Regression (Science VS Satanisme)

Publié le par Mocking Crow

Regression (Science VS Satanisme)

Retour au thriller psychologique

Voilà 5 ans maintenant qu'Alejandro Amenabar n'avait pas donné signe de vie, or l'animal revient sur le devant de la scène avec son genre de prédilection: le thriller psychologique. Mais, car il y a toujours un mais, en 5 ans beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, ce qui fait qu'en usant de bonnes vieilles ficelles, Regression a trop tendance à s'enliser dans le déjà-vu et le stéréotypé pour être une véritable trouvaille.

Pour ceux qui n'ont encore jamais entendu parler du film, Regression prend place dans le Minnesota du début des années 90 en pleine crise de satanisme et de possession démoniaque. Vous savez la fameuse période où, en partant d'un simple fait divers, les médias se sont mis à voir des rites satanniques dans toute les granges et les champs de maïs des Etats-Unis; la belle époque quoi... Enfin bref, on suit la petite vie de l'inspecteur Bruce Kenner, légèrement chamboulée par un crime sexuel sur la "jeune" Angela Gray. Celle-ci avec le soutien de l'église du coin, trouve le courage d'accuser son père, qui curieusement avoue sa culpabilité sans avoir le moindre souvenir des faits. Mais c'est pas grave ça, il a avoué, il a avoué c'est tout, on l'enferme ? Niet déclare l'inspecteur, qui pour rafraîchir l'esprit de ce Monsieur Gray (non je ne ferai pas la blague) décide d'appeler un célèbre psychologue en renfort. Pour l'aider à retrouver la mémoire ce cher docteur utilise le fruit du travail de toute une vie: la régression thérapeutique, une branche dérivée de l'hypnose poussant un peu loin le concept de suggestion. Et... et... vous allez devoir payer votre place pour connaître la suite, puisqu'à partir de ce point précis le film bascule dans le plus pur style d'Alejandro Amenabar, réussissant même à nous faire oublier le spitch ultra-classique de départ.

Encore une fois la dimension psychologique est bien développée et le twist final cher au réalisateur bien fichu, même si cela amène une fin pleine d'amertume. Pour rappel c'est à cet individu que l'on doit Les Autres, Tesis et Ouvre les Yeux.

On échappe évidemment pas aux dessins très subtils révélant la psyché du suspect

On échappe évidemment pas aux dessins très subtils révélant la psyché du suspect

Mais voilà, du satanisme, un peu de violence visuelle, la fin des années 80 sur fond de Heavy Metal, tout cela fait bien trop penser à Dark Places sorti quelques mois plus tôt. Pour autant les deux films sont très différents tant dans le scénario, que dans la réalisation, inutile donc de se perdre en comparaisons douteuses.
Il n'empêche que l'on frise la caricature dans certains interrogatoires lorsque des explications psychologico-ésotériques tentent de semer le trouble chez le spectateur ou encore lorsque le révérend vient nous sermonner sur la tentation et le péché. Ce côté série B est d'ailleurs bien dommage, puisque pratiquement (subjectivité oblige) tout le reste du film est bon.

On a retrouvé l'armée de Voldemort !

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Casting et ambiance sonore ?

L'une des raisons pour laquelle ce film est arrivé sur le devant de la semaine tient aussi de la présence d'Emma Watson dans le casting. Si la magie du cinéma a réussi à la faire paraître âitre plus jeune qu'elle ne l'est véritablement, il n'empêche qu'elle constitue (une fois encore) la faiblesse du casting. Bon d'accord, on ne tombe pas aussi bas que dans Harry Potter (et le Prisonnier d'Azkaban), mais on la sent hésitante et pas franchement à fond dans le personnage. Allez, on va mettre ça sur le compte des retrouvailles avec David Thewlis et l'émotion de son 24ème anniversaire tombé le premier jour de tournage. Pour le reste du casting rien à redire, les rôles étant assez stéréotypés, même si la performance de Dale Dickey sort du lot.

Pour la bande son, Roque Banos a choisi d'alterner influence religieuse, thème sentimentale et airs pesants; un parti prix qui se défend plutôt bien, puisqu'à défaut d'être mémorables les compositions sont de bonnes qualités et s'harmonisent parfaitement avec l'ambiance sombre et oppressante du film.

En résumé, le film est bon, la base est bonne, bien que classique et on est pris dans l'ambiance glauque et étouffante. C'est bien fichu, mais ce n'est pas le thriller de l'année, en revanche les amoureux du genre y trouveront leur compte. Dernier point, contrairement à ce que montre les bandes annonces, le film ne fait pas peur, n'emmenez évidemment pas vos oisillons voir ça, à moins d'avoir un esprit malsain, mais pour des personnes ayant dépassées la douzaine vous ne sursauterez pas ou si peu (sauf peut-être sur un passage impliquant un chat et une grand-mère).

 

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Publié dans le coffre à bobines, Films

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