quatuor est découvert par le généralé lutiiin ma chéé, rrraaah, qui savait pertinent qu'ils étaient planqués dans la hotte depuis le début, rabat le caquet de Géo et le balance au bas du sac (yes !). Géo est ensuite la victime de la bipolarité de Tom Hanks qui l'engueule sur son absence, puis indique à Marie-Claire qu'il est content de la revoir et à Tommy qu'il est pile à l'heure, même si depuis 20 minutes, il en reste toujours cinq avant minuit. Quant à Billy, le général naz... pardon lutin, lui reprend le cadeau et le balance dans le sac (le cadeau hein, pas Billy) , après lui avoir assuré qu'il était entre de bonnes mains (Billy, pas le cadeau).

Puis c'est l'heure de la fête ! Les lutins sortent les bombardes, les rennes du Père Noël se mettent en place moitié en volant, moitié en sautant et leur maître fait son apparition, même si le pauvre Tommy ne peut pas le voir, à cause de ces foutus lutins qui ont eu l'idée de s'empiler devant lui. Autre problème, il s'apperçoit que, de part son caractère obtus, il n'entend pas les grelots du traineau, aussi lorsque l'un se détache il décide de prier le grelot de sonner en répétant la formule magique j'y crois. Et ça marche, en plus ça ravie le Père Noël qui s'était posté derrière lui et qui se trouve être... Tom Hanks, c'est bien vous suivez. Intimidé Tommy lui rend son grelot et intimidé il peut l'être, le Père Noël étant un véritable géant, dans les deux mètres et quelques, à la peau aussi brillante qu'un vampire de Twilight. Avec son ton paternel, il remet à sa place Géo Je Sais Tout, félicite Marie-Claire pour son altruisme en déplorant son nom d'un autre âge, montre à Billy qu'avoir des amis c'est important et permet à Tommy de choisir le premier cadeau de Noël de l'année 2004.

Le remake de l'attaque des clones

Le remake de l'attaque des clones

Tom Hanks 4.0 Oh oh oooh !

Tom Hanks 4.0 Oh oh oooh !

Tiens, rabats ton caquet p'tit con !

Tiens, rabats ton caquet p'tit con !

C'est porté par 8 lutins, que Tommy est mené sur les genoux du Père Noël. Plein d'humilité, il demande au despote du Nord de lui offrir le grelot qui s'est détaché de son traineau (vous pensez bien qu'un gamin de cet âge souhaite plus que tout un truc brillant et mélodieux, qui va se paumer sous un meuble). Celui-ci accepte et se lance dans un diatribe sur l'esprit de Noël : Ce grelot est un merveilleux symbole de l'esprit de Noël, tout comme moah ah ah. Et rappel toi, le véritable esprit de Noël, se trouve dans ton coeur. Une bien belle morale, typiquement dans le moule d'un film du genre, le tout soutenu bien pompeuse... en un sens si vous vous attendiez à autre chose c'était La Légende de Beowulf qu'il fallait voir.

Mais l'heure n'est pas à la critique, mais au départ, après que Tom Hanks 2 ait montré à Tom Hanks 4 qu'il est bientôt en retard (l'attaque des clones je vous dis), le Père Noël se munit d'un fouet arc-en-ciel et s'en va fouetter gaiement ses rennes (!) sur un remake de Jingle Bells en riant de bon coeur (!!), avant de partir à la vitesse de la lumière dans une référence à Retour vers le futur, pas du tout éthérée. Débarassé de leur tyran durant une nuit qui s'éternise, les lutins sortent leurs lutinettes pour faire la fête et montrent de ce fait, que la Mère Noël n'est pas l'unique reine féconde du royaume. Malgré tout, afin d'éviter toute union polémique, les enfants ont interdiction d'aller se joindre au festivité et sont contraints de repartir aussitôt à bord du Pôle Express, le dernier wagon ayant été ramené par des escl... pardon elfes.

Avant de monter, Tom Hanks 2 leur poinçonne une nouvelle fois leurs billets, ce qui forme un mot sur ces derniers. Un mot différent pour chaque personne, définissant un point de leur personnalité à développer. Dommage que Géo Je Sais Tout n'ait pas SUICIDE... à la place il a APPRENDRE (et bam !). Billy se retrouve avec différents synonymes de COMPTER SUR, Marie-Claire, CONDUIRE et Tommy, CROIRE, résumant tout le film.
Une fois à bord et le train reparti, Tommy s'apperçoit qu'il a glissé le grelot dans sa poche trouée et par conséquent, l'a comme qui dirait égaré... oups. Enfin bon, à part Marie-Claire, le reste du wagon est rapidement passé à autre chose.

Ou Believe, également le titre de la chanson du générique

Ou Believe, également le titre de la chanson du générique

L'heure est à présent aux adieux, les gamins sont déposés chez eux dans l'ordre inverse d'arrivée dans le train, Billy, qui a dû se coltiner Géo Je Sais Tout durant tout le trajet, est donc le premier à partir (ne me demandez pas comment le train a pu tout retraverser en sens inverse, j'en sais foutrement rien). Après des adieux en un sens (car même s'il vit dans la même ville que Tommy, il semble que celui-ci n'est pas vraiment l'intention de le revoir), il découvre que le Père Noël est déjà passé chez lui, reste à présent à espérer que son cadeau n'ait pas fini en puzzle en 3 dimensions.

Secoue le, vas-y, sait-on jamais.

Secoue le, vas-y, sait-on jamais.

Puis viens le tour de Tommy, qui après quelques effusions (pendant lesquelles Marie-Claire ne se décide pas à lui dire son vrai prénom, quelle plaie cette fille !) se décide à descendre du train (cette fois à l'arrêt). Après une morale à deux sous de Tom Hanks 2 (L'important avec le train ce n'est pas de savoir où il va, mais de se décider à le prendre, "blink"), pour faire comme Tom Hanks 4, il retrouve la chaleur réconfortante de la maison de Tom Hanks 1, après s'être fait salué une dernière fois par un Tom Hanks 3 disparaissant dans le vent neigeux.
A la différence de Billy cependant, le Père Noël n'est pas passé. Déçu, Tommy décide d'aller se coucher... et se fait réveiller pas sa soeur insupportable le lendemain matin. Il accroche une fois de plus sa robe de chambre, déchirant complètement sa poche cette fois, signe que tout cela n'était pas un rêve... Mais pour semer la confusion, une réplique miniature du Pôle Express trône parmi les cadeaux, ainsi qu'un certain nombre de jouets présents dans le bric-à-brac du 4
ème wagon. Enfin, un petit paquet supplémentaire inconnu est destiné à Tommy, qui je vous le donne dans le mille, contient le grelot qu'il avait paumé sur le traineau du Père Noël. Afin de montrer ses vertus, lui et sa soeur, à l'inverse de leurs parents, entendent le tintement de la breloque.

Le film se conclut ensuite sur la voix d'un Tom Hanks, narrant que malgré son grand âge le grelot n'a jamais cessé de tinter, tout comme pour tout ceux qui, comme lui, croient.

Expressivité in veritas

Expressivité in veritas

Petit verdict ? Allez petit verdict. Malgré son côté très niais et son message innocent, c'est un film que j'apprécie beaucoup, surtout en période de Noël. C'est beau, c'est poétique et la bande-son est magnifique (écoutez la Suite From the Polar Express), malgré les comédies musicales mal amenées. Il est vrai que l'équilibre entre cauchemar et rêve est assez étrange, surtout pour tenter de justifier un questionnement vis-à-vis du passage à l'âge de la raison. De même la perpétuelle oscillation entre le rêve et le réel est foutue par terre à la fin du métrage avec la lettre du Père Noël ; mais si on laisse de côté cette morale, la possibilité du rêve est intéressante. Les étranges apparitions et disparitions du contrôleur, le fait que les objets, dialogues et personnages présentés avant le départ construisent le voyage et ses protagonistes, ou le nombre variable de wagons du train, trouvent un sens, tout comme la démultiplication de personnalités de son père; plutôt que de se limiter à la simple formule c'est magique.  

Enfin bon, ça reste un beau film de Noël dôtée d'une excellente animation (d'accord la Performance Capture est un peu laborieuse, mais pour une expérimentation de Zemeckis, le résultat était impressionant en 2004). 
D'ailleurs je vous souhaite à tous un JOYEUX NOEL, arrêtez de bosser, buvez du Coca, déballez vos cadeaux, regardez un film, faites de la musique, bref amusez-vous  !

Licence Creative Commons
Le Mocking Spoil de Noël du Mocking Crow est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International

Avant j'étais en vert, mais ça c'était avant... HIP ! Remets moi un peu de calva cola Nicolas veux-tu ?

Avant j'étais en vert, mais ça c'était avant... HIP ! Remets moi un peu de calva cola Nicolas veux-tu ?

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