007 Spectre ( Watch Dogs et l'ordre de la pieuvre de cuivre

Publié le par Mocking Crow

007 Spectre ( Watch Dogs et l'ordre de la pieuvre de cuivre

Ce que vous devez savoir sur le dernier James Bond

Un article bien "clicapute" comme il faut, pour un film qui surf beaucoup trop sur l'engouement médiatique de la chose et bénéficie d'un coup de buzz encore plus important que Skyfall dernier James Bond avec Daniel Craig, dernier James Bond de Sam Mendès, le plus grand méchant, la vérité sur l'agent secret mythique, plus gros budget... Sauf qu'un coup de buzz ne suffit pas pour faire un grand film, la preuve.

La meilleure Bande-Son

Il ne faut pas jeter l'eau du bain et le bébé avec puisque la bande-son est sans doute l'une des plus aboutie de tout les James Bond. Repose en paix John Barry, le thème se porte toujours aussi bien, tandis que les variations de Thomas Newman sont d'une qualité irréprochable. De même la juste utilisation des silences dans les scènes de tension est plus que bienvenue face au niveau sonore générale exagérement élevé... auquel l'égaliseur du cinéma n'est pas innocent.

Un générique classique qui louche sur le Hentai

Pieuvre + fille dénudée = Spectacle de pervers c'est bien connu, certains regretteront quand même que le show ne soit présenté que sous la forme d'une silhouette.
Pour le reste, on retrouve les traditionnelles femmes à poil et les pistolets, mais le temps a passé et ce genre d'allégorie érotique est de plus en plus mal dissimulé. Heureusement la chanson Writing's on the Wall de Sam Smith compense le retour en arrière du générique. Nulle doute que la douce voix aigue du chanteur constituera un challenge bien plus important que Skyfall dans les prochains télécrochets.

Bon là le chanteur en fait des caisses, mais la véritable intro du film est plus classe

Un casting international 5 étoiles...

Daniel Craig, Christoph Waltz, Léa Seydoux (encore elle) qui se permet quelques petits passages en français, Monica Belucci... Un bien jolie casting (auquel vient s'ajouter une armada de figurants), dommage que leurs rôles les mettent si peu en valeur.

...mais des personnages stéréotypés...

Le problème c'est que le film est classique et par extansion les personnages le sont aussi. C'est d'ailleurs bien dommage puisque cet opus tend à poursuivre le travail initié dans Skyfall, à savoir les origines de James Bond. Le hic, c'est que le réalisateur use de grosses ficelles et a le don de foutre en l'air de bonnes idées. Du coup le retour de M. White (présent dans Casino Royale et Quantum of solace) devient anecdotique et la véritble identité de l'antagoniste principal purement grotesque. Antagoniste increvable brillamment interprété par Christoph Waltz, mais présenté de manière caricaturale (qui se veut pourtant très sérieuse) à contre-lumière durant près de 15 minutes avant de montrer son visage (à part James Bond, pour qui est-ce une surprise, je me le demande...).

En parlant d'antagoniste, il y a dans ce film un certain Monsieur Hinx tout aussi increvable et invincible que Requin (L'espion qui m'aimait et Moonraker). Maintenant entre l'hommage ou le manque d'imagination, la seconde option me semble plus vraisemblable. Etant l'archétype de l'homme de main acharné, il apparait à plusieurs reprises dans le film de manière totalement inopiné et invraisemblable (mention spéciale pour le train, qui continue sa route comme si de rien n'était), sauf qu'à la différence de Requin, c'est souvent pour se prendre une branlée.

Le seul personnage qui sort véritablement du lot est peut-être Léa Seydoux. Non pas parce qu'elle est française, mais parce qu'elle constitue la James Bond girl la plus intéressante tout épisode confondu. C'est après tout l'une des rares à ne pas vouloir uniquement plier la barre en fer de monsieur. Dommage que cet aspect soit fichu par terre, avec un plan final ultra-convenu et déjà-vu, signe sans doute que les vieilles recettes ne changeront jamais.

...au service d'un scénario cliché.

Tellement cliché que James Bond le résume en deux phrases sur la fin. Une belle marche arrière après Skyfall, dont le scénario plus intimiste tranchait radicalement avec les opus précédents. Le break est désormais fini, puisqu'on retrouve le complot international coutumier au film d'espionnage, cette fois résolumment ancré dans l'ère du monde connecté. Comme les personnages sont stéréotypés et les plans lourd de sous-entendus, il est assez aisé de savoir quel tournure les évènements vont prendre, avant que le scénario ne parte dans la stratosphère.

Des scènes d'action loooooonnnngues

​Mention spéciale pour la poursuite dans Rome, où je me suis surpris à bailler. D'ordinaire je suis plus que favorable aux scènes nerveuses, sauf que dans le cas présent elles auraient clairement pu être raccourcies de plusieurs minutes, au lieu de donner le désagréable sentiment d'être rallonger pour le plaisir des effets spéciaux et de cascades excessivement spectaculaires. Pour faire simple elles m'ont rappelé celles de Le Monde ne suffit pas, qui comme par hasard avait aussi une course-poursuite sur la Tamise et en pleine montagne.

Comme ça vous n'aurez plus d'excuse pour ignorer l'antagoniste principal

Décemment pas le meilleur

​Un mauvais épisode (voire un très bon selon les points de vue), clôturant la saga inauguré en 2006 avec l'excellent Casino Royale, toujours inégalé. A titre personnel, même si je ne connais pas tout les James Bond ("seulement" tout les Daniel Craig et tout les Pierce Brosnan, Dangereusement Vôtre, Moonraker et les Diamants sont éternels), mon préféré reste GoldenEye. 

Malgré son caractère super massive ultimate final episode, un nouvel opus est déjà prévu, avec un nouvel acteur dans la peau de l'agent secret vieillissant britannique; la toile est d'ailleurs en plein délire paranoïaque vis-à-vis du potentiel acteur (au point de voir Statham dans le rôle, les internautes commencent à tous partir dans un trip pas possible). Maintenant je vois difficilement comment il pourrait introduire un nouvel antagoniste sans basculer dans le ridicule total.

 

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L'amour avec deux grands "i" du Mocking Crow est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

Publié dans le coffre à bobines, Films

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