Mocking Spoil: Numéro 9

Publié le par Mocking Crow

Parce que le cinéma ça se partage, il est trop dommage de ne pas connaître toute la trame d'un film qu'on n'a la flemme, la honte ou le temps de voir. Heureux sont les fainéants et les prudents, voici ma nouvelle rubrique: le Mocking Spoil !
Cela fait un petit moment maintenant que cette idée me turlupine et même si elle n'est pas nouvelle (cf. ce
site), c'est toujours intéressant de désosser entièrement un film. Le but est donc de vous raconter le film (du spoil donc) en appuyant généreusement sur les incohérences du scénario, les faux-raccords et les problèmes techniques. Bref vous l'avez compris, rien de très sympathique, cependant, parce que je ne suis pas une raclure de première, je m'attarde aussi sur les bons points... quand il y en a.

Ceci étant, c'est long, par conséquent ce sera plus rare et pas forcément sur les dernières sorties. La preuve puisque ma première victime est Numéro 9 qui, contrairement à ce que son esthétique laisse penser, n'est pas de Tim Burton et a bien des fans dans mon entourage.

Mocking Spoil: Numéro 9

Avant toute chose, je tiens quand même à souligner que c'est un film que personnellement j'apprécie beaucoup. Mais il y a beaucoup trop d'éléments inexpliqués et d'interrogations en suspens à la fin du métrage, pour le considérer comme une oeuvre d'exception. En fait je me demande s'ils n'ont pas égaré le scénario avant la fin, puisqu'il manque un bon gros pan scénaristique pour discerner une quelconque cohérence dans l'ensemble.

Donc le film débute sur une voix off nous racontant que l'espèce humaine n'est plus, mais que la vie doit continuer, même si ce ne sera qu'à travers des petites poupées bricoléées avec les moyens de bord: fils de couture, zipette, boutons, bois ou métal. Après l'assemblage du héros (numéro 9), celui-ci se réveille et découvre avec fascination son environnement.

J'aurais mieux fait de rester couché moi...
J'aurais mieux fait de rester couché moi...

J'aurais mieux fait de rester couché moi...

Non content d'être une fourmi dans un monde de géants, son créateur a visiblement oublié de lui greffer un micro, aussi se voit il contraint de courir après la seule silhouette en mouvement dans le paysage ravagé, ignorant totalement la boîte que son concepteur lui avait réservé à son intention (nah !).
Et là, qu'est ce que c'est beau ! S'il y a bien une chose qu'on peut accorder au film c'est son splendide travail graphique: les animations sont tip top, les décors soignés et l'esthétique léchée par le directeur artistique lui-même. Autre point qui saute aux yeux son univers adulte, Numéro 9, n'est pas un film destiné véritablement aux enfants: pas d'humour récurrent, ni de comédie musicale à deux balles, mais un monde angoissant, ravagé par les excès de l'humanité. Bref c'est beau, j'adore.

En se promenant nonchalament dans la rue, 9 découvre un environnement ravagé par un totalitarisme qui a dérapé (permettant de situer le décor dans une europe des années 30 - 40), laissant dans son sillage ruines, cadavres et poussière. Etrange et encore plus étrange est sa rencontre avec Dumbledore (le numéro 2, doublé par Marc Cassot), auquel il assène un vigoureux coup de clef en pleine tronche. Mais dans son infinie sagesse, celui-ci lui pardonne, s'empresse de le tripatouiller avec admiration, lui greffer la voix française d'Obi-wan (Bruno Choël) avec un transistor trouvé dans les ruines (preuve qu'on est pas en Chine) et s'extasier devant un artefact bizarre livré en pièce détaché avec 9. Accaparé par l'objet, Dumbledore oublie de contempler Obi-Wan qui, vexé, lui demande des explications. Rien à faire, devenu gâteux avec l'âge celui-ci est occupé à bercer l'objet, pousser des "Oh" de jouissance et parler d'obscurs cours de dessin. Bouillonant, Obi-Wan est sur le point de dire à ce vieil imbécile qu'il peut aller se faire mettre et partir d'un pas résolu dans les ruines, quand des "Oh" nettement moins jouissifs retentissent dans le lointain, ramenant au passage Dumbledore à la réalité. Celui-ci armé de son cure-dent décide de mettre son nouveau protégé en sécurité (sans pour autant lui rendre son bien) et faire face au danger.

Oh oooh ! C'est beau ! Oh !

Oh oooh ! C'est beau ! Oh !

Oooh ! Oh ! Oh merde !

Oooh ! Oh ! Oh merde !

Evidemment il se prend une bonne dérouillée et se fait enlever par une machine croisée avec un Wendigo plus très frais... c'est moche de vieillir. La bestiole se montre intéressée par l'espèce de pile bouton stylisé et décide de l'embarquer aussi (sait-on jamais ça peut servir). Au cours de l'échauffourée, Obi-Wan s'est d'ailleurs fait dénuder l'épaule et semble souffrir le martyre, ce qui l'empêche de courir après la chose pour euh... lui piquer le derrière avec le cure-dent de papy ? En outre je ne vois pas pourquoi une simple égratignure à l'épaule pourrait le faire souffrir puisque c'est visiblement une figurine en adamantium engoncé dans un sac et non un être fait de chair et de sang. Enfin bref, une autre poupée (borgne cette fois) semble avoir apperçu 9 en pleine tourmente et décide de l'enlever pour lui réparer l'épaule.

Tiens bon j'arrive... mais pas tout de suite, attends encore une heure veux-tu.

Tiens bon j'arrive... mais pas tout de suite, attends encore une heure veux-tu.

Un certain temps a passé puis 9 se retrouve confronter à une galerie de figurines en tout genre, il y a d'abord Popaul (numéro 5), qui lui a réparé l'épaule, un ami donc, même s'il est un poil stupide. Puis le Pipo Pape (numéro 1), chef autoproclamé, créé à la sauvette (même s'il faut noter que son créateur a eu le temps de lui faire des yeux bridés) et arrosant ses fidèles de discours de jurisprudence et de menaces stupides, un connard donc. Afin de marquer sa suprématie, il s'est confectionné une vieille cape avec un bout de serviette, s'appui avec un bâton de berger et se coiffe d'un capuchon de stylo. Enfin vient Groot (numéro 8), le plus grand et fort, mais aussi le plus stupide, un miracle qu'il soit capable de prononcer un mot. Sa seule tâche est de protéger son chef, rien de plus.

Une belle brochette de vainqueurs
Une belle brochette de vainqueurs
Une belle brochette de vainqueurs

Une belle brochette de vainqueurs

L'heure est aux explications, donc les humains ont été exterminés par les machines qu'ils avaient conçu, oui rien de nouveau, les machines ont répandu du gaz verdâtre détruisant toute vie organique sur la Terre, Popaul a perdu son oeil, les poupées rescapées ont trouvé refuge dans une vieille église dans laquelle elles se terrent depuis. Apparement toute les machines ont cessé de fonctionner (pourquoi, ça allez savoir...) et il ne reste plus que LA BETE (ouhouou), celle la même qui a enlevé Dumbledore. D'ailleurs cette bête devait être en quelque sorte le toutou des machines puisqu'elle aurait pu se faire dessouder d'un simple coup de tatane d'un humain, la question de sa survie est un mystère.

Mais au fait grand Pipo Pape, il en manque. Que sont devenus la poupée amazone et les numéros 3 et 4 ? Rien à cirer ?  Bon bah tant pis. Ah oui, il y a une autre figurine qui se terre dans un coin de la pièce, occupé à dessiner la pile d'Obi-Wan (mais oui, les cours de dessin de Dumbledore) en fredonnant les notes du requiem, mais on en parle pas non plus.
Pendant ce temps notre héros questionne le Pipo Pape, mais non content d'être un connard, lui aussi est gâteux puisqu'il préfère se cacher dans une vieille bâtisse à rien faire, au lieu d'essayer de bricoler un moyen de se débarasser du seul prédateur du secteur.

- D'où vient la bête ? 
- C'est une question qui...
- Et pourquoi elle marche et pas les autres ?
- Je...
- Et pourquoi vous parlez au passé simple et vous vous fringuez ?
- La ferme ! Tes questions me donnent mal au crâne, j...
- Comment vous pouvez avoir mal au crâne, vous n'êtes techniquement pas vivant ?
- J'ai dit silence ! Ou j'appelle
Groot pour te coller une fessée !

Devant cette menace Obi-Wan décide de se taire et s'en va bouder avec Popaul sur la tour de guet. Mais le fourbe n'a pas dit son dernier mot et décide d'aller au secours de Dumbledore avec son nouvel ami. Allez hop, une carte, un lance épingle et on est fin prêt pour l'exploration. Content de faire une sortie Popaul raconte sa vie rasante jusqu'à ce qu'il découvre le bougeoir que Dumbedore portait sur la tête (pour la science infuse). Ni une, ni deux, avec une lampe intacte et parfaitement fonctionnelle trouvée dans une bagnole ravagée, Obi-Wan reproduit le bâton de Gandalf avec un cure-dent, sa bite et son couteau. Qu'est ce qu'il est fort cet automate ! La séquence avait sans doute pour but de nous montrer subtilement son habilité et son intelligence...
Enfin bref, de fil en aiguille, les deux acolytes finissent, après avoir paumé la seule carte de la région, par trouver le tunnel "secret" permettant de rejoindre l'usine dans laquelle Dumbledore a été emmené par le toutou mécanique. Mais tandis qu'il s'engageait joyeusement en parlant d'une voix forte et claire dans le passage, l'ombre d'un corbeau mécanique inquiétant s'avance vers la carte égarée... à deux pas de l'entrée du tunnel ?! La carte ne s'est pas envolée dans le lointain finalement ?

Mocking Spoil: Numéro 9

Tout en discutant du concours de blagues hebdomadaire entre Dumbledore et le Pipo Pape, nos valeureux héros découvrent que l'usine fabriquait autrefois toute sorte de machines de guerre et finissent par tomber sur Dumbledore, enfermé dans une cage entreposée dans un espace si vaste, que ça cache quelque chose, un piège...? Rien. Tandis que Popaul s'élance vers la cage et sort le vieillard de sa torpeur, Obi-wan se décide à aller voir la cause du bruit de farfouillage si dérangeant depuis tout à l'heure et tombe sur la Bête, occupée à essayer d'incérer son artefact dans un réceptacle prévu à cet effet. Mais le forcing de la cage de Dumbledore semble faire trop de bruit à son goût, aussi commence-t-elle à les pourchasser autour de la-dite cage.

Après une lutte desespérée dans laquelle on découvre que malgré les phares qui lui servent d'yeux, la Bête est éblouie par la lumière de l'ampoule d'Obi-Wan (oups, bévue scénaristique); la petite bande est sauvée par l'arrivée providentielle de l'amazone Electre (la numéro 7) qui décapite la bestiole d'un coup de cure-dent.
Ouf, tout est bien qui finit bien et attendez, attendez... La Bête s'est faite dézinguer par une poupée ?! Comme ça en 5 secondes ? C'était bien la peine de nous faire tout un baratin sur sa dangerosité, quand une simple lame émoussée permet de s'en débarasser. D'ailleurs, si c'est si simple pourquoi ne pas l'avoir fait avant et puis... oh j'abandonne !

Mais que dis-je, c'est le moment de fêter la victoire et les retrouvailles avec Electre, qui avait disparu depuis visiblement quelque temps. Sauf que ce n'est pas au goût d'Obi-Wan, qui non content d'avoir si peu d'attention, ne peut pas emballer la nana, donc pour montrer qu'il est intelligent, il décide de mettre, pour on ne sait quelle raison fumeuse, l'artefact dans le receptacle.
Soit ce que cherchait à faire la Bête un peu plus tôt, en conséquence ça ne peut être que catastrophique ! Dumbledore l'illustre parfaitement en se faisant arracher son âme en essayant de l'enlever. Super ! Il est mort (si tant qu'une figurine puisse mourir), vous avez fait tout ça pour rien ! Pire vous avez visiblement réveillé la machine mère et toute l'usine se remet en branle ! Bravo Obi-Wan, t'en as encore beaucoup des idées comme ça ?

Waah ! C'est le grand Raoul !
Waah ! C'est le grand Raoul !
Waah ! C'est le grand Raoul !

Waah ! C'est le grand Raoul !

S'ensuit une course-poursuite dans laquelle s'illustre particulièrement la débrouillardise d'Electre et le degré de crétinerie de la machine. Je me demande d'ailleurs comment les humains ont pu perdre la guerre face à des engins pareils: elles sont toutes monotâches, le moindre bruit parasite les fait changer d'objectif et abandonner leur proie. Remarquable, vraiment. Bref ils arrivent tous à échapper à la machine et là Obi-Wan se dit que ça va chauffer pour son derrière, sauf que... rien. 

- Mais pourquoi, pourquoi tu as fait ça ?! 
- Je savais pas, je suis désolé. 
- Vraiment ? Bon en ce cas ça va alors.

 L'usine se remet en marche, mais heureusement Electre a une idée géniale : aller à la bibliothèque bien sûr ! Le meilleur endroit pour trouver les réponses sur l'avenir, même si en fait ils auraient pu faire ça avant. Donc pendant que la machine se construit une armée en bricolant (surtout ne pas utiliser l'assemblage à la chaîne de l'usine, non, bien sûr que non !), la petite bande s'en va butiner dans les rayonnages. C'est le moment d'introduire deux nouvelles poupées: Tic et Tac (3 et 4) les jumaux qui parlent en morse avec des clignements d'yeux et ont la fonction projecteur intégré (le projecteur ou la voix, fallait choisir !). Ces deux-là sont donc les bibliothécaires sur lesquels reposent toute la connaissance du monde... je sais pas pourquoi mais je n'suis pas convaincu...

L'avenir de la Terre est sérieusement compromis avec ça
L'avenir de la Terre est sérieusement compromis avec ça

L'avenir de la Terre est sérieusement compromis avec ça

Ceci étant force est de constater qu'ils ont fait un boulot remarquable: coller des morceaux de journaux sur chacune des pages d'un gros livre, en les reliant par des cordes à différentes étagères, voilà qui change de la Dewey. Par contre faut pas chercher beaucoup de trucs d'un coup. N'importe, dans le cas présent, Obi-Wan a repéré un article intéressant et en se rendant sur l'étagère il découvre un article de presse sur la création d'une machine appelée "Brain" par un scientifique de renom. Il se rend compte également que le dernier bibliothécaire en date avait sérieusement fumé ses chaussettes, au point de ranger une de ses boots sur l'étagère (les humains avaient donc aussi une déficience mentale, ceci explique cela...). Comme ce n'est pas suffisant pour lui, Tic lui projette un reportage à la Fallout sur la dernière invention du chancelier, une machine ultra-sophistiquée allant apporter la paix et l'harmonie dans un pays en pleine folie guerrière.
Drôle de conception de la paix, quand elle est apportée par des bipodes armés de mitrailleuses soit dit en passant mais bon.... Un grand discours plein de sagesse empli de "Camarades" assénés comme des coups de pompes dans le cul, avec un grand revirement d'idées lorsque les machines se retournent contre leurs créateurs... oups, boulette. Finalement c'était pas terrible de concevoir une machine pensante à des fins militaires.

Camarade ! C'est la merde ! Qui a autorisé la création de ces machines !?
Camarade ! C'est la merde ! Qui a autorisé la création de ces machines !?
Camarade ! C'est la merde ! Qui a autorisé la création de ces machines !?
Camarade ! C'est la merde ! Qui a autorisé la création de ces machines !?

Camarade ! C'est la merde ! Qui a autorisé la création de ces machines !?

Tout ça c'est bien beau, mais et l'artefact il sort d'où ? C'était la question qui tue, puisque ni Tic, ni Tac n'ont de réponse ou n'ont ne serait-ce qu'aperçu cet objet. Pas de chance, c'est finalement Popaul qui a la réponse, enfin réponse est un bien grand mot puisqu'il vient de se rendre compte que c'est le truc que Pablo (numéro 6) n'arrête pas de dessiner. Il aura mis le temps, mais mieux vaut tard que jamais. Le hic c'est qu'il se trouve à la cathédrale avec le Pipo Pape et Groot. Heureusement il suffit de se glisser discrètement dans la chambre du feu Dumbledore, qui conservait tout les dessins de Pablo. Mais ça Electre ne veut pas l'entendre et préfère fuir en vociférant, plutôt que de jouer les caniches (voire plus) chez ces messieurs. 

C'est donc Popaul et Obi-Wan qui s'y collent et après plusieurs heures de marche, ils se glissent avec leur discrétion légendaire dans les appartements hypothéqués de Dumbledore. Evidemment ils se font attraper par un Groot doué de dons de téléportation et se font tirer les boutons et la zipette, par le Pipo Pape, très content de voir que ses lois sont pleines de bon sens. Même si envoyer le plus âgé en éclaireur n'est pas vraiment un modèle de bon sens, hum, ça cache quelque chose... Ils se font interrompre deux fois: la première fois par Pablo qui les informe qu'il faut qu'ils retournent à la source. Intéressant, sauf pour le Pipo Pape qui souligne que depuis l'arrivée de la force ici, c'est la merde et donc ordonne à Groot de leur coller une fessée bien méritée. Sauf que leur punition est reportée avec l'arrivée d'un... truc volant ressemblant à un ptérodactyle mécanique bricolé à la débotté par un artiste aux goûts douteux.

S'ensuit une course poursuite à travers les toits, durant laquelle on peut admirer les talents de combattant de Groot et la solidité étonnante d'Obi-Wan, rappelez-vous il s'était fait lacérer l'épaule comme un rien par le toutou du début. Là il se fait juste mettre par terre par les griffes du piaf, pas une éraflure, rien et quelle solidité dans les chutes. D'ailleurs Groot n'a pas dû le comprendre et se comporte trop comme un humain lorsqu'il se retrouve suspendu 3 mètres au-dessus du sol pendant que la bestiole le charge. Heureusement Obi-Wan se souvient que la lumière et les machines ça colle pas, aussi réussit-il à aveugler l'engin avec un bout d'aileron de l'avion encastré dans le toit. Au final Groot tombe... et n'a rien, normal.

Finalement en se retrouvant acculés, ils pressent le bouton du Deus Ex Machina et invoque Electre qui passait purement par hasard pour à nouveau tenter une décapitation eeeeettt raté. A la place elle se fait harponner la jambe avec une aiguille, Obi-Wan fait alors appelle à la force, tandis que Groot coupe le cable du harpon. Celui-ci va s'enrouler autour de l'hélice de l'avion, toujours encastré dans le toit et faire basculer tout le monde dans le vide. Sauf que la saloperie tient bon et tout le monde excepté Groot se retrouve suspendu à l'aiguille planté dans la jambe d'Electre, dites donc quelle solidité, heureusement que ça n'se déchire pas facilement. Finalement après quelques manips' (un fil électrique et la perte de la cape du Pipo Pape) ils réussissent à détruire le piaf en le faisant passer dans les rotors de l'avion. 

Encore une machine de moins... qui a dit qu'elles étaient invincibles pour ces figurines ?
Encore une machine de moins... qui a dit qu'elles étaient invincibles pour ces figurines ?

Encore une machine de moins... qui a dit qu'elles étaient invincibles pour ces figurines ?

L'église ayant brûlée c'est le moment de changer de repère, aussi vont-ils se réfugier dans la bibliothèque, ce qui ne réjouit pas des masses le Pipo Pape, surtout lorsqu'il aperçoit deux héritiers supplémentaires. Pendant ce temps, l'une des sentinelles fraichement sortie de l'usine rammasse le corps du piaf mécanique, pour montrer à Brain que, bon c'est bien beau de jouer aux legos, mais s'il veut conquérir le monde, il va falloir qu'il s'y mette sérieusement. Plein d'impetuosité Brain envoie voler son jeu de construction du moment et semble avoir une idée malsaine en examinant le corps de Dumbledore...

Une fois à la biliothèque, Groot part monter la garde et en profite pour se mastuber à sa manière avec un aimant (ça vous vend du rêve hein ?), tandis que Popaul répare la jambe d'Electre. Les bibliothécaires montrent à Obi-Wan qu'ils n'ont pas glander, eux, et ont trouvé un manuel d'alchimie dans lequel apparaît justement l'artefact. Des explications plus fournis arrivent après, mais rien qu'en voyant les mots Transmutata Vitae on peut se faire une petite idée de l'objet. Concrètement c'est un outil qui permet d'insuffler de la vie dans un objet inanimé en transmutant une partie de son âme dedans. Etonnant qu'un savant ait recours à un tel procédé après avoir conçu Brain...

Toutes les explications sont là

Toutes les explications sont là

C'est alors qu'entre le Pipo Pape, déjà furieux d'avoir dû déménagé, il devient complètement hystérique en voyant les centres d'intérêt de sa communauté. En tapant du pied il finit par lâcher qu'il envoyait sciemment Dumbledore au casse pipe, le bougre commençait à devenir un peu trop perspicace. Il conclut son diatribe par un magnifique Il faut savoir sacrifier des individus pour le bien de la communauté, ce qui lui vaut les menaces d'une fan de la décaptitation. Mais passer cette frayeur il s'en va bouder dans son coin, en grommellant des réflexions acides, jusqu'à ce qu'il tombe sur... Dumbledore ? Enfin non pas exactement, dans mes souvenirs il n'avait pas un corps de Gorgone, ni un regard paralysant. Le grand Pipo Pape se fait enfin clouer le bec et ficeler dans le corps d'une nouvelle machine cauchemardesque avec Groot (le bougre s'était fait interrompre durant ses ébats).

C'est sans compter sur Obi-Wan, Electre et Popaul, non lui il sert à rien, juste Obi-Wan et sa copine donc, qui après un combat sympa, parvienne à libérer le Pipo Pape au prix de l'enlèvement d'Electre. C'est en s'échangeant les scores du dernier l'OM - Lille que les deux amoureux se quittent (c'est toujours con de gueuler des numéros de toute façon). 
Sauf que Obi-Wan ne veut pas rester loin de son outil sexuel, aussi décide-t-il de partir à sa poursuite... après avoir fait des funérailles digne de ce nom à la marionnette de Dumbledore sur une musique signée Danny Elfman (faut pas être pressé non plus).

Baaahaa, ce truc a été recalé du dernier Toy Story c'est ça ?
Baaahaa, ce truc a été recalé du dernier Toy Story c'est ça ?

Baaahaa, ce truc a été recalé du dernier Toy Story c'est ça ?

La pub qui vous emmerde, ouais c'est ça les médias.
La pub qui vous emmerde, ouais c'est ça les médias.
La pub qui vous emmerde, ouais c'est ça les médias.
La pub qui vous emmerde, ouais c'est ça les médias.

La pub qui vous emmerde, ouais c'est ça les médias.

Après un fondu au noir, toute la bande (y compris le Pipo Pape) se retrouve devant l'usine qui entre temps s'est changée en Terre de Mordor, balayée en permanence par les projecteurs des sentinelles volantes. Sauf que, pour ne mettre personne en danger Obi-Wan les plante là et laisse à Popaul le soin de bidouiller un explosif suffisament puissant pour raser l'usine s'il ne revient pas. Plaît-il ? Pourquoi vous n'avez pas penser à faire ça avant que Brain ne soit ranimer ? C'est quand même pas compliquer de se partager les rôle: une personne ou deux repère le toutou mécanique et les autres détruisent l'usine si inquiétante dans le paysage ! Avec tout le pétrole répandu un peu partout vous n'aviez même pas à trop vous avancer. Ah mais j'oubliais, il n'y aurait pas de film sinon, c'est vrai suis-je bête ! 

Donc Obi-Wan part tout seul, avec son bâton ampoule dans l'usine, tandis que Popaul amène un baril de pétrole intact (un miracle), sans se faire repérer (alléluia !), devant le tunnel de sortie et attend le retour d'Obi-Wan, Electre et Groot (lui aussi enlevé par le jouet de Romero). Pour ce dernier, l'affaire est vite réglée puisqu'il se fait absorber de la même manière que Dumbledore par Brain. Un boulet de moins, reste Electre.
Une fois de plus Obi-Wan montre qu'il en a dans les engrenages puisqu'il bricole une marionette pour attirer le cauchemar ambulant. Comme la machine est monotâche elle arrête aussitôt d'offrir Electre à son maître et la garde dans son corps, pour se diriger vers le leurre qu'elle ficelle aussitôt. Dommage pour elle, la marionnette est reliée à des engrenages pleinement fonctionnels, ce qui fait qu'Obi-Wan a juste eu à la forcer à lui courir après pour que la corde se tende et que la machine se retrouve happer dans les rouages et se fassent écraser. Ah oui, il a quand même eu le temps de libérer sa copine avant qu'elle ne se fasse compresser.
Voilà. Le tout devant le nez de Brain, qui, absorbé par ses kennex, n'a rien vu, ni entendu.

Pendant ce temps le Pipo Pape a encore fait des siennes puisqu'il a voulu envoyer le baril trop tôt et a fait repérer les complices par une sentinelle, déclenchant l'alerte générale et faisant repérer à leur tour Obi-Wan et Electre, Brain ayant (enfin) eu l'idée de se retourner.

ça va faire mal...

ça va faire mal...

La suite se conclut par un grand boum: le couple s'échappe poursuivi par une horde d'araignées mécaniques, leurs camarades balourdent le baril dans le conduit, après avoir incendié le pétrole avec une allumette (les militaires devaient en trimballer une boîte chacun puisqu'on en trouve partout dans les ruines), ce qui fait sauter l'usine.

Voilà, rien de bien compliqué, si ce n'est qu'ils auraient pu faire ça plus tôt et qu'ils devraient franchement se débarasser de leur doyen. Mais bon, pourquoi faire la tête tout est bien qui finit bien, on a pas la moitié des réponses mais c'est pas grave. Sauf qu'il reste 15 minutes de film...

Eh oui, nos acolytes sont interrompus en plein milieu de leur fiesta (danser sur un gramophone intact, non loin de l'usine, en plein milieu de la cambrousse) par Brain, un peu rouillé, mais fonctionnel. Celle-ci absorbe Popaul, devant les yeux de ses compatriotes, qui ont légérement oublié de prendre leurs jambes à leur coup.
Une courte poursuite s'engage, durant laquelle Pablo, atteint d'un soudain syndrôme de Stockholm veut empêcher Electre de détruire la machine en la faisant tomber d'un pont délabré. Il parvient à convaincre Obi-Wan, qui de peur de passer du côté obscur rejoint son point de vue, à savoir: Ils sont coincés dedans ! Super... Mais encore ? L'âme des marionettes est prisonnière de la machine, si elle est détruite, elles disparaîtront. Et... ? Et Pablo se fait attraper, mais avant de se faire absorber il a le temps de gueuler qu'il est primordial de retourner à la source (la pièce dans laquelle s'est éveillé Obi-Wan).

Mais c'est bien sûr, allons-y ! Non ? Non. Ni Electre, ni le Pipo Pape et Tic et Tac ne sont emballés, mieux vaut détruire l'engin qui se raccroche à la paroi. Dégoûté d'un tel bon sens, Obi-Wan s'en va... en courant vers le précipice ? Ah non, raccord suivant il est dans la première pièce, il a fait vite. Mais il arrive au mauvais moment, la paperasse qui menaçait de s'envoler depuis des années, s'envole alors qu'il la consultait (comme par hasard !). C'est  à ce moment là qu'il remarque la boîte que lui avait laissé le scientifique.

Elle contient un projecteur holographique, laissant place à des explication fumeuses, qui, malgré l'illumination du visage d'Obi-Wan, n'apporte aucune solution à l'espèce humaine. La machine a été conçu à l'image du scientifique: intelligente mais imparfaite. Au lieu de servir à faire évoluer l'espèce humaine elle l'a annéantie après s'être rendu compte qu'il était plus utile de détruire toute l'humanité plutôt qu'une fraction. De plus il lui manquait une âme pour penser ou ressentir quelque chose. Dans un dernier acte de bonté envers l'humanité, le scientifique a transmuté son âme dans autant de figurines que possible, chacune incarnant une facette de l'espèce humaine.
Révélation: les poupées sont en fait des sortes d'homoncules bricolés, portant en eux la dernière forme de vie humaine.

Et alors ? C'est là que le mat blesse, à quoi ça va servir ? La Terre est peuplée d'homoncules incapable de se reproduire et qui vont se détériorer avec le temps. Bravo quelle superbe solution. A cela vient s'ajouter que la pile de transmutation permet d'aspirer une âme suivant une combinaison: presser les touche dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Super et ? Et rien. Voilà content ?

L'heure de la vérité... et alors ?
L'heure de la vérité... et alors ?
L'heure de la vérité... et alors ?

L'heure de la vérité... et alors ?

Plus que satisfait (?) Obi-Wan repart avec la ferme intention d'empêcher les autres de détruire la machine avec une batterie d'artillerie trouvée dans des tranchées (??). Il partage sa découverte ce qui semble stopper leur folie meurtrière (pourquoi ? Aucune idée)... à part Pipo qui fait feu sur Brain... et lui détruit une partie du corps, ce qui ne l'arrête pas pour autant puisqu'il envoie valdinguer le canon et se lance dans une nouvelle poursuite.

C'est l'heure du grand final, le moment de se débarasser une bonne fois pour toute de la machine infernale... wait, wait, ils s'en débarassent finalement ? Je croyais qu'il fallait rien lui faire ?! Non on va pas la détruire, on va lui piquer le talisman et le retourner contre elle en lui chapardant les âmes. Hum, un bien beau plan, sauf que la dernière fois qu'un de vos semblables à essayer de l'arracher, c'est son âme qui s'est faite arracher. Et puis, juste comme ça, depuis le début elle abosrbe des âmes, elle devrait se mettre à ressentir quelque chose non ? Ou alors ça lui sert juste de pile c'est ça ? Oh ça me gonfle, la suite vite.

Obi-Wan se retrouve finalement seul face à Brain, qui n'est pas pressé et laisse Electre lui faire un câlin avant son exécution. Sauf que le Pipo Pape décide de se sacrifier pour le bien de la communauté, laissant le temps à Obi-Wan de lui piquer l'artefact et le retourner contre Brain. L'effet est instantané, non seulement elle recrache les âmes volées, mais en plus elle explose. Enfin débarassé.

Avada Kedavra !

Avada Kedavra !

C'est bien, mais maintenant on fait quoi ? Obi-Wan est content, Electre et Tic et Tac aussi, mais avoir des âmes dans une pile ça va servir à quoi ? On en sait rien en fait.

Les survivants décident de faire une sorte d'étoile à 5 branches avec un feu de joie en son centre devant la maison du scientifique (cool man, c'est pour le karma). A chaque branche se trouve rattaché une pancarte avec le numéro d'un des homoncules. Eeeettt Obi-Wan relâchent les âmes de chacune d'entre elles qui, après un grand sourire, s'envolent vers les cieux et font tomber la pluie.
Et devinez quoi ? Chaque goutte de pluie contient des bactéries, signe que la vie reprend son cours ou repart sur de nouvelles bases.

FIN

Le culte satanique qui va sauver l'humanité !
Le culte satanique qui va sauver l'humanité !
Le culte satanique qui va sauver l'humanité !

Le culte satanique qui va sauver l'humanité !

Le cycle de la vie redémarre

Le cycle de la vie redémarre

Sérieusement ? Mais...?
Il manque des choses et la fin... la fin n'est pas du tout satisfaisante. Déjà ce n'est même pas l'âme complète qui permet d'apporter la vie, mais 5 des parties de l'âme... et pas les meilleurs qui plus est. Chacune des poupées incarne une facette de l'humanité, or parmi celles qui sont "mortes" on trouve plusieurs faiblesses de l'humanité:

  • La peur et l'arrogance pour le Pipo Pape
  • La brutalité pour Groot
  • La charité pour Popaul, signe que ça sert pas à grand chose d'être altruiste
  • Le génie scientifique pour Dumbledore, qui peut conduire à la catastrophe une fois mal canalisé
  • L'art pour Pablo... c'est bien mais pour une nouvelle race brutale et peureuse, je vois pas trop.

Et ce sont les faiblesses de l'humanité qui vont permettre à la vie de renaître ? Super, avec des bactéries incarnant l'arrogance et la brutalité, l'évolution ne peut que bien se passer...
En plus, s'il suffisait d'une partie de l'âme pour permettre à la vie de renaître, le scientifique n'avait qu'à s'arracher une partie de son âme dans la pile et de la lourder dans l'atmosphère, où était le problème ? Ah oui les machines c'est vrai. Mais ça avait l'air plutôt calme quand il a fait 9, les machines se sont débranchées d'elle même, une fois que le scientifique ou quelqu'un d'autre a piqué la pile de Brain (la traditionnelle logique de "on tue le boss et tout le monde meurt"), enfin je suppose que c'est ce qu'il s'est passé.

Et puis toujours les mêmes problèmes, les machines sont connes, je doute que toute l'humanité se soit fait ravager comme ça par une floppée de machines pouvant être détruites avec un cure-dent ! Sans compter les nombreuses incohérences du scénario le toutou mécanique détruit par un homoncule (une fille en plus !) qui fait 1/5ème de sa taille est déjà risible, mais voir ensuite que toutes les machines subissent le même sort, alors qu'avant l'arrivée de 9 personne n'osait s'approcher d'une seule, c'est juste du délire.

Après je comprends qu'on puisse laisser une part de mystère de scénario, mais là il manque carrément des explications clefs ! Le film est court (1h10), ça coutait quoi d'ajouter 10 minutes d'explications supplémentaires ?
C'est le problème de ce film quelle est la finalité de la chose ? Les personnages ne pensent qu'à sauver leur cul en toile et vont d'un point A à un point B, sans vraiment se soucier de l'avenir. En fait on dirait plus une belle vitrine technologique, qu'un véritable film. Je pense d'ailleurs qu'à la base cela devait être un moyen-métrage, mais qu'il a été allongé vu l'intérêt du nombre conséquent de producteurs sur le projet.

Après le métrage est splendide, tout le visuel est réussi (le post-apocalyptique aux influences steampunk est très agréable), le travail de doublage excellent dans sa version française et la musique est magnifique. Avec Deborah Lurie et surtout Danny Elfman, la Bande Originale est mirifique, rien à redire. Le film est signé Shane Acker, un réalisateur mineur de film d'animation, mais la presse et le commun des mortels se concentrent sur les deux principaux producteurs: Tim Burton et Timur Bekmambetov qui ont semble-t-il eu une influence non négligeable sur le résultat. Par contre les deux ânes qui occupaient les postes de scénaristes (et ouais deux personnes quand même), pendez les !

 

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